‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 28 sur 56 · SUPPLIQUE DE MM, LES CUMDLARDS · texte numérisé non relu

SUPPLIQUE DE MM, LES CUMDLARDS

AU COMTE DE BALVANDY i

Air : Éloignons les lumières.

Quoi! vous refusez d'émarger?

Nous n'en voulons rien croire; Parce conleon veut outrager

Sans doute voire gloire !

Monseigneur, il ne faut pas Plaisanter en pareil cas.

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier,

Corbleu ! monsieur le comte.

C'est gâter le métier.

Notre classe, vous le voyez,

Monsieur, n'est pas trop riche ; Envers les pauvres employés, Le Pouvoir est fort chiche.

Si par votre faute, hélas !

Nous tombions encor plus bas !

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier* Corbleu! monsieur le comte, C'est gâter le métier.

i M. de Salvandy avail refuse les appoinlemens il un< place qu'il ne remplissait pas; ci ti iil avail forl choqué messieurs les sinécuristes.

Un écrivain forl riche a dit :

« L'or est une chimère. »

C'est de sa part, sans contredit, Une ironie auière ; L'or n'est, on en conviendra, Chimère qu'à l'Opéra !

Çà, pas de fausse honte:

Laisser un centime au caissier, Corbleu ! monsieur le comte, C'est gâter le métier.

Dites-moi, pourquoi, &ans sujet ,

Faire les bons apôtres?

Certes! pour tirer au budget

Nous en valons bien d'autres ; S'il faut paraître exigeant, Monseigneur, c'est sur l'argent.

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier.

Corbleu ! monsieur le comte !

C'est gâter le métier.

Le déficit grossit, dit-on,

Ma foi, le beau dommage !

Nous avons un train de maison,

Des chiens, un équipage ; Nous devons y tenir plus Que l'État à ses écus.

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier,

Corbleu ! monsieur le comle,

C'est gâter le métier.

« Le contribuable est taquin : »

Chanson ! pure vétille !

Il faut, comme a dit Hourdequin, Songer à sa famille ;

— ÏOS —

L'honnête homme pour les siens Regarde-t-il aux moyens?

Çà, pas de fausse bonté :

Laisser un centime au caissier.

Corbleut monsieur le comte,

C'est gâter le métier.

Les Gâtons aux graves discours

Sur l'honneur sont des drôles ; Imiter ces gens, de nos jours,

C'est le dernier des rôles.

Qu'ils radotent! nous, en paix, Digérons et buvons frais.

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier,

Corbleu ! monsieur le comte,

C'est gâter le métier.

Le noble corps des cumulards,

Monseigneur, vous contemple ; Ne faites pas rogner nos parts

Par un funeste exemple ; Tout argent bon à toucher Sur l'heure doit s'empocher.

Çà, pas de fausse honte :

Laisser un centime au caissier,

Corbleu ! monsieur le comte,

C'est gâter le métier.

21 novembre 181-2.

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IilJ I A BROCHURE

dit ssjjéra-, bïï&saïïd. i

D;ms les rares instans que me laisse la guerre,

Je me suis occupé d'un ouvrage chenu,

Qui sur l'attaque en flanc, la manœuvre en équerre,

Répand un intérêt jusqu'au bout soutenu.

Je prédis que ce livre, au cas qu'il soit connu,

Fera, pendant long-temps, le charme de la terre.

Alger n'appartint pas de tout temps aux Français; Ce fait est constaté par des auteurs célèbres. Ses anciens habitans étaient-ils Huns ou Guèbres? Sortaient-ils de l'Alsace ou des clans écossais? Venaient-ils du Congo, des bords de la mer Noire? C'est ce que l'on ne sait ; une chose notoire C'est que de la Régence et de son littoral, Je suis en ce moment gouverneur-général.

Par ma barbe! il n'est rien qui soit plus chodnozoguc Que d'avoir à tanner le cuir des mauricauds, Que de voir le Kader faire ses soubresauts, Pendant que je lui saute au collet comme un dogue ;

[i) Le général Bugeaud vouait de publier brochure sur l'Ai-

Oui, certes! il n'est rien qui me lasse plaisir Comme d'être à cheval, d'aller, roulant mabosse, A travers la Hégenee, ainsi qu'un grand-visir ; Et puis, de temps en temps, quand je trouve l'émir, De repasser au drôle une volée atroce.

Je ne dédaigne pas non p'us, en certains cas, Imitant les exploits les |)lus chevaleresques, D'englober le matin dans de larges razzias, l>e beaux troupeaux de bœufs et de femmes moresques; Tous ces plaisirs me vont: quand sur mon toupet roux Les rayons du soleil brillent dans la campagne; Le Bédouin qui se cache au creux de la montagne, Le Kabyle qui sait le poids de nos atouts Décarrent en hurlant : Hurra! gare dessous !

Eh bien! moi que l'on croit l'homme du tintamarre,

L'homme du coup de poing, du grabuge éternel,

Moi je porte à l'Arabe un amour fraternel ;

Je veux civiliser à tout prix le barbare.

Le meilleur argument fut toujours le canon;

C'est celui que j'emploie ; il faut qu'on s'y soumette ;

Pour prouver au Kader que la France a raison,

J'ai tué la moitié de ses gens ; s'il s'entête,

Je massacrerai tout, mais j'aurai mon mot bon.

Qu'exigê-je après tout de l'émir? Peu de chose :

Je veux qu'il se résigne à yivre en bon bourgeois ;

Que laissant les grands mots il parle en vile prose ;

Qu'il cultive ses choux, ses panais et ses pois:

Et qu'il se rende enfin, quand il prendra de l'âge,

Digne de devenir maire de son village.

Car c'est là le grand point. Je sais que Romulus

A la force du bras fonda l'antique Rome;

Mais ce n'est pas le l'ait du vrai héros, en somme;

Quant à moi, j'aime mieux être Cindnnalus.

Que tonte abstraction sans pitié soit bannie; Que chacun ait sa choppe et son morceau de lard. La culture, voilà l'élément du génie; Les chemins vicinaux, voilà le but de l'art! Virgile était un sage; il apprit à la terre L'époque où l'on récolte et le miel et le vin ; S'il vivait de nos jours, ce fameux écrivain, J'en suis sûr, concourrait aux frais d'un phalanstère. Oh! pouvoir se livrer aux agrestes travaux ! Faire faner un pré, le jalonner de bornes ! Veiller au croisement des porcs et des chevaux! Piquer dans le sillon les bœufs à grandes cornes ! Oh! pouvoir en automne emplir de cidre doux Cent tonneaux recerclés et rangés dans les caves ! Oh! récolter son lin, son champ de betteraves. Et le soir segorger de champêtres ragoûts !!!... Quel charme! Quelle douce et pure jouissance ' Et lorsqu'à ce bonheur j'invite Abd-el-Kader, L'animal me répond d'un ton plein d'indécence ! Vraiment! c'est à broyer le drôle comme un ver.

Tels sont les divers points qu'a traités mon ouvrage. Les journaux s'écriront : « Mais c'est donc une rage » Chez le père Bugeaud de radoter toujours ! » —Je ne m'arrête pas à de pareils discours : Il faut civiliser par le fer, la harangue, Et par Vin-ociavo ; je méprise les cris ; C'est tant mieux, après tout, si j'écorche la langue; L'Arabe en comprendra beaucoup mieux mes écrits!

26 septembre isvi.

HISTOIRE Dr mil (ITIIIN.

Ain du Roi d'Yvetot.

D'un pelit prince bavarois On ne savait que faire :

Un pauvre peuple dit : « Je crois Qu'il fera mon affaire. »

Du bonhomme on lui fit l'envoi,

Et la Grèce le prit, ma foi!

Pour roi.

Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Écoutons cette histoire-là, La, la.

On lui prodigua les bravos, Les sermons, les caresses ;

Il eut ministres et chevaux, Poètes et maîtresses :

« Mangez, dit-on, faites bon feu !

Vous tenez vos droits en ce lieu, De Dieu. »

Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Le roi dit: « J'ignorais cela.

La, la. »

Les hâbleurs, harangueurs, gausseurs,

Tout ce troupeau de drôles Qui vont amorçant les faveurs

Par de belles paroles, Chantaient en chœur : o 0 grand Olhon ! Vraiment , vous éclipsez le bon

Solon. »

Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

—11 répondit : « Je sais cela, La, la. »

Comme l'Europe avait les yeux

Sur l'état du bonhomme, Les Turcs lui roulaient de gros yeux,

Mais sans bouger, en somme :

« Devant vous, dit un Va tout grec Chacun ferme, crainte d'échec,

Le bec. »

Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Olhon dit : a Je conçois cela, 1 a, la. »

Le prince écrivait à Paris :

« Qu'au plus vite on m'envoie .Meubles et vaisselle de prix ;

Or,diamanset soie! »

— Gloire au roi, criait-on ;'il faut Pour ses frais doubler au plus tôt

L'impôt!

Oh! oh! ohloh! ah! ah! ah! ah:

Olhon fut de cet avis là,

La, la.

Mais le peuple élève la voix:

« Turcs pour Turcs peu m'importe,

Dit-il, les pachas bavarois, Ou bien ceux de la Porte!

Le prendre avec nous sur ce ton

C'est filer un mauvais coton, Othon. »

— «Oh! oh! oh! ohl ah! ah! ah! ah!

Dit le roi, qu'ai-je entendu là?

La, la. »

Un matin, le peuple émeute Vient dire au bon monarque :

« Il l'aut que Votre Majesté, Déguerpisse et s'embarque !

Signez que chaque Athénien

En vous chassant ainsi qu'un chien Fait bien. »

— « Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Soit ! je vais vous signer cela, La, la. »

« Quoi ! dirent les Grecs, nous les fils

D'Athènes et de Sparte, Nous n'avons, vrai peuple conquis,

Pas môme un bout de Charte ! »

— « Vous parlez de Charte, je crois, En voici, dit le Bavarois,

Deux, trois

Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Je n'y tiens pas plus que cela,

La, la. »

— Ab —

Le peuple se sentit louché:

«Vous méritez la corde.

Dit-il au roi, mais (ont péché Trouve miséricorde;

Vous désirez vivre d'accord.

Soit! mais il faut faire d'abord, Le mort ! »

— a Oh! oh! oh! oh! ah! ah! ah! ah!

Je ne demande que cela, La, la.»

3 OClobM 1843.

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