PARTIE I
pas des autorités suffisantes pour excuser le vice, la bassesse etTindécence. Cela les ramèuerait de nouveau sur les bancs de Técole. — Ceux qui manquent de cœur devraient être instruits ô apprendre par cœur.
Les princes et les nobles, cest ainsi quon les nomme, malgré leur envie de se vautrer dans leurs propres étables, n'oseraient peut-être plus blasonner leurs catins en public. — Les ministres coureurs pourraient aussi s'apercevoir qu'ils ont mal compris la métaphore, en abandonnant le timon pour saisir les réw^5.
La marquise de Tavistock n'aurait pas été, durant sa vie, la critique, et a sa mort, le reproche, de tant de matrones assises sur les bancs les plus élevés de la cour. Tu t'es vouée a la tombe avec ton époux mort, ô veuve sans tache d*Éphèse! Elles! — elles tueraient volontiers leurs maris viyants. — Et faciles nympliœ risere. — Tel est d'ailleurs l'esprit accommodant de nos lois modernes, qu'elles souffrent que le divorce vienne de temps en temps faire produire, comme la section du polype, de nouveaux membres à chaque partie séparée .
Je ne suis pas assez visionnaire pour penser qu'un livre de cette espèce rendrait vertueux en dépit du Cours complet de VÉducation nioderne. — Et quœ fuemnt vitia^ mores sunt, — Mais je crois qu'il pourrait peut-être faire assez honte a votre no-
blesse, bourgeoisie et autres pour les amener a déguiser ou tout au moins a cacher leurs vices. — Ce qui serait peut-être un point assez important de gagné en morale.
« Est quadam prodire tenus, — si non datur ultra. »
Paraître avoir, ou feindre plus de vertu que les autres, c'est de Thypocrisie ; -7- mais il y a cependant quelque mérite, — au moins pour le public, — à ne -pas afficher tous les vices dont nous sommes réellement coupables .
< La dissimulatioa deviendrait ainsi chez tous une vertu. »
Un juge opulent pourrait peut-être encore succomber à la tentation d'acheter une riche propriété, à moitié prix de m valeur, en profitant de la nécessité où se trouve le détenteur de la vendre promptement pour sortir de prison. — Mais, après avoir lu mon petit livre, il ne se serait jamais vanté d'une pareille action. — Mes oreilles ne seraient pas alors choquées et offensées, comme elles le sont trop fréquemment aujourd'hui»
Un débauché pourrait encore tromper une pauvre fille ou acheter une innocente beauté a des parents misérables, mais il ne publierait pas de pareilles amours. -^ Il n'abandonnerait pas sa victime à la