‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 17 sur 56 · A MONSIEUR DE SALVANDY I · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE SALVANDY I

Aib : Satan dit un jour à ses pairs.

Dès ce jour, mon cher Salvandy,

Votre gloire est caduque, Et votre toupet de dandy

N'est plus qu'une perruque.

Quoi ! de vous-même, et sans but, Vous vous mettez au rebut!

Comte, en vrai cul-de-jatte, Se cramponner au poste acquis, Voilà le diplomate De la paix à tout prix.

Se draper en Caton, parbleu,

Quel rôle plus facile?

11 suffit, pour jouer ce jeu, Du premier imbécille.

L'amour-propre, on le sait bien, Est le fait des gens de rien.

(1) M. de Salvandy ayant reçu une verte admonestation au sujet d'un vote indépendant, avait donné sa démission d'ambassadeur.

Recouvrir tout stigmate D'or et d'honneurs, brillant vernis, Voilà le diplomate De la paix à tout prix.

Comte, vous marmottez, je croi,

Le mot de conscience?

Monsieur, ce mot dans votre emploi

Est une impertinence.

Vous n'avez qu'un seul devoir, C'est de servir le pouvoir.

Agir en automate, Voter sans froncer les sourcils,

Voilà le diplomate

De la paix à tout prix.

Turin vous attend, mais tant pis !

Henri-Cinq nous moleste ; Guizot dit : « Restez à Paris,

Je m'arrange du reste.»

Mais on ne vous garde pas Pour nous créer des tracas.

Front bas, échine plate.

Oreille sourde à tous les cris,

Voilà le diplomate

De la paix à tout prix.

Mon cher comte, on vous a traité

En enfant que l'on aime ; On vous a caressé, fêté, On vous a flatté même.

Il fallait en zèle, au moins, Nous paver de tant de soins.

Souple comme une pâle, Dévoue, fidèle et soumis, Voilà le diplomate Delà paix à tout prix.

Monsieur, dans votre état, s'il faut, Laissant crier la France,

\ l'étranger, qui parle haut, Tirer la révérence, Il ne faut pas au scrutin Prendre ensuite un air mutin.

Ne bouger front ni patte

Devant les clameurs, le mépris, Voilà le diplomate De la paix à tout prix.

Vous perdez un beau traitement ;

L'aventure est peu gaie, Comte, agissez plus prudemment,

Volez pour qui vous paie !

Je vous le dis en un mol :

Servir, quand même, Guizot,

Et courber l'omoplate A l'étranger comme à Paris,

Voilà le diplomate

De la paix à tout prix.

8 février I8ïi

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Air de F u aidés

Habitana de la Gascogne, l>u monde et des alentour», îxoutez les fameux tours D'un scélérat sans vergogne, Qui mérita l'échafaud Pour plus d'un grave défaut

Son nom est Sarda Tragine,

Nom trop célèbre cent fois :

D'un village près de Foix

Il tira son origine,

11 n'avait ni feu, ni lieu,

Ne craignant diable, ni Dieu.

i Celle chanson reproduit les principaux crimes d'un bandit donl \i-, public a, sans doute, gardé mémoire. Ce genre de morceau a peut-être le lorl de faire envisagei sous i j n côté burlesque dus faits fort graves eh euxmêmes ; nous ne donnons, au rcslê, celle pièce <illr poui • c qu'elle est, pour une débauche d'espril de l'auteur.

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