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n De mon vieux sabre des combats » Je porte la poignée en bas;
b Que tout brave m'imite! »
I>it un guerrier au chef branlant.
ci Pour des gros sous, j'ai mis en plan
» Ma gloire décrépite ; » C'est assez de jours hasardeux , >■> Allons, Système, en avant deux!... » Chaud ! Musard, chaud !
Et va donc, maraud,
C'est la danse maudite !
Place à mossire Tanneguy !
Place ! le ministre bouffi
Dans la foule s'agite ; Mouchards, écrivains affamés, Et fils de maison mal famés
Se traînent à sa suite.
— La valse! — Allons, messieurs, sus! sus! Faites tournoyer nos écus !. ..
Chaud ! Musard, chaud !
Et va donc, maraud,
C'est la danse maudite !
Par le déficit entraîné, Lacave, d'un air consterné,
Dans un couloir s'abrite; Le déficit, en galopant, Sans cesse lui corne au tympan :
« Financier émérite, » Balancez ! mais balancez donc » Vos comptes dans un rigodon.. . »
Chaud! Musard, chaud !
Et va dune, maraud,
C'est la danse maudite!
Villemain, d'un air pudibond, Dans un coin obscur danse en rond Avec un Moscovite-
— Cavalier seul ! — Dans son élan, Risquant un beau pas de cancan.
Le rhéteur, qui palpite,
A ce cri s'étend de son long
Et baise le Russe au talon.. .
Chaud! Musard, chaud!
Et va donc, maraud,
C'est la danse maudite !
« Dame Justice au front hautain, » Quittez vos grands airs, dit Martin,
o Votre honneur périclite.
» Les jurés, ne rougissez pas, » Ont un peu flétri vos appas :
o Mais cela passe vite.
» Relevez un peu vos jupons, » Ma belle dame, et galopons... »
Chaud ! Musard., chaud !
Et va donc, maraud,
C'est la danse maudite !
Par degrés noyé dans la nuit, Ce beau rêve s'évanouit...
L'archet du maître hérite ; Quelques masques sautent encor ; Mais un diable, en donnant du cor,
Se met à leur poursuite :
— Chassez huit! chassez I — Patatras!
La salle croule avec fracas...
Chaud ! Musard, chaud !
Et va donc, maraud, C'est la danse maudite!
Pendant !«• carnaval di
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Ain : C'est l'amour, l'amour.
Plaignons tons, (daignons lo cas Du pauvre État de Hanovre !
Ernest n'a qu'un fils, hélas!
Et ce fils n'y voit pas
Le Hanovre est vraiment à plaindre:
Le grand Ernest est au plus bas.
À cette heure il est môme à craindre Que ce prince ait sauté le pas.
Moins heureux que son père,
Son fils, ô triste sort !
A fermé la paupière
Long-temps avant sa mort.
Plaignons, etc.
Que fera le jeune monarque Dans son aveuglement profond?
S'il conduit lui-même sa barque.
11 la coulera vite à fond.
Ses conseillers fidèles Lui feront, sans dôfour, Voir trente-six chandelles An bean milieu du jour.
Plaignons, etc.
A la cour, comme à la province, En certains cas il faudra bien Exhiber la face du prince Aux regards du Hanovrien.
Reléguant hallebardes Et fusils aux greniers, Le monarque pour gardes Aura des infirmiers.
Plaignons, etc.
S'il faut jouer à la bataille, Ce sera drôle, en vérité :
Sur un beau mannequin de paille On hissera Sa Majesté.
Sa milice charmée Défilera par (rois, Devant sa main armée D'un grand sabre de bois.
Plaignons, etc.
Beautés, pour vous quel sort pénible Votre plus doux rêve d'orgueil, Quand le prince est jeune et sensible, Est d'en obtenir un coup-d'œi! !
Vu moins le cœur d'un borgne Parfois est enchaîné :
Mais c'est à tort qu'on lorgne Un prince aveugle-né.
Plaignons, elc.
S'il suil l'exemple de ses pères, Qui blâmera ce pauvre roi?
Pour lui le progrès des lumières Ne peut être article de foi.
En vain de bons apôtres
Criront à l'éteignoir !
Pour éclairer les autres
Il faut soi-même y voir.
Plaignons, etc.
Pauvre pays!... mais Dieu, sans doute, A tout arrangé pour le mieux ; Et pour un roi qui n'y voit goutte Dix autres ont d'excellens yeux.
Plus d'un même y voit double ; Nous en savons d'adroits Qui toujours en eau trouble Pêcbent leurs plus beaux droits.
Plaignons tous, plaignons le cas Du pauvre Etat de Hanovre !
Ernest n'a qu'un fils, hélas !
Et ce fils n'y voit pas.
!6 septembre 18*2.
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Keine, quanti le canon, messager de tempête, De sa voix adoucie est venu faire fête
A votre jeune royauté ; Quand les douces clameurs d'une cour en délire, Sillage murmurant aux côtés d'un navire,
Autour de vous ont éclaté ; Dites, n'avez- vous pas frissonné dans votre âme En songeant à ces mots pleins de solennilé Qui changeaient tout-à-coup la jeune fille en femme, Et la faible pupille en grave Majesté ?
Quand vos gens de justice et vos gens de noblesse , Troupeau que la faveur ou l'orgueil mène en lesse,
Étaient là tous agenouillés ; Quand vos vieux généraux, vos jeunes capitaines, Déridant doucement leurs figures hautaines.
Ont mis leur épée à vos pieds ;
Vous avez, n'est-ce pas? repliée en vous-même, D'uo regard de (erreur fixé ces courtisans? Vous avez repoussé cette grandeur suprême, Lien d'or qui venait enchaîner vos treize ans?
Quand les ambassadeurs, ces ténébreux ministres, Anges dont l'œil candide a des reflels sinistres,
Moutons à gosier do requin, S'en vinrent au palais des vieux rois de Castillc Proclamer gravement dans la petite fille
L'héritière de Charles Quint; N'avez-vous pas senti sur vos frôles épaules Un fardeau qui rendit tous vos esprits troublés ? No vous sembla-t-il pas que vos heures si folles Que vos rêves si doux étaient tous envolés?
Après que l'Étiquette eut a l'enfant royale Majestueusement de sa voix glaciale
Rappelé ses droits, ses aïeux; Quand sur ce jour étrange, où, par quelques paroles Tout s'était transformé, cœurs, figures et rôles,
Tomba le soir silencieux ; Hélas ! dans votre alcôve embaumée et sereine, N'est-ce pas que votre âme en secret a gémi ? Dans le lit où dormait Isabelle, la reine N'a pas, cette nuit -là, paisiblement dormi.
Madame, c'est ainsi : la vie est une roue
Qui tourne incessamment dans l'air pur et la boue.
Manans et rois sont pèlerins ; De leur double besace, une est gonflée à peine, C'est celle du bonheur; l'autre de maux est pleine
Et sous le poids courbe leurs reins.
Toute plante a son ver, tout corps sa maladie; Le frelon, le premier, mord aux fruits veloutés; La flamme qui réchauffe allume l'incendie, L'orage qui féconde inonde les cités.
Oh ! sans doute, il est bon, à l'âge des caprices, Où le monde apparaît tout doré de délices,
Où l'âme s'ouvre aux longs désirs, De pouvoir en passant froisser mille merveilles, Et d'aller butiner, comme font les abeilles,
Le miel des plus friands plaisirs; Mais un jour, au milieu de l'ivresse fiévreuse Où le Pouvoir s'endort, tombe vif et glacé Un éclair échappé d'une paupière creuse.... C\st le peuple dont l'œil regarde courroucé.
Au morne Escurial, sur les fleurs et la mousse, La pensée erre en paix, la rêverie est douce ;
En sommeillant sur le gazon Vous entendrez souvent, délicieux ramage, L'antique serpent d'Eve à travers le feuillage
Vous dire sa vieille chanson; Oh ! prenez garde alors ! d'une hauteur étrange Vous verrez à vos pieds vos peuples se mouvoir ; Et si vous écouliez la voix du mauvais ange, L'abîme engloutirait bientôt votre pouvoir.
Heine, le savez-vous? l'ombre a gagné le trône; La royauté n'est plu9 cet autel qu'environne
Un peuple de crainte oppressé ; Ce n'est plus ce char d'or que la gloire promène ; C'est un vieux tombereau qui voiture à grand'peine
Les pesans débris du passé.
Ou vous dira : a Sachez déblayer voire route; Faites tonner dans l'air votre royale voix ! » A suivre ces conseils, pauvre femme, il en coule La couronne toujours, la tète quelquefois.
Votre étoile est encor douteuse et vacillante ; L'heure de son lever fut une heure sanglante :
Quand souriante, toute en fleurs, Madrid vous caressait ; la viile aux destins sombre.-, Harcelone, accroupie au fond de ses décombres.
Épuisait lentement ses pleurs.
Fermez, fermez votre âme à l'esprit de démence; Ne vous cramponnez pas à de sinistres droits ; Madame, un seul manteau, celui de la clémence, Des glaces du tombeau préserve encor les rois.
Allez! nous sommes pris d'une pitié réelle En vous voyant fleurir, pauvre lis pâle et frôle,
Dans votre vallon orageux ; Avec les frais zépbirs aux éventails de gaze, Et les rayons couleur de rose et de topaze,
Combien doivent durer vos jeux?
Si le grand moissonneur demain liait ses gerbes, Et faisait sa récolte au royaume espagnol, Son talon foulerait le lis avec les herbes Qui, sans fruit pour le peuple, appauvrissent le sol.
i( ' décembre 18'<3.
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