‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 46 sur 56 · A DE QUOI · texte numérisé non relu

A DE QUOI

r.vrs:?. rcuTss ses sioiees m.

Air: Un jour le bon Dieu s'éveillaiit.

Prenons notre lyre et chantons Le Système sur tous les tons! A nos hauts faits, à nos grands hommes Consacrons, s'il le faut, vingt tomes, Avec clichés, ornemens frais, Vignettes, gravures, portraits.

Gérin est là pour solder nos mémoires, La France a de quoi payer toutes ses gloires, De quoi payer toutes ses gloires.

Bravaches, gens aux grands ébats, Gare au martinet des Débats !

Saint-Marc et ses dignes confrères, Sergens de ville littéraires, A grands coups d'articles-Paris Soutiennent la paix à tout prix.

1 Ce mot sottement n>r lui prononcé pai let D

— rwu

Ce noble emploi leur vaut des bons pourboires: La France a do quoi payer toutes ses gloires, De quoi payer toutes ses gloires.

Qui parle d'éclat, do grandeur?

Vieux mois en tort mauvaise odeur.

Nos pures, gens à tôte folle, Ne songeaient qu'à la gloriole ; Cultivons les douces vertus, L'amour du prince et des écus.

Ces qualités sont les plus méritoires.

La Fiance a de quoi payer toutes ses gloires. De quoi payer toutes ses gloires.

Foin des étounieaux, des braillards !

La sagesse n'est qu'aux vieillards.

Ces Catons qu'un bon ange envoie

Sauront nous guider dans la voie

lies places, des croix, des sermens

Et des éternels dévoûmens.

Prodiguons l'or à nos vieilles mâchoires, La France a de quoi payer toutes ses gloires,

De quoi payer toutes ses gloires.

Faut-il revenir sur Pritcbard ?

Parbleu ! c'est un cuistre, un pendant.

D'Aubigny, cœur par trop honnête,

Au drôle eut pu laver la tête;

Il vaut bien mieux, pour le punir,

L'indemniser, puis en finir.

Comptons les fonds et cachons nos déboires, La France a de quoi payer toutes ses gloires.

De quoi payer toutes ses gloires.

Quautau Maroc, c'est différent; Guizot s'y montra trois fois grand.

Dédaignant les frais de la guerre,

Il a, par un trait peu vulgaire.

Pour vingt-cinq millions obtenu

Un trailé qui vaut un écu.

Bab ! les millions sont choses dérisoires î La France a de quoi payer toutes ses gloires,

De quoi payer toutes ses gloires.

Oui, la France est riche, corbleu !

C'est pourquoi moi j'émets un vœu :

Dans le beau zèle qui l'enivre Qu'à Guizot elle achète et livre Toulon, Bresf, Cherbourg el Calais, Afin qu il les oflre aux Anglais !

Donnons ces ports avec leurs territoires ;

La France a de quoi payer toutes ses gloires, De quoi payer toutes ses gloires.

■15 septembre 1«'<V.

ET Z3U &ARCOIÏ DB BTJRS&U.

CONFECTION D UN PHKMIER-I ONPRKS.

Ain : C'est la Comète.

John, je prépare un coup d'éclat ; Le Français contre nous clabàude, Goddam ! je lui livre combat, Tenez prêts le gin et l'eau chaude.

John, un verre de grog !

Vite ! ma plume Grille et s'allume; John, un verre de grog!

Je vais terrasser le French dog.

Je sais bien quel ton adopter :

Aux bravades la France est sourde:

Pour l'abattre il faut plaisanter, L'ironie anglaise et si lourde !

John, un verre de grog!

Mon esprit perce, Gare l'averse !

John, un verre de grog!

Je vais terrasser le French dog.

Le petit Frenchtnan, c'est nouveau, Du peuple anglais méprise l'ordre : Il ose braver, faible agneau 1 La dent du loup qui va le mordre.

Jobn, un verre de grog!

Que je châtie Sa félonie.

Jobn, un verre de grog !

Je vais terrasser le French dog.

Que vient-on de me raconter :

Que toute la flotte française, S'il le faut est prête à lutter Contre une galiote anglaise?

Jobn, un verre de grog !

Car tant d'audace, Vrai ! me surpasse.

Jobn, un verre de grog !

Je vais terrasser le French dog.

Des hâbleurs qu'on a gorgés d'or Jurent que les gens de Joinville, Dans Tanger et dans Mogador, Ont logé dix boulets sur mille.

John, un verre de grog!

Tant d'impudence Sent la démence.

John, un verre de grog !

Je vais terrasser le French dog.

Goddam ! les journaux de Paris Ont une foi bien athlétique :

Leur flotte sans nous aurait pris lin fort beau port sur l'Atlantique...

John, un verre de grog !

Car la colère Vraiment, m'altère.

John, un verre de grog!

Je vais terrasser le French dog

Le French pense avoir remporte Sur nous au moins une victoire; C'est une grosse indignité, Une vile insulte à l'histoire.

John , un verre de grog !

Pareil outrage Me met en rage.

John, un verre de grog !

Je vais terrasser le French dog.

Je peins le Français d'un seul mot :

Ce peuple qui fait le bravache, A mon avis est hargneux, sot, Faible, ivrogne, insolent et lâche.

John, un verre de grog !

Mon feu redouble Et j'y vois trouble.

John, un verre de grog !

Je vais terrasser le French dog.

7 septembre <8H

Page 1