DTN ABONNÉ DE L'ANCIEN CONSTITUTIONNEL
Air : Ma mère, quittez la besace
Le noble Etienne et ses confrères, Débris des enfans d'Apollon, Battus par les destins contraires, Désertent le sacré \allon.
Des mécréans, des infidèles Souillent le bonnet de coton.
0 trahison!
0 trait félon!
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
Cerle! il va s'en passer de belles Si les vieillards n'ont plus raison.
C'en est fait, plus de bons articles.
Aux lieux où des auteurs charmans Echauffaient leur muse en besicles Sur l'art et les gouvcrnemens, Des muguets content des sornettes Et portent gants paille et lorgnon.
0 trahison !
O trait félon !
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
La France est livrée aux Vandales Si les viellards n'ont plus raison.
Dans chaque question ardue, Le patriarche avec aplomb, L'œil braqué sur sa longue-vue, Plongeait, replongeait jusqu'au fond.
A sa phrase fine et plaisante, Chacun tombait en pâmoison.
0 trahison!
0 trait félon !
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
Plus de politique amusante Si les vieillards n'ont plus raison.
Le vrai talent en tout lieu perce, Et l'esprit de l'ancien journal, Même à la nouvelle diverse, Brillait d'un lustre sans égal.
Toujours quelqu'incroyable histoire Du coupeur ornait le carton.
0 trahison !
0 trait félon !
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
Au serpent de mer qui va croire Si les vieillards n'ont plus raison?
On sait avec quelle vaillance, Brisant de criminels espoirs, Les vieux, en brandissant leur lance, Se ruaient sur les hommes noirs; Devant ces preux, les hypocrites, Corbleu! n'élevaient pas le ton.
0 trahison!
O trait félon !
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
Qui donc croquera les jésuites, Si les vieillards n'ont plus raison?
Effel d'un latal oslracisme, Les inuses sont sans défenseurs ; Hugo, soufflant son romantisme, Va couper la tète aux neuf sœurs.
Plus (le brûlant transport, d'extase, D'Hippocrène, nid'IIélicon.
O trahison !
O trait félon!
Laisser Etienne et Jay sans horizon!
Hélas! qui montera Pégase, Si les vieillards n'ont plus raison?
Eerlc ! il n'est plus temps de se taire; Avant peu de temps, on verra Tomber Ponsard, Scribe, Vollairc, L'Académie, et cœtera.
Il faut s'attendre à ce qu'on rase Le Louvre avec le Panthéon.
O trahison!
O trait félon!
Laisser Etienne et Jay sans horizon !
L'Etat tremble jusqu'en sa base, Si les vieillards n'ont plus raison.
10 avril 184 4.
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Ain : Un jour le bon bien s'êveillaiit.
L'autre jour, Saint-Marc Girardin Disait à l'ainé dos Dupin :
Çà, la question est traîtresse ; Compère, pas de maladresse :
Je vais m'étendre hardiment Sur la sainteté du serment.
Maintenez-vous, quoique je puisse dire.
De grâce, Dupin, ne me faites pas rire, Dupin, ne me faites pas rire.
Messieurs, comme homme des Débals,
Je me connais en renégats.
En général, je le proclame,
La Chambre est au-dessus du blâme ;
Elle sait que tout changement
Exige un nouveau dévoûment.
M) Pendant la discussion où l'ut rendu un vote de flétrissure con-> tre les députés légitimistes qui s'étaient rendus auprès du dire de Bot'Îi'.tiix A Londres.
— Bien ! dit Dupin, on ne saurait mieux dire.
- De grâce, mon cher, ne me faites pas rire,
Dupin, ne me faites pas rire.
On dira : Promettre à chacun, Ce n'est rassurant pour aucun. Erreur, tant que le pouvoir dure, Nous ne souffrons pas de parjure; Mais aussitôt qu'il est à bas, Dam ! messieurs, c'est un autre cas.
— Bien ! dit Dupin, ma foi, je vous admire.. .
- De grâce, mon cher, ne me faites pas rire.
Dupin, ne me faites pas rire.
Messieurs, raisonnons froidement :
Si grave que soit le serment, Le croire éternel est sottise, Tout tronc qui tombe le brise :
Un seul serment doit nous lier, C'est celui qu'on fait le dernier.
— Bien ! dit Dupin, ces mots sont à transcrire -De grâce, mon cher, ne me faiiespas rire.
Dupin, ne me faites pas rire.
Vous savez tous d'après la loi Que la lettre seule fait foi ; Or, ni les Bourbons, ni l'Empire, En droit n'ont un mot à nous d ire : On prête un serment, mais on peut Retirer un prêt quand on veut...
— Bien ! dit Dupin, Talleyrand vous inspire.. -De grâce, mon cher, ne me faites pas rire,
Dupin, ne me faites pas rire.
Messieurs, il est moment pour tout :
Certes, quand la caisse est à bout,
Soutenir les gfcas est tort triste ; Mais l'Ordre de choses résiste ; Combattre un pouvoir qui s'accroît Est d'un traître et d'un maladroit.
— Bien ! dit Dupin, qui s'y prend mal conspire..
- De grâce, mon cher, ne me faites pas rire,
Dupin, ne me faites pas rire.
Franchement, pour un homme expert, Berryer a fait un pas de clerc ; \ller fêter un pauvre diable, Cela n'est-il pas pitoyable!
L'homme d'Etat doit prudemment Savoir rafraîchir son serment.
— Bien ! dit Dupin, ces mots doivent suffire... -Taisez-vous, mon cher, vous me faites trop rire, Dupin, vous me faites trop rire.
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