Stirnei-, Kleine Schriften, p
tout une victoire sur rélémeiit subjeclif, une rédemption (lu moi qui impose silence à toute volonté et à tout désir individuel. Nietzsche est peisuadé que la (ontemplation désintéressée estla condition même de l'art : aussi considère-til comme un prohlème l'existence de cet art lyrique qui permet au poète de parler sans cesse de son moi et de chanter ses passions ou ses appétits. Il n'admet pas l'explication que donne de cette difliculté son maître, Schopcnhauer, dans le Monde comme volonté et comme représentation, précisément parce (jue Schopenhauer fait des concessions au sujet égoïste, qui ne doit être considéré, selon l'auteur de la Naissance de la tragédie, que comme l'adversaire de l'art. Nietzsche essaie de rectifier sur ce point la théorie de son maître, en s'inspirant do sa métaphysique do la musique : il suppose donc que le génie lyrique s'oublie lui-même dans une ivresse dionysiaque, oii il communie avec l'essence une des choses'. Ainsi, tandis que Stirner tend à assurer le triomphe du sujet sur l'objet, Nietzsche voudrait absorber dans l'objet le sujet borné. Stirner est un esprit ( riticjue ; Nietzsche est un artiste. "^
d) Histoire de la civilisation
Humaniste et artiste, grand admirateur de la Grèce, Nietzsche ne saurait avoir la môme philoso-