INTRODUCTION
L’ADAMS-STOKES paroxystique apparaît comme un syndrome rarissime aux praticiens... qui n’en ignorent pas l'existence.
Dans ce travail, inspiré par notre Maître le Professeur DONZELOT, nous avons essayé de montrer combien cette rareté doit tenir à la méconnaissance du syndrome et peutêtre à une pratique encore peu répandue quoique précieuse et commode de l’électrocardiographie. De là d’immanquables erreurs de diagnostic, voire des Adams-Stokes passés sous silence jusqu’à un paroxysme terminal brutal et qui viendront grossir le dossier des «morts subites inexpliquées ».
A côté de l'intérêt pratique, diagnostique, nous avons aussi tâché de noter l'intérêt pathogénique, dogmatique que l'existence de pouls lent paroxystique peut soulever.
Pour cette étude, nous avons eu recours à la littérature médicale mondiale. C’est qu’en effet l’histoire du Stokes-Adams paroxystique ne remonte pas à plus d’un quart de siècle. D'où la carence des travaux sur ce sujet,
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C'est en 1907 que Jellinek, Cooper, Ophuls, Pelnar attirèrent les premiers l'attention sur cette forme. Vaquez et Esmein en 1908, plus tard Müller, Josue, Laubry, Simon et Robinson, Gallavardin, Clerc et nombre d’autres auteurs tant en France qu'à l'étranger en rapportèrent des observations tous les ans plus nombreuses et mieux documentées.
De ces observations éparses, nous avons colligé les plus typiques mais aussi celles qui offraient une particularité intéressante du point de vue clinique, électrocardiographique ou anatomique. Nous y avons joint deux observations inédites,
OBSERVATION INÉDITE RECUEILLIE DANS LE SERVICE DU P' VAQUEZ (OBs. A) le 10 Décembre 1929 Salle Vulpian
BR... J..., âgé de 30 ans.
Conducteur de turbines, adressé à M. Donzelot, entré le 9 décembre 1929.
Il se plaint de crises lipothymiques allant parfois jusqu’à la perte de connaissance. La première crise remonte au 2 octobre 1928. Le nombre des pertes de connaissance survenues depuis dépasse 45Q à 500.
Caractère des crises :
Le début est tantôt brutal, avec ou sans perte de connaissance ; tantôt — et beaucoup plus souvent — progressif, précédé soit d’une sensation de chaleur, montant du creux épigastrique vers le cou, la tête, soit d’une sensation olfactive indéfinissable, soit, parfois, d’une sensation de secousse électrique, dans tout le corps.
La crise va du simple malaise à la perte de connaissance complète avec chute et blessures.
Parfois, le malade, averti à temps par une de ces auras précitées, s’assied ou s'étend. Le plus souvent, il n’en a pas le temps. Le début de la crise s'accompagne de conges-
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tion du visage, qui devient violacé. Mais après quelques secondes, dès que le malade revient à lui, cette teinte congestive fait place à une péleur extrême qui dure plusieurs minutes.
Jamais de mouvements épileptiformes, de morsure de la langue, ni de perte des urines.
La crise est souvent suivie de plusieurs énspirations profondes et c’est à ce signe que le malade, pendant la nuit, s'aperçoit, en s'éveillant, qu’il vient d’avoir une crise.
Depuis un an, ces pertes de connaissance se succèdent sans aucun rythme. Ælles ne sont pas provoquées par l'effort. C'est ainsi que le malade peut faire en bicyclette un assez long trajet (3 kms) pour se rendre à son travail. Cet effort provoque souvent chez lui une sensation de constriction thoraco-abdominale pénible, non suivie de perte de connaissance.
En juillet 1929, pendant 24 heures, le malade à eu environ 60 crises avec pertes fréquentes de connaissance. Un médecin appelé en consultation aurait constaté une bradycardie à 40. Il était, ce jour, la proie d’un véritable état de mal.
Depuis son entrée, le malade a eu 5 ou 6 crises en 24 heures et perdu connaissance 2 ou 3 fois.
Voir les clichés pages 17 et 19,
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Tableau synoptique des électrocardiogrammes
de notre Observation A :
Entrainement Entrainement totale Rives PRE partiel PAR 23.11.29 E/1 66 20 9.12 E/1 65 24 HORS E/1 Sy 24 OI EN JONEATE E/1 61 26 | = 515) 2 E/1 64 23 E/2 66 SU AE MAR Es PER EEE Tnt NU Ue a.
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Mort le 23.5.30.
Dissociation complète
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À plusieurs reprises, on prend le pouls quelques minutes après la lipothymie : il bat à 60, 68.
Examen le 10 décembre 1929 :
Bon état général, aspect un peu pléthorique.
Cœur. — Pointe bat dans le 5° espace.
: Bruits purs.
Pouls à 68 par minute, régulier.
— Tension artérielle : 15.8
— Orthodiagramme ; cœur normal
— Electros : Allongement de P R
Poumons. — Normaux.
Foie. — Gros, déborde de 2 travers de doigt, limite supérieure normale ; sensible à la pression, surtout en inspiration forcée : Signe de Murphy très net.
Cette hépatomégalie un peu douloureuse n’étonne pas chez ce malade, de son propre aveu gros mangeur, digérant lentement et péniblement.
Tube digestif. — En dehors d’un météorisme abdominal marqué, rien à signaler.
L'examen radiologique complet du transit digestif, pratiqué par A. Lemaire (Service P' Loeper) ne révèle rien d'anormal en dehors d’un degré modéré de pneumatose intestinale.
Système nerveux, Pupilles. — Rien à signaler.
Appareil endocrinien. — Normal.