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S 'ENTRETENANT AVEC UN ABONNÉ DU CONSTITUTIONNEL

Air : A la façon de liarbari.

Certes, vous êtes satisfait

Du bruit qu'on nous apporte :

Guizot a son compte tout fait, On le met à la porte [i).

— C'est très vrai; chacun dit Que le diable emporte Cet homme maudit !

Quant au Charivari,

C'est son moindre souci. Mon ami.

Guizot déteste le pays,

C'est chose bien certaine.

—Oui, chacun même, à mon avis, Lui rend assez sa haine; Mole, qui tient ses paquets prêts Peut à toute haleine Chanter son succès ;

\ Le bruil de la retraite de M. Guizol courait i cette époque.

Quant au Charivari,

Biribi, C'est son moindre souci.

Mon ami.

Mais ce ministère éhonté

Contre nos droits proteste.

— Il étouffe la liberté,

Le fait est manifeste; Or, les gens peuvent trouver bon, Quand la chose reste.

De changer le nom ; Quant au Charivari,

Biribi, C'est son moindre souci, Mon ami.

Mais chaque jour sur notre front

On amasse l'opprobre :

— Oui, nous devons plus d'un affront

Au cabinet d'octobre. Mole saura rendre l'Anglais D'insultes plus sobre,

Disent les niais

Quant au Charivari,

Biribi, C'est son moindre souci, Mon ami.

Mais corrompre est le seul moyen

Du pacha doctrinaire.

— Oui, l'intrigue, je le sais bien,

Forme son savoir-faire.

Que monsieur Mole vaille autant Que son adversaire, C'est un fait constant ...

Quant au Charivari,

Biribi, C'est son moindre souci,

Mon ami.

Mais le budget, quand tout maigrit.

Seul arrondit sa panse; — C'est vrai, le déficit grossit

Ainsi que la dépense.

Mole saura palper l'impôt,

Belle différence !

Au lieu deGuizot...

Quant au Charivari,

C'est son moindre souci, Mon ami.

Vous voulez donc garder Guizot?

— Non, mais sans vainc glose, Nous demandons qu'au lieu du mot

Onchan ge enfin la chose :

Voir batailler les intrigans Sans profit ni cause, Charme quelques gens ; Quant au Charivari,

Biribi, C'est son moindre souci, Mon ami.

1er février 1843

LE CHS7ALLIEF... . . SRRAHT."'

aih du roi Dagobert.

Michel, par monts, par vaux, Voyage en crevant les chevaux

Et tient sous son habit Plus d'un beau discours inédit.

Le fier Chevallier S'en va batailler Aux champs du scrutin, Laissant Enfantin.

Berlin est son garant :

Honneur au Chevallier.... errant!

Ce noble candidat, Pour ne point rater son mandat.

Fait le siège des voix De dix collèges à la fois ; Promesses, sermens, Fonds, croix, régimens, L'ex-saint-simonien Ne néglige rien ; Son succès sera grand, Honneur au Chevallier.... errant :

Aux époux toujours prêts A palper de gros intérêts,

\ Aux cMcelions de 1842, M. Michel Chevallier se porla candidat dans quatre à cinq collèges.

Il dit : « Moi je vous fais » Riches comme des lords anglais ; » Emplois recherchés, » Fructueux marchés, » Canaux et chemins, » Tout est dans mes mains ; » Craindrais-je un concurrent?...»

—Honneur au Chevallier.... errant!

Aux épouses ildil :

« Le pouvoir vous est interdit ;

» Vos maris, gens étroits, » Osent méconnaître vos droits ; » Mais au parlement » J'entends bravement » Reprendre, morbleu !

» Mon casaquin bleu; » L'homme n'est qu'un tyran. »

— Honneur au Chevallier. . . . errant !

« Le jeune Armand Bertin » Qui, certes, n'est pas un crétin,

» Vous dira que j'en sai » Un peu plus que Malthus et Say ; » Au grand Arago, » Savant rococo, » J'en remontrerai » Lorsque je voudrai ; » Nul point ne me surprend. »

— Honneur au Chevallier... . errant !

« J'ai prouvé dans mon cours » Que pour la hauteur du discours

« Et le style entraînant, » Je suis un mortel étonnant;

a Je veux parier » Que lorsque Berryer d Sera devant moi v 11 se tiendra coi ! »

— Certes, c'est ôlre franc !

Honneur au Chevallier.... errant !

» Ainsi, nul champion » Ne peut me damer le pion ;

.» En justice, je dois » Être au moins élu douze fois :

» Je suis directeur, » Apôtre, orateur, >' Professeur, docteui , » Ventru, rédacteur ; » Mon mérite est flagrant, o — Honneur au Chevallier.... errant

Malgré le ton allier De l'intrépide Chevallier, On croit que l'électeur Lui dira partout : « Serviteur ! »

La France en rira, Mais Guizot dira, Ému jusqu'au cœur :

« Respect au malheur !

» Son pied de nez fut grand ; » Honneur au Chevallier.... errant :

6 juillet 18/.2.

-#tipâ

KT I/ECIiECTIS9IE.

vin : Un Chanoine de l'Auxerrois.

Voici trop long-temps que je voi L'esprit de parti contre moi

Déployer son cynisme ; Je vais, pour les petits, les grands, Les professeurs, les ignorans,

Tracer mon catéchisme ; Je veux, pour qu'il soit bien connu, Mettre tout mon système à nu.

Et Ira, la, la, Écoutez cela,

C'est le pur éclectisme !

Juuffroi, dans de maigres essais (1), Tout au plus écrits en français,

M'accuse d'empirisme; Et Leroux, le républicain, Mêle à ce reproche taquin

Celui de vandalisme.

i H. Jouffroi, élève tic M. Cousin, a laissé en mourant des essais 1res défavorables A la doctrine de sou maître; celui-ci a pris la liberté d'expurger le livre de son élève,

Pour ne prendre en tout que le bien, Dans ces griefs je ne prends rien.

Et tra, la, la, Mes amis, voilà.

Oui, voilà l'éclectisme !

Avec peine j'ai vu Jouflïoi, Tout en feignant d'avoir la foi,

Céder au scepticisme ; Je voulais, en le corrigeant, Effacer ce qu'a d'affligeant

Son machiavélisme.

Par complaisance, je biffais Ce que son livre a de mauvais.

El tra, la, la, Mes amis, voilà,

Oui, voilà l'éclectisme.

Foin des philosophes anciens.

Le mépris des places, des biens

N'est qu'un triste sophisme ; Jouffroi lui-même s'abstenait De donner, ainsi qu'un benêt,

Dans ce charlatanisme.

Accepter d'un gouvernement Le bon côté du traitement, Et tra, la, la, Mes amis, voilà, Oui, voilà l'éclectisme!

Je sais maint savant encroûté Qui dit raca sur la beauté,

C'est trop de rigorisme.

J'ai rencontré, j'en fais l'aveu.

Des qualités chez le bas-bleu ;

Or, sans trop d'optimisme,

Aux femmes on peut, sans façon, Prendre ce qu'elles ont de bon.

Et Ira, la, la, Mes amis, voilà, Oui, voilà l'éclectisme !

Jouffroi, quoiqu'il n'en eût pas l'air, Marchait, dit-il, sans voir bien clair,

Dans son phiiosophisme.

S il eût bien connu son devoir.

Eût-il dépouillé mon savoir

De son merveilleux prisme?

On doit, quoi qu'il ait dit ou fait Proclamer son maître parfait.

Et tra, la, la, Mes amis, voilà,

Oui, voilà l'éclectisme!

Jouffroi seul est à décrier :

Eh quoi, ce perfide écolier

Daube mon pédantisme !

Si de pareils faits sont permis, Il n'est plus d'élèves, d'amis,

D'emplois, de platonisme ; De chaque attaque, heureusement, J'ai su me faire un compliment.

Et tra, la, la, Mes amis, voilà,

Oui, voilà l'éclectisme:

20 décembi

A SOI: PP.SFET, M. RAÏffETJTSAÏJ.

air: Ah! si madame le savait

Que conte-t-on, monsieur 1' préfel?

On n' parle dans la capitale

Que d'une nouvelle fatale,

On dit que votre compte est (ait,

Et qu' vous pouvez fair' vot' paquet.

Quoi, vous 1' magistrat qu'on renomme,

De Batignolle à Charenton,

Vlà que 1' ministre vous dégomme,

Monsieur 1' préfet, ça n'a pas d' nom.

En vérité, ça n'a pas d' nom.

Depuis qu' vous nous administrez, Tout marche comm' sur des roulettes; On écout' conseils et requêtes ; Les droits d' chacun sont assurés, Tous les intérêts sont sacrés.

Pour la justice à vous la pomme.

Vous êt's plus fort que Salomon ; Et, cependant, on vous dégomme,

(i) On disait que l'affaire HouTdequin forccrail le ministère à destituer M. de Rambuteau

Monsieur Y préfet, ça n'a pas d nom : En vérité, ça n'a pas d' nom.

Vous avez su vous fair' bâtir, Sous prétexte d'Hôtel -de-Ville, Un beau logis dans l'ancien style ; On l'a fait, selon vot' désir, Décorer, meubler et vernir. Ainsi qu'un sénateur de Rome, Vous y menez grand train d' maison.

Et v'ia que Guizot vous dégomme ; Monsieur 1' préfet, ça n'a pas d' nom, En vérité, ça n'a pas d' nom.

Bravant les plaintes et les cris,

Et n'en faisant qu'à votre tête,

Vous avez, sans qu' rien vous arrête,

Constamment embelli Paris

D' plâtras, de cass'-cous, de débris ;

Vous vous disiez : « L' génie, en somme,

» C'est de remuer du moellon. »

Et, cependant, on vous dégomme,

Monsieur l' préfet, ça n'a pas d' nom,

En vérité, ça n'a pas d' nom.

Vous êtes plus fort, je le sais, Qu' nos aïeux niant l'orthographe, Vous savez tracer vol' parapbe, Vous fait' mêm' parfois des essais Pour tourner un' phrase en français; Vous vous en tirez, Dieu sait comme, C'est à tomber en pâmoison ; Et, cependant, on vous dégomme, Monsieur 1' préfet, ça n'a pasd' nom, En vérité, ça n'a pas d' nom.

Pendant qu' vous causez de chevaux,

De chiens et de coupés modernes,

On dit qu' certains d' vos subalternes (1),

Au moyen d' rapports déloyaux,

S' font des bénéfices tort beaux ;

On s'en plaint, mais un galant homme

Daign'-t-il s'occuper d'un fripon?...

Et v'ià qu' là-dessus on vous dégomme,

Monsieur 1' préfet, ça n'a pas d' nom.

En vérité, ça n'a pas d' nom.

Monsieur l' préfet, vous n' comptez pas Dans la band' noir' des journalistes ; Vous aimez peu les anarchistes; Vous t'nez même fort peu de cas Du p'tit Tbiers, lorsqu'il est à bas.

Vous n'êt' pas fin, pas économe ; En somme vous n'avez rien de bon ; Et, cependant, on vous dégomme, Monsieur 1' préfet, ça n'a pas d' nom. En vérité, ça n'a pas d' nom.

13 novembre 1842.

(1) Hourdequin et consors.

&<& ^&asï<lpaŒa a>3 a^a®aa<©sîa.

Vous êtes arrivé sous les murs d'une ville Qu'agitait le démon de la guerre civile ; De la Justice en vous chacun voyait l'agent, Et vous n'avez été, trompant toute espérance, Qu'un aveugle instrument de rage et de vengeance... Malheur sur vous, régent !

Des pères égorgés le sang qui toujours fume Fait frissonner les fils, et dans leur tête allume Des haines que le sol voit flamboyer un jour ; Alors d'horribles cris contractent chaque bouche; Et sur le front des morts tombe ce cri farouche : « Les vaincus ont leur tour. »

Les vaincus, monseigneur, quand leur valeursuccombe, Quand, un soir.de leurs bras l'arme trop lourde tombe, Allez! ont une angoisse assez poignante au cœur; El lorsque sans pudeur sur leurs flancs on piétine, Dans un dernier effort soulevant la poitrine, Ils brisent leur vainqueur.

Vous avez donc voulu, duc, qu'une page noire Servit de frontispice à votre pâle histoire ? De vos exploits douteux sans doute mécontent, Vous avez à deux mains fouetté votre colère, Et voulu rehausser d'un traita la Tibère Vos airs de capitan?

Vous avez, dédaignant de trop modestes cimes, Vous corbeau, comme un aigle, affronté les abîmes; D'un feu sombre empreignant votre œil impérieux, Vous avez cru pouvoir défier la tempête; Vous vous êtes drapé sottement en athlète, En Cid victorieux :

Vous n'êtes qu'un grand homme éclosdans les brous Un héros de hasard. La poudre des batailles [sailles, N'a marqué votre front que d'un signe incertain; Et c'est folie à vous, folie et triste audace Que d'oser en géant vous mesurer en face, Duc, avec le Destin.

Eh quoi ! pour piédestal à vos gloires infimes, 0 régent! il fallait des milliers de victimes ! Maigre Néron, il faut, pour repaître votre œil, Un immense bûcher de vieillards et de femmes ! Il faut une cité s'écrasant dans les flammes Pour trône à votre orgueil!

Barcelone, au milieu d'une fiévreuse lutte, Un jour a proclamé l'arrêt de votre chute; Et vous avez bondi, menaçant, irrité; Et vous vous êtes cru, nain que l'étranger mène, L'horrible droit d'offrir une hécatombe humaine A votre vanité !

Oh! le vertige a pris votre tête débile, Monseigneur; vous avez, en joueur malhabile, Sur un coup détestable exposé votre enjeu; Vous deviez le savoir cependant : la puissance A le droit de pardon, mais le droit de vengeance N'est accordé qu'à Dieu.

Ces hommes noyés là dans le sang et les larmes, Fièrement à l'épaule ont appuyé leurs armes ; Ont brisé sans fureur un pouvoir outrageant; Ce sont des citoyens hauts de cœur, nobles d'àine; Duc, ils ont épargné les enfans et la femme De votre sombre agent.

Dans leurs champs promenant son ongle sanguinauv Une sauvage hyène avait fait son repaire ; L'Angleterre broyait sous ses pieds triomphans Les débris de leur force ; et, triste et pauvre mère, Barcelone, ployée en deux par la misère, Pleurait sur ses enfans.

Duc, ces hommes souffraient ; ils ont osé se plaindre, Et vous n'avez songé qu'à vous en faire craindre ; Alors ils ont tiré le sabre du fourreau ; Et vous avez joué, vous, saisi de démence, Dans le conflit, au lieu d'un rôle de clémence. Un rôle de bourreau !

Duc, vous serez maudit ! sous votre fort qui tonne, Sous l'incendie ardent se courbe Barcelone, L'ordre règne en ses murs! . . Ah! sous des traits moqueurs Couvrez, si vous voulez, d'horribles funérailles ! Mais si, grâce au canon, l'ordre est dans les murailles, La haine est dans les cœurs:

Oui, monseigneur, la haine aux longs regards funèbres; La haine, qui s'assied morne dans les ténèbres, Se dévore le flanc, et ne se lasse point ; Et qui, voyant passer sa victime insolente, Tourne le dos, et sèche une larme brûlante En 86 tordant le poinp;

La haine patiente et sûre de son heure, Hiantd'un rire affreux quand un malheureux pleure, Et blasphémant le ciel devant ses (ils tremblans ; La haine, qui s'élance à la fin sur sa proie, La déchire de l'ongle, et la foule et la broie Sous sas talons sanglans.

Poursuivez, monseigneur, votre horrible besogne ; Comme un cadavre aux loups livrez la Catalogne A votre Van-Halen, à votre Zurbano; Que dans la merde sang où Barcelone flotte, Ils jettent à deux mains, en hurlant, patriote, Carliste et christino !

Allez! votre front porte un crime irrémissible Que n'effacera point votre nom d'Invincible ; Vous avez transformé votre épée en poignard, Vous avez déchiré le flanc d'un peuple brave, Malheur à vous! le sang avec du sang se lave!... Vous l'apprendrez plus tard !

16 novembre 1842.

sas &®aaaï? s>aaa

2T L'AHSASSADEUK DE FRAJffGS

A IONDRES 1 .

air : Ma mi're, quittez la besace, etc.

Vous chantez toujours même note, Et chaque jour, c'est fatigant, Votre presse devient plus sotte, Et son public plus arrogant. Une telle conduite lasse Le magnanime peuple anglais.

Goddem ! je fais

Un vrai niais!

Mais gare enfin à vos chiens de Français! — Milord, par pitié, grâce! grâce !

Nous serons sages désormais.

Comme un criminel sous la corde, Vous voilà tout pâle à mes pieds; Mais le pardon qu'on vous accorde Le lendemain vous l'oubliez.

Monsieur, l'ingratitude sèche Fort vite vos pleurs, je le sais.

Goddem ! je fais

Un vrai niais 1 Mais gare enfin à vos chiens de Français ' — Milord, le plus vertueux pèche; Nous serons sages désormais.

t Au moment où toute la presse française dénonçait avec énergie un attentat commis contre nos pécheurs à I Neuve par un navire anglais

Vous serez sagos, à merveille!

Mais après tout, qui m'en répond ?

Ventrebleu! tirez donc l'oreille

Au journalisme furibond.

Il ose contester nos titres

Et nier nos plus grands bienfaits.

Goddem ! je fais

Un vrai niais !

Mais gare enfin à vos chiens de Français ! —Nos écrivains sont des bélilres, Nous serons sages désormais.

L'Angleterre a l'humeur chagrine ; Un point la tourmente beaucoup :

Maréchal, c'est votre marino ; Nous voulons lui tordre le cou !

Quand la nôtre lavilipendo, Secondez donc mieux nos souhaits.

Goddem 1 je fais

Un vrai niais !

Mais gare enfin à vos chiens de Français ! —On chassera tous nos Lalande...

Nous serons sages désormais.

Monsieur, votre zèle s'altère.

Et j'en suis fort mortifié ;

Sous vos yeux nous avons naguère

Pu vous ravir un allié.

Nous laisser libres et vous taire,

C'est le moyen d'avoir la paix.

Goddem ! je fais

Un vrai niais 1 Mais gare enfin à vos chiens de Français ! —Votre conseil est salutaire; Nous serons sages désormais.

Ayez pour garder votre côle

Quelques canots, je le permets;

Mais organiser une flotte,

Je ne le souffrirai jamais.

Je la fais mettre en marmelade

Aux premiers torts que je lui sais...

Goddem ! je fais

Un vrais niais !

Mais gare enfin à vos chiens de Français ! — Nos vaisseaux resteront en rade; Nous serons sages désormais.

Un rien vous émeut, vous irrite, Nous en rions, en vérité.

A propos du droit de visite, Avez-vous crié, tempêté I Vous plaidez pour vos pacotilles, Mais vous en serez pour vos frais.

Goddem ! je fais

Un vrai niais !

Mais gare enfin à vos chiens de Français ! —Ne songeons plus à ces vétilles ; Nous serons sages désormais.

Monsieur le maréchal, pour preuve De votre repentir, il faut Que des meurtres de Terre-Neuve Je n'entende plus dire un mot...

Allez ! que ce pardon sublime Vous rende fidèle à jamais.

Goddem ! je fais Un vrai niais !

Mais je fais grâce à vos chiens de Français. —Vive Albion la magnanime !

Nous serons sages désormais.

30 aoûl 1843.

37&Ï S>S2a&£l£fïïSlïa<ï)5>S

SUR LE RÉ&IME FÉUITEXTTIAIRE.

Ain : J' suis 116 paillasse, elc.

Aux prisonniers, à leurs besoins

Chacun songe en Europe ;

Quel objet plus digne des soins

D'un tendre philanthrope?

C'est par la rigueur

Qu'on touche le cœur; Or, à l'homme nuisible,

Sans écouter rien,

Faisons pour son bien Le plus do mal possible.

Certes ! nos instincts sont fort doux,

Mais que dit la maxime ?

Que l'amitié par de bons coups

Doit prouver son estime.

Un vain châtiment,

in mince tourment

— Îa7 —

Plaisent au misanthrope ;

Mais châtier fort,.

Mais punir à mort, Voilà le philanthrope :

Jadis d'un système odieux

Le prisonnier victime, Au préau n'avait sous les yeux Que les tableaux du crime ; Dans son noir linceul L'œil du geôlier seul Aujourd'hui le contemple; Et le vice peut En lui, s'il le veut, Chercher le bon exemple.

Laissons là les esprits étroits Que toute plainte effraie.

Le médecin met ses cinq doigts Hardiment sur la plaie.

Les plus forts, c'est vrai,

Cèdent à l'essai.

Mais il faut voir la suite ;

On les rend fiévreux.

Dartreux, catharreux, Pour les guérir plus vile.

Nous savons que dans leur caveau

Quand le spleen les attaque, Quelques-uns sentent leur cerveau Qui plie et se détraque; Qu'importe ! pourvu Que ce i^as prévu

Ait d'heureux avantages ;

Au fond do leurs trous Mous les rendons fous Pour qu'ils deviennent sages,

Notre méthode jusqu'ici

N'a produit que la haine ; Plus d'un criminel endurci La traite d'inhumaine; Mais jeunes ou vieux Ouvriront les yeux ; Notre rigueur extrême Aigrira sous peu Tant de cœurs, corhleu !

Qu'il faudra qu'on nous aime.

Foin de gens au timide vœu, Aux doucereux dicta nies !

La philanthropie est un feu Qui dévore les âmes.

Des cadavres chauds

Jonchent les cachots, Mais un bien doit s'en suivre ;

Grâce à nos agens,

Nous tuons les gens Pour leur apprendre à vivre.

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