‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 27 sur 56 · LE GOUVERNEMENT ANGLAIS · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT ANGLAIS

A CASTES G-JIZOT (1).

Ain : Bonjour, mon ami Vincent.

Goddam ! j'été furieux ; Master Guizot mé taquine ; Et son presse pour mes yeux, N'été rien qu'une coquine ; Les Débats osé, c'été mal, Traiter lé régent dé sot, d'animal ;

Ils voulé ramener Christine; C'été pas du tout mon opinion ; C'est un trahison, J'en aurai raison, Lé France il n'été qu'un rrai polisson.

Lesseps il s'est comporté Comme un petit mirliflore ; Il n'avé pas imité Le bon monsieur Penlecore (2);

(1) Au moment du bombardement de Barcelone par Espartero, et au sujet de la conduite touto française que notre consul, M. Lesseps, tint dans cette circonstance.

'2 Le consul anglais.

— lits —

Et pour lui son gouvernement Il avé agi bien petitement ;

Pour son conduite on le décore, (ioddam! je trouvé lé trait sans façon. C'est un trahison, J'en aurai raison, Lé France il n'été qu'un vrai polisson.

Il faut que du peuple anglais Lé droit partout il s'exerce; En Espagne, je volais Fonder un petit commerce; Le Catalogne il enrageait De mé voir former un pareil projet .

Lé France dont l'envie il perce, Osé soutenir son rébellion ; C'est un trahison, J'en aurai raison, Lé France il n'été qu'un vrai polisson,

J'été convaincu très fort, Quoique lé presse il en dise, Que Lesseps est dans son tort, Et qu'il manqué dé franchise ; Sir Penlecore il avé vu, Qu'avec lé canaille il s'été battu, Et que dans lé rue, en chemise, 11 avé tiré sur lé garnison ; C'est un trahison, J'en aurai raison, Eé France il n'été qu'un vrai polisson.

Quand Van-Halen bombardait Lé ville, sans dire : Gare !

Penlecore il regardait.

Tout en fumant sa cigare ;

Et lé petit consul français II porté secours comme un grand niais;

Il traité l'Anglais de barbare; C'été peu flatleur pour mon nation ; C'est un trabi9on.

J'en aurai raison, Lé France il n'été qu'un vrai polisse::.

Yes, Lesseps, je l'avé dit, Avé tout fait lé besogne, C'est lui qui monté l'esprit Des gens de la Catalogne; C'est lui qui fésé mitrailler, Bombarder, brûler, tuer, fusiller,

Et master Guizot sans vergogne, Lui donné lé croix! lé chose est sans nom: C'est un trahison, J'en aurai raison, Lé France il n'été qu'un vrai polisson.

23 clprcmlire 4842.

A iR : Du Charlatanisme.

L'autre jour, monsieur Duchâtel,

Rentrant chez lui d'un air sinistre,

S'écriait : Vit-on rien de tel?

Qu'un autre, ma foi, soit ministre !

Le projet d'enquête est voté ;

Les centres nous sont infidèles ;

Cédons à la nécessité,

Car, dès ce jour, en vérité,

Le jeu n'en vaut plus les chandelles (bis).

Ventrebleu ! se voir arrêté

Au beau milieu de sa besogne !

Voir briser sa majorité

Par quelques braillards sans vergogne!

Les députés, jadis si doux,

Maintenant pour des bagatelles,

Un passe-droit, quelques gros sous,

Font un bruit d'enfer contre nous :

Le jeu n'en vaut plus les chandelles (bis).

I L'enquête volée par la Chambre au sujel des iripo- Lages des dernières élections.

Jusqu'ici tout allait au mieux :

Barrot lâchait quelques ruades;

La gauche roulait de gros yeux ;

Nous n'en étions pas plus malades.

Mais si des mots l'on vient aux faits.

Si pour y saisir nos ficelles,

On fouille le sac des préfets,

Serviteur ! nous sommes refaits.

Le jeu n'en vaut plus les chandelles [bis).

Çà, Messieurs, aviez-YOUS donc cru Que l'électeur tout débonnaire, Lorsqu'il votait pour un ventru Avant tout songeait à nous plaire?

Nous n'en sommes pas, j'en conviens, L'objet de passions si belles, Et sans tous nos petits moyens.

Qui sont no3 uniques soutiens, Le jeu n'en vaut plus les chandelles (bis).

Grands hommes, si savans sur tout.

Enseignez-nous donc la manière

De trouver gratis des Vatout,

Des Muret et des Liadière?

Eh, mon Dieu! Ton crie à l'abus;

Mais nos dépenses que sont-elles?

Quelques cadeaux de cent écus !

Si c'est se montrer corrompus,

Le jeu n'en vaut plus les chandelles (bit).

Rien pour rien, telle est en ce temps Des gens l'éternelle devise ; Les soi-disant représentais Pour nous sont une marchandise.

— -il>2 —

Par le toupet et l'entregent.

On prend quelques pauvres cervelles;

Mais l'homme fin est exigeant;

Or, si l'on nous coupe l'argent,

Te jeu n'en vaut plus les chandelles (bis).

Messieurs, pour mieux porter vos coups, Vous avez fait les bons apôtres; L'enquête n'atteint qu'un de nous, Et semble frapper deux des vôtres.

C'était nous tendre un piège adroit, Et nos hommes par ribambelles, S'y sont précipités tout droit...

On n'a pas l'esprit plus étroit!

Le jeu n'en vaut plus les chandelles (bis).

Régenter ces bourgeois obtus,

C'est jouer un rôle de cuistre;

D'honneur, je ne m'en mêle plus.

Qu'on fasse Laffitte ministre!

A l'heure où son front rayonnai!,

Vainqueur des collèges rebelles,

Jouer ce tour au cabinet!...

C'est vil, et je le dis tout net :

Le jeu n'en vaut plus les chandelles [bis).

18 août 1842.

de 1842

Air de la Catacoua.

Depuis quinze jours à la Chambre, Grâce à nos Cicérons si lourds, L'ennui pèse sur chaque membre, La glace sur lous les discours.

Au sommeil nul front ne résiste, Sauzetmême baille, ma foi!

On peut, je croi,

D'après la loi, Sans offenser et la Charte et le roi, Trouver ce spectacle assez triste, Ne pensez-vous pas comme moi?

Du pacha le sort est superbe,

Dit l'un. — « Ah, bien oui! répond-on :

» LegrandTurc peut lui couper l'herbe,

» Quand il voudra, sous le talon ;

» D'Abdul les promesses sont fausses. »

—B)h! dit Barrot, rempli d'effroi;

— On peut, je croi,

D'après la loi, Sans offenser la Charte et le roi,

Trouver que ce sunt là des gausses.

>re pensez-vous pas comme moi?

« On me déchire bans vergogne, » Clame Thiers, je sais que j'ai fait » Plus de fracas que de besogne, » Il fallait attendre l'effet !

» Je me flattais de mettre, en somme, » Toute l'Europe en désarroi. »

— D'après la loi,

On peut, je croi, Sans offenser et la Charte et le roi, Rire au beau feu du petit homme.

Ne pensez-vous pas comme moi ?

Après mainte réponse acerbe, Guizot, pour servir de bouquet, Parait, et de sa voix superbe, Dit, en montrant le Foutriquet :

« Ne croyez pas son radotage, » Cet homme en veut à mon emploi. »

— On peut, je croi,

D'après la loi, Sans offenser et la Charte et le roi, Nommer cela du tripotage.

Ne pensez- vous pas comme moi?

Sur un cas fort grave on hésite, Plus d'un péril est constaté; Mais Peel veut son droit de visite; Par la Chambre il sera voté.

Quand l'Anglais desserre la lèvre Chez nous bien vite on se tient coi.

—On peut, je croi,

D'après la loi, Sans offenser et la Charte et le roi, Berner l'amendement Lefebvre.

Ne pensez-vous pas comme moi ?

Billault, qui s'est, à plus d'un litre, Distingué dans tous ces débats, Veut critiquer certaine épître !... — «Chut! dit Martin, parlez plus bas » Mon cher monsieur, le linge sale » Doit toujours se laver chez soi. »

—On peut, je croi,

D'après la loi, Sans offenser et la Charte et le roi, Goûter fort peu cette morale.

Ne pensez -vous pas comme moi?

A chaque phrase anli-française, Tombant sur les cintres émus, Le Messager, qui bondit d'aise, Chante un Te Deum laudamus.

Tout semble à la feuille, fallote De bon goût et de bon aloi.

—On peut, je croi,

D'après la loi, Sdins offenser et la Charte et le roi, Trouver que ce journal radote.

Ne pensez-vous pas comme moi?

La Chambre que l'ennui dévore.

Par instans, s'éveille et renaît, Lorsque Liadières pérore, Ou que Sauzet met son bonnet.

Mais pour une scène plaisante Que d'actes ennuyeux je voi !

— Or, sur ma foi !

Messieurs, je croi Pouvoir le dire, en respectant la loi : La pièce n'est pas amusante; Ne pensez-vous pas comme moi9

- tëvrici 18*2,

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