AI \ DÉPUTÉS !!! CENTRE
J3SSS1TT D2 VI113 RSO©irïrAISS£H,T(l).
Ain : Écoute, mouchard, mon ami, ei«-.
Contre les braves députés, Je sais que l'on dégoise ; Des factieux, des effrontés,
Osent leur chercher noise.
Foin des hâbleurs ! pour les mouchards La Chambre courtoise Est pleine d'égard?.
L'anarchiste se plaint... Pourquoi?
Et de quoi?
Tout va bien ; qu'on se tienne coi, Ou sans quoi !...
D'un tas de sermons superflus
On étourdit le centre; Que veut-on qu'il fasse de plus ?
Il s'occupe du ventre ;
i Après :" yole des fonds
^près le sien, primo tnihi, Le nôtre, (lue diantre!
Doit s'emplir aussi.
L'anarchiste, etc.
Les bleus, avec leur liberté,
Et les braves carlistes Avec leur légitimité.
Sont des cadets fort tristes.
D'honneur les policiers avec Ces beaux moralistes, Vivraient de pain sec.
L'anarchiste, etc.
Radicaux, avec votre ton, Vous me la baillez belle ; Ah ! vous vous drapez en Caton ;
Mais je vois la ficelle.
Mes gaillards, sous mon bon gourdin, Que voire séquelle Tombe un beau matin !
L'anarchiste, etc.
Monsieur llollin, quelle fureur !
Quoi ! vous attaquez l'homme Que le respect et la pudeur
Défendent que l'on nomme !
Je vois qu'à votre sentiment Il faut qu'on dégomme Le gouvernement. L'anarchiste etc.
D'api es ce qu'on répète en chœur,
Les gens du ministère Suit des traîtres et des sans-cœur
Que d'un mot on fait taire :
Les coups ont pour eux peu d'attraits
C'est leur caractère
Et leur genre... après?
L'anarchiste, etc.
On dit que nous sommes perdus,
Par le motif qu'en France Chacun songe trop aux émis; Mais, morbleu, la pilance !
L'agent doit, aux frais du pouvoir, Arrondir sa panse, Ou, ma foi! bonsoir.
L'anarchiste, etc.
Mais on a voté le million ;
Parisiens, qu'on se tienne !
On va vous serrer l'ardillon ;
Et marchez droit, mordienne!
Les badiniers ont leur pain cuit ; Que l'émeute y vienne, On verra... suffit !
L'anarchiste se plaint. Pourquoi ?
Et de quoi ?
Tout va bien, qu'on se tienne coi, Ou sans quoi 1...
iv août 1843.
\t\ BUVEURS II1U
Il Ui\ MARCHANDS DE VIN.
Un : Ah! ii madame le savait, etc.
Çà, ne pourrons-nous donc enfin
Jamais garder quelque mesure?
A plus d'une rouge figure
Chaque jour on répète en vain :
Mettez plus d'eau dans votre vin.
Et puis, retournant la satire,
Aux marchands puisant au ruisseau,
Le public s'évertue à dire :
Dans votre vin mettez moins d'eau, [bis.)
Gourmets, viveurs au gosier fin, Pour vous éviter tout mécompte, Dans nos grands restaurans, sans honte, Quand on verse aï, chambertin, Mettez plus D'eau dans votre vin.
Et vous, gens à triste besogne, Qui la nuit, dans quelque caveau, Fabriquez bordeaux et bourgogne, Dans votre vin mettez moins d'eau, {bis.)
Le dimanche, dès le matin, Bon prolétaire, à la barrière Tu vas égayer ta misère ; M Mi s«nge bien au lendemain ;
Crois-moi, mets plus d'eau dans ton vin. Marchands qui, pour le pauvre diable, La pompe toujours au tonneau.
Brassez un breuvage effroyable, Dans votre vin mettez moins d'eau, [bis.)
Lorsque vous vous sentez en train, Pachas de la Liste-Civile, Pour moins vous échauffer la bile Et pour vous tenir l'esprit sain, Mettez plus d'eau dans votre vin.
Et vous dont les drogues traîtresses, En pleine table, quel tableau !
Font déraisonner nos altesses, Dans votre vin mettez moins d'eau. {Ois.)
Députés que d'un ton câlin Un minisire invite à sa table, A devenir moins intraitable L'esprit au dessert est enclin ; Mettez plus d'eau dans votre vin.
Pour qu'il reste à nos mandataires Un peu de bon sens au cerveau ; Vous, fournisseurs des ministères, Dans votre vin mettez moins d'eau, (bis.)
Pour nos courtisans quel chagrin !
A la Liste qui les supplie, Les Chambres répondent : Ma mie, Si voire avoir est trop mesquin, Mettez plus d'eau dans votre vin.
Pour la Liste-Civile en peine.
L'épargne est un devoir fort beau ; Vous, marchands, dont la bourseest pleine, Dans votre vin mettez moins d'eau, (bis.)
Quand au prétendu jus divin L'homme trop fortement s'adonne, flélas! une heure triste sonne, Où, par ordre du médecin, On emplit d'eau son verre à vin.
Vous dont la fraude est la ressource Et dont la Seine est le coteau, Pour qu'ils retournent à leur source, On fait couler vos vins à l'eau, [bis.)
(> janvier 1844
41 &5aS<ai2&lââim 2>52»3^&stf3,
Vous souvient il qu'après une triste victoire, Mon vers dans les rayons sanglans de votre gloire
Luisit comme un poignard?
Régent, sur le tombeau d'un peuple noble et bravo, Je vous disais : « Le sang avec du sang se lave,
Vous l'apprendrez plus tard. »
Les jours sont arrivés ; la justice est complète. Si l'avenir répond à la voix du poète, C'est que des lois du ciel cette voix est l'écho; Le poète, à la fois remords et voix sublime, Ange aux genoux de Job, spectre au lit de Banco, Maudit le criminel et bénit la viclime.
Duc, vous êtes tombé! les courtisans plaindront Tant de grandeur changée en pareille misère ; Sur votre pouvoir mort les vainqueurs se rueront ; Nous vous redirons, nous, sans haine, sans colère. Qu'il faut pour étouffer le courroux populaire Être puissant au moins par le bras ou le front.
Or, vous n'avez montré ni talent ni courage. L'aigle allier aux premiers tourbillons de l'orage S'élance au haut des airs en un superbe vol ; Et le pluvier, tremblant sous l'ombre du nuage,
Pour regagner son marécage, S'enfuit à tire d'aile en effleurant le sol.
Ce fui un coup de dé hasardeux, téméraire. Monseigneur, que celui de l'homme de brumaire. La volonté du peuple est le souffle de Dieu ; Malheur à qui s'y heurte! En de pareilles luttes, Où le triomphe est rare, où l'on voit mille chutes, Le joueur met toujours sa tête pour enjeu.
Duc, vous senliez-vous donc une force d'athlète Pour affronter sans crainte un semblable péril? Du fer de Damoclès pendu sur votre tête, Quoi! vous avez vous-même osé briser le fil !
Vous le saviez pourtant : plaine, vallon, montagne, En longs cris de colère éclataient contre vous!
Depuis l'effroyable campagne Où Barcelone en pleurs ploya sous vos genoux, Votre front qu'accueillait un sourire si doux, Comme un astre sanglant épouvanta l'Espagne.
C'était là, monseigneur, un poignant souvenir;
Un sinistre pilier bornant votre avenir ;
Un tocsin bourdonnant sans cesse dans les àmes ;
Delà noble cité livrée à vos fureurs.
Tout Espagnol sentait palpiter les terreurs,
Toute ville voyait étineeler les flammes. »
Et vous n'avez compris, étrange aveuglement! Ni cette haine sourde accrue à tout moment, Ni ces plans ténébreux, ni ces désirs farouches; Vous n'avez deviné ni ces regards moqueurs, Ni ces oppressions qui contractaient les cœurs, Pendant qu'un rire amer grimaçait sur les bouches!
Vous avez dit : Brisons des pouvoirs trop étroits; Et malheur au pays s'il s'emporte et se cabre! Je veux dans la balance où se pèsent ses droits, Comme. Brennus jeter mon sabre ! »
Mais cette fuis le peuple à votre appel fut sourd ; Vous avez, dans l'essor fougueux de votre zèle, Vainement appuyé sur le plateau reballe ; Votre sabre, seigneur, ne fut pas assez lourd.
Pareil aux sifflemens lointains de la tempête, Un bruit vague passa sur l'Espagne inquiète; Le peuple, mer mobile, à ce bruit s'ébranla ; Bientôt il s'agita comme un homme en démence; Puis déroulant ses flots en une vague immense, Contre votre pouvoir, ô Duc! il se roula.
Vous regardiez, superbe, au milieu de vos troupes, Tous ces vils prononces qui, s'avaneant par groupe.1-' Rétrécissaient sur vous un cercle étince'ant ; Mais le soir, quand le vent, à travers le silence, Lportapuceit jsqu'à vous de longs cris de vengeai), Vous sentiez des frissons sur votre iront brûlant.
Aa rage au cœur, le bras contracté sur vos armes,
Ob! vous avez versé de bien amères larmes
En entendant tonner l'anatbème vengeur !
En voyant Barcelone au milieu des ténèbres
Se dresser, et, tendant vers vous ses bras funèbres.
Décréter votre mort, ô farouche égorgeur !
I.cjour vint, où, sorti d'un léthargique rêve, Vous êtes resté seul contre une nation ; Ce jour-là votre bras laissa tomber son glaive, Car la révolte était une insurrection !
Alors on vous vit nu, sans prestige ; et le monde
Ressentit un dédain, une pitié profonde
Pour l'homme qu'il croyait au moins fort et vaillant
Alors le fier régent tout inondé de gloire,
Celui qu'on appelait le duc de la Victoire,
S'enfuit l'œil égaré, le genou défaillant...
Et, pendant qu'il fuyait, son féroce ministre Eclairait le chemin, à la lueur sinistre, De Séville tordant ses membres dans le feu '■ Et le régent enfin, sinistre Don Quichotte,
Sautait sur une barque amarrée à la côte
Ainsi s'accomplissait le jugement de Dieu!
Monseigneur, écoutez : ce jugement fut juste ; Vous n'aviez dans le cœur rien de fort ni d'auguste. Grand homme de hasard, esclave des Anglais, Bourreau de Barcelone, assassin de Séville, Pour clore une carrière aussi lâche, aussi vile, Vous vous êtes laissé chasser comme un laquais !
19 août I845.