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A PLACE KLEBER

sapeurs à la hache étincelante et au grand tablier blanc, pendant que le général et l'état-major se tenaient au milieu de la place et que la célèbre musique de l'artillerie jouait ses airs les plus entraînants au pied de la

Statue du général Kléber.

statue. Sur cette place se trouvaient jadis l'auberge de la Nuée bleue, la brasserie de l'Ours blanc et l'auberge de la Maison rouge. On dit que Bonaparte descendit en cette auberge, lez décembre 1797, revenant de Rastadt, aux cris de « Vive Bonaparte le pacificateur ! »

Au fond et à l'angle de la place, à droite, s'ouvre une rue qui mène à la place de l'homme de fer, Yserc Manu, où était accroché un mannequin

figurant un chevalier ou un très ancien sergent de patrouille, armé de pied en cap avec brassards et cuissards, le casque en tête, la hallebarde en main. J'ai vu avec plaisir qu'il y existe encore, lui ou son remplaçant.

La place Kléber est admirablement située. Au-dessus des maisons, dont beaucoup sont anciennes et se distinguent par de nombreuses lucarnes rondes s'étageant les unes au-dessus des autres, se dressent la flèche de la cathédrale et la tour du Temple-Neuf qui a été reconstruit après la guerre. Au Nord se trouve l'Aubette où se donnaient tous les jours à l'aube les ordres pour la garnison. Ce bâtiment, érigé par Blondel de 1765 à ^73, contenait alors le corps de garde et la chambre de la Maréchaussée. En 1825, le Conseil de guerre et le bureau d'état-major de la place vinrent y loger. Le Musée municipal de peinture s'y installa également. Dans la nuit du 24 août 1870, l'Aubette fut incendiée et brûlée par les obus allemands, ainsi que le Temple-Neuf et la Bibliothèque. Les assiégeants déclarèrent plus tard qu'ils avaient cru détruire seulement la mairie de la ville... L'Aubette, relevée de ses ruines, abrite aujourd'hui le Conservatoire de Musique. Quelques médaillons de musiciens célèbres tels que Mozart, Haendel, Gluck et Auber en ornent la façade. Je me rappelle que de l'autre côté de la place, à l'entrée de la rue des Grandes-Arcades, fut dressé dans l'été de 1856 un superbe arc de triomphe formé de drapeaux, de fleurs d'immortelles, de festons de lierre et de lauriers, d'armes et armures savamment combinés. C'est sous cet arc que passèrent nos vaillantes troupes revenues de Crimée. Il m'a semblé voir la reproduction de cette belle fête en contemplant, il y a quelques années, au musée de la Ville la belle et pittoresque exposition de petits soldats français par MM. Seyboth, Binder et de nombreux collectionneurs. De la place Kléber, par la rue des Dominicains, on accède au Temple-Neuf, reconstruction de l'ancienne église dominicaine de ce nom qui fut détruite du 24 au 25 août 1870 par le bombardement. En l'an 1224, des Dominicains vinrent installer leur couvent où devaient plus tard se signaler Albert Le Grand et Jean Tauler, et leur église qui prit le nom de Sainte-Elisabeth, dans l'espace compris entre la rue des Etudiants, la rue du Dôme et la place. L'église à clocher octogonal, qui fut détruite en 1870, n'avait aucun caractère décoratif. A l'époque de la Réforme, la division se mit parmi les Frères Prêcheurs. En 1531, le couvent fut cédé à la léproserie des Bonnes-Gens et l'église fut fermée.

Une école vint, en 1538, s'installer dans le couvent. Cette école devint un collège, puis uu gymnase, dont le premier directeur fut Jean Sturm, puis une Académie et enfin une Université sous Ferdinand II en 1621.

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