‹ Stradella, comédie mêlée de chant, en 1 acteChapitre 19 sur 22 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

MALVOLIO, CARCASSO.

CARCASSO. Quelqu'un!..

MALVOLIO , lui doruiarU un sou/fleio Qui vive!..

CARCASSO , le lui rendant. Ami !

MALVOLIO. Carcasso!..

CARCASSO. Malvolio !

MALVOLIO, U menaçant d*un poignarda Serpent!..

Carcasso, de même. Couleuvre!..

( Toas deux mtent un inalant dans la même po^

(ion tout d’un coup Carcasso sc met à rira.)

CARCASSO. £h! eh! eh!..

STRAOELLA.

■ALVOUO, nanr attnt, ,n€m's sans changer de posture. Eh ! ch ! eh !

CARCA8SO. Quand noua nous ferons du mal...

MALVOLlO. Au fait... dea pèrea de famille...

CABCA880. Si noua rengainions...

■ALVOLIO. Rengainons. ( Tous deux remettent leur poignard. ) Et maintenant ex-

Î iliquona-noua comme d'hônnétes con-

rèrea , qui sont en rivalité , c'est vrai

mais qui s’estiment...

(U le frotte la joue.}

CARCA8SO, de mime. Qui sont faits pour s’estimer.

( Us ae donnent la main.) MALVOliO. Ce bon Carcasso !..

CARCA8SO. Cet excellent Malvolio !....

ton épouse se porte bien ?..

MALVOLIO. Merci... Et tes enfans... ton petit dernier... ses dents...

CAKCAS80. Ça pousse... ça pousse... Je compte bientôt céder ma clientelle à mon

ainé un charmant sujet plein de

moyens...

MALVOLIO. Ah ! ça , tu viens pour. ..

( Il lait la geata da doonar nn coup da poignard.) CARCASSO. Oui... Et toi?..

MALVOLIO. Moi aussi...

CARCAS80. Qui t’envoie ?..

MALVOLIO. Le signor Morosini... l’exprétendu de la signora Bianca... noble sicilien au teint bilieux... très-brave...

par procuration Toi, de quelle part?

CARCASSO. De la signora Hortensia, l’Ariane délaissée du maestro , Napolitaine i l’œil noir, aux passions ardentes comme lecratèredu Vésuve... Du reste, charmante dame , d’une rondeur en affaires. . .

MALVOLIO. Diable ! diable ! nous faisons double emploi...

CARCASSO. Si nous tirions au sort à qui ... Justement j’ai là...

( U tire des déi d« ta poche.) MALVOLIO. A quoi bon?.. Faisons l’affaire ensemble...

CARCASSO. Comment, nous mettre deux pour... fi donc!., et l’honneur!..

MALVOLIO. As-tu vu le maestro Stradella?..

CARCASSO. Jamais dont bien me

fâche !.. n’avoir pas entendu le premier virtuose de l’Italie... Moi , il fanatico per la musical., c’est honteux !..

MALVOLIO. Eh bien! mon cher, le premier virtuose de l’Italie est un gaillard qui a les poings pour le moins aussi vigoureux que les poumons... Et si je n’avais pas eu sur moi une relique du grand San-Gennaro,

bénie par notre saint-père le pape... j’aurais certainement renoncé...

CARCASSO. Poltron!..

MALVOLIO. Poltron ! poltron!., va donc t’y frotter, toi... colosse!..

CARCASSO. Imbécile ! est-ce que dans notre état la vigueur sert à quelque chose 7 c’est du luxe !.. l’adresse, à la bonne heure...

MALVOLIO. C’est égal, ce ne sera pas trop

de nous deux pour cette expédition-là

CARCASSO. Soit Et où opérerons-

nous?..

MALVOLIO. Ici Il va venir tout-

à-l’heure s’enfermer dans cette salie pour composer, pour chanter...

CARCASSO. Ah! tu crois qu’il chantera?

MALVOLIO. Qu’est-ce que ça te fait?

CARCASSO. Moi, qui depuis si longtemps meurs d’envie de l’entendre.

MALVOLIO. Tu feras d’une pierre deux coups.

CARCASSO, riant. Et nous enverrons notre artiste tout droit en paradis... sous l’invocation de sainte Cécile...

MALVOLIO. Veux-tu bien te taire, et ne pas plaisanter avec ces choses-là!...

CARCASSO. Cagot !..

MALVOLIO. Parpaillot !..

CARCASSO, prêtant l’oreille. Chut!., on vient...

( On entend U vuix de Stradelle qni fredonne au dehors.)

MALVOLIO. C’est notre homme!.... Et vite à notre poste...

CARCASSO. Mais le signal?...

MALVOLIO , le poussant. Quand il commencera à chanter...

CARCASSO retenant. Ah ! j’oubliais...

MALVOLIO. Va donc , malheureux !..

( Il le pousse vers la porte de l’escalier deVobd, par laquelle il disparaît avec loi.)

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