ict7,schc, Frôfiliclie ff'i>-senschaft, V
lades, et il ne voulait pas s'exposer à de graves erreurs en parlant de maladie et de santé morale : il admet donc qu'il y a une vertu propre à chaque individu, et que les vertus personnelles pourront ne pas se ressembler et parfois même avoir l'air de s'opposer; mais, tout en prévoyant ces contrastes, Nietzsche se "farde bien de nier l'antithèse fondamentale entre la santé et la maladie; or, cette antithèse suflil à justifier l'art moral, comme elle justifie l'art médical. Nietzsche réserve simplement deux questions : il se demande d'abord s'il n'y a pas des crises morales nécessaires au développement de la vertu, comme il y a des crises de croissance nécessaires à la santé du corps ; il croit d'autre part que pour faciliter le progrès de notre science, il est nécessaire d'étudier aussi les âmes malades; il craint que le désir exclusif de santé ne soit un préjugé ou une lâcheté ; mais il est facile de voir que ces problèmes se posent en médecine comme en morale et dans les mêmes termes.
Tandis que Stirner proteste contre toute morale, Nietzsche demande que l'art moral tienne compte des cas individuels. Tous deux estiment que l'humanité a beaucoup souffert des morales autoritaires et indiscrètes ; mais tandis que Stirner, pour réagir contre la tyrannie, va jusqu'à la liberté absolue, Nietzsche souhaite plus de tolérance, de tact et de bonté. Stirner déclare : « Si ce que je pense et ce que je fais est chrétien, que m'importe ? Je ne demande pas
si c'est himiain ou iiiluimain, Iil)('ral ou non. Pourvu que ma pensée et mon acte visent ce que je veux, [x^urvu que ces moyens me servent à me sati?;faire, vous pouvez les (jualifier comme vous voudrez. : cela m'est égal'. » L'intention et le ton deNietzsche sont bien didérents. Ce n'est pas le Moi (juil veut mettre au-dessus de toute appréciation, il veut augmenter la somme de bonheur et de joie en justifiant toutes les diversités : il considère reflet que produit sur tel ou tel individu une justification philosophique de sa manière de vivre et de penser, — il trouve que l'influence de ces justifications singulières ne peut cire (jue bonne cl féconde, et il souhaite qu'on découvre le plus grand nombre possible de ces rayons de lumière et de chaleur. Le méchant, le malheureux, l'être d'exception aussi doit avoir sa philosophie, son bon droit, son soleiP. Nietzsche, comme Stirner, trouve que la religion chrétienne a habitué les hommes à être trop sévères pour les autres et pour eux-mêmes : tous deux reprochent à ridée du péché d'avoir tout assombri la vie humaine. Or il n'y a pas de péché. C'est le chrétien qui, sous prétexte d'aimer l'humanité, méprise tous les hommes. Il n'y a qu'à cesser d'appeler les hommes des pécheurs : ils cesseront de l'être, car tu n'as jamais vu un pécheur, tu l'as rêvé seulement ^ Nietzsche