LA RUE DES GRANDES ARCADES
Cette Université arriva à être l'un des plus remarquables établissements littéraires de l'Allemagne. ;C'est là que vint étudier Gœthe, de 1770 à 1 77 1 . La Révolution lui porta un coup funeste. Elle se transforma en-école secondaire ecclésiastique de la Confession d'Augsbourg, puis, en 1802 en séminaire protestant.
Quant à l'église Sainte-Elisabeth, le chœur avait été, lors de la
Rue des Grandes-Arcades.
Réforme, donné aux calvinistes et la nef utilisée comme magasin de vivres. La discorde survenue entre luthériens et calvinistes, fit fermer l'église. Elle ne se rouvrit aux protestants qu'en 168 1, après la capitulation, sous le nom de Temple-Neuf; lorsque Louis XIV eut rendu la cathédrale au culte catholique. Sous la Révolution, de 1793 à 1795, elle fut transformée en magasin de grains, puis se rouvrit au culte protestant jusqu'au 24 août 1870, époque à laquelle elle fut, comme je l'ai dit, détruite parle bombardement.
Relevée de ses ruines après l'occupation allemande, elle constitue un édifice en pierre rouge des Vosges, qui n'a rien de vraiment artistique. Seuls les
souvenirs qui se rattachent à l'ancienne église méritaient d'être rappelés. La bibliothèque du Temple-Neuf qui datait de l'an 1531, avait été placée dans le cloître des Dominicains. A côté du fonds du séminaire protestant était venu se placer celui de la ville, si bien qu'en 1870, au moment de leur destruction, tous deux comptaient près de quatre cent mille volumes.
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Hôtel du Commerce.
La rue des Grandes-Arcades, qui se nomme aujourd'hui An den Gewcrbslaiibeu, se distingue par des maisons à arcades nombreuses sous lesquelles de petits marchands ont installé tant bien que mal leurs boutiques et leurs auvents. Là était jadis le fossé de la ville romaine que recouvrit une voûte, et au-dessus de laquelle s'élevèrent des maisons dont les façades diverses, avec leurs arcades, ont des formes pittoresques. Au moyen âge se pratiquait en cet endroit le commerce en détail, surtout celui de la boulangerie et de la graineterie. Au xvic siècle, les drapiers et les grainetiers s'y installèrent. A l'heure actuelle, ce sont de petites boutiques de pâtisserie, de bijouterie, de menus objets.
LA PLACE GUTKNKKRG
Cette rue mène à l'ancienne place du Marché-aux-Herbes, aujourd'hui la place Gutenberg. C'est en 1840, que la statue du célèbre typographe, par David d'Angers, fut inaugurée pour le quatrième centenaire de l'invention de l'Imprimerie. Le sculpteur a représenté Gutenberg tenant en main la première page imprimée, tandis que sur les bas-reliefs du piédestal il a montré le monde entier acclamant l'invention nouvelle, depuis les savants jusqu'aux sauvages, et tous reconnaissant que « la lumière fut ».
Sur cette même place, et de temps immémorial, des marchands vendent des fruits de toute sorte, et aux fêtes de Pâques des œufs de couleurs variées. Enfants, nous achetions ces œufs colorés et nous nous amusions, suivant une vieille coutume, à les frapper les uns contre les autres. L'œuf cassé appartenait de droit à celui qui possédait l'œuf intact. Dans le fond de la place se dresse le plus bel édifice civil de Strasbourg, l'ancien hôtel de ville, ou Neit Ban, bâti
en 1582 par les architectes Paul Maurer et Jœrg Schmitt. Là se réunissaient les échevins et demeuraient les services communaux. Cet hôtel fut pillé le 21 juillet 1789, et en 1791 les services de la ville furent transportés dans l'ancien Palais épiscopal où ils restèrent jusqu'en 1803. L'hôtel de ville du Marché-aux-Herbes s'appela l'Hôtel du Commerce et devint le siège du Tribunal et de la Chambre de Commerce. On peut
Statue de Gutenberg.
voir actuellement la fidèle reproduction en phelloplastique de l'ancien hôtel de ville, par M. Zimmermann, d'après les indications de M. Seyboth et les dessins de M. Marcel Eissen.
L'Hôtel du Commerce est aujourd'hui le local affecté au Casino littéraire et à la société des Amis des Arts de Strasbourg. On fêta sur la place
Église Saint-Thomas.
Gutenberg, la naissance du duc de Bourgogne en 1682, la paix de Ryswick en 1698, le séjour de Louis XV en 1744 et le quatrième centenaire de l'imprimerie en 1840.
De la place Gutenberg on se rend, par la rue des Serruriers, à l'église Saint-Thomas. Cet édifice, bâti sur l'emplacement d'un vieux palais des rois francs, fut d'abord un couvent. L'évêque saint Florent en fit une église et la consacra. L'évêque Adeloch lui attribua des revenus considérables et l'érigea en collégiale en 820; mais, en 1007, un incendie la