DOCTEUR SWIFT
Il est naturel de parler d'une chose quand on y pense. En vérité, comment serait-il possible de le faire a un autre moment, à moins d'être capable de parler sans penser?
Le sujet de mon dernier chapitre m'a rappelé a l'esprit la biographie de Docteur Swift. Il est digne de remarque que cet étrange personnage, en parlant, dans son voyage à Laputa, de gens qui avaient perdu l'esprit, ajoute : Cest là un spectacle qui ne manque jamais de m'attrister.
Ailleurs, il imagine une société d'hommes qu'il appelle StrulbrugSj et qui ont survécu a la perte de leur raison et de toute jouissance dans la vie (1).
Et, dans son testament, il lègue toute sa fortune pour l'établissement d'un hôpital d'idiots et de fous. Avant d'avoir atteint l'âge du radotage (2), il devient
(1^ Gulliver, Voyage à Laputa, Chap ix. (Note du Traducteur ) (2) Il n'existe pas de période pareille dans la vie. Stnilû stuUitia^ quœ deliratio appellari solet^ senum hvium est, non omnium. Cic.
{Note de Sterne.)