‹ StrasbourgChapitre 18 sur 38 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

de leur dire leur avenir. Elle prit la main de l'aînée et lui découvrit qu'elle aimait, mais qu'elle n'était pas aimée, et qu'une autre personne s'interposait entre elle et l'objet de son amour. Lucinde fondit en larmes et s'enfuit. Gœthe était inquiet, attristé. Emilie lui apprit que sa sœur était malade et au lit. Elle pria Gœthe de partir, car elle, Emilie, avait un

La Porte du Frauenhaus.

ami auquel elle avait engagé son cœur, et fille craignait maintenant de ne plus être fidèle à cet ami. Puis elle lui dit adieu et l'embrassa. Lucinde survint à ce moment et reprocha ù sa sœur de lui avoir pris' le cœur de Gœthe. Elle se jeta ensuite au cou du jeune homme surpris en disant : «Malheur à celle qui, la première, baisera ces lèvres après moi !.. » Désormais Gœthe, l'âme remplie de tristesse, ne mit plus les pieds dans la petite maison du maître de danse.

Il se: plaignait parfois d'une certaine irritabilité nerveuse. Le bruit lui

était odieux. Il était pris de vertige et cherchait à vaincre ses faiblesses. « Le soir, dit-il, quand on battait la retraite, je suivais avec la foule les tambours dont les coups et les roulements faisaient un vacarme à fendre

La Statue de Gœthe.

la tête. Je montais ensuite tout seul au plus haut sommet de la cathédrale et je m'asseyais sous la couronne. J'y restais bien un quart d'heure, puis je me hasardais à passer sur la plate-forme qui peut avoir à peine une aune carrée où, se tenant debout presque sans appui, on a devant soi la contrée sans bornes, tandis que les objets et les ornements les plus rapprochés cachent l'église et l'emplacement sur lequel on plane. C'est absolu-

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