‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 7 sur 56 · SUR 1.ES FORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

SUR 1.ES FORTIFICATIONS

■'un : Tant qu'on le pourra, làrirelle.

Guizot d'un doigt de Bourgogne L'autre jour se trouvant pris, Chantait : « La belle besogne! Bientôt nous tiendrons Paris.

Allons, ma Chambre si docile, Vote armes, fonds cl cœtera.

On t'entourera, Enfermera, Enceindra, Grillera, Sois tranquille !

Crîra qui voudra, — soin futile !

Corbleu ! bougera qui pourra ! »

L'Angleterre nous moleste;

On fait grand bruit, grand fracas ;

Thiers, un drôle habile et leste

Dit : « Armons-nous, c'est le cas.

De peur que John Bull ne le croque Le bon Parisien paiera.

On l'épuisera,

Rançonnera,

Bernera,

Murera

Dans sa coque, dira qui voudra; je m'en moque !

Corbleu! bougera qui pourra!

Conlre les forts chacun lutte; Mais c'est là le plus pressé; D'ailleurs, toujours la culbute Se trouve au bout du fossé; Pressons donc chaque citadelle ; Maint républicain grognera ; Mais on s'en rira ; On confondra, Matera, Domptera Le rebelle.

Crira qui voudra ; bagatelle !

Corbleu ! bougera qui pourra

Nos terrassiers dans les plaines Mettent tout en désarroi ; Nous ravageons champs, domaines A la barbe de la loi.

Le villageois plaide et s'emporte; Mais malgré tout ce qu'il dira, On l'exproprîra, Molestera, Pillera, Jettera A la porte.

Crlra qui voudra ; peu m'importe!

Corbleu ' bougera qui pourra !

La presse qui toujours grouille, Quand nos canons seront prêts, Crèvera, triste grenouille, Faute d'eau dans son marais; Contre nous elle vocifère, Mais enfin notre tour viendra :

On empoignera, Bâillonnera, Jugera, Coffrera La mégère.

Crira qui voudra,— Paul ou Pierre !

Corbleu! bougera qui pourra!

Allons ! maçons qu'on se hâte !

Aux premiers évènemens Que la république tâte Do nos nouveaux ar^umens.

An moindre complot qu'elle trame Son dernier moment sonnera.

Chacun se ruera, S'acharnera, Bondira, Tirera

Sur l'infâme.

Crtra qui voudra, sur mon âme !

Corbleu ! bougera qui pourra ! »

22 septembre 18-15.

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&J& a&S©SÎ**2.

Ain de la Codaqui.

Comme faiseur de bons tours Notre système cumule, Mais son plus complet toujours Fut celui de la bascule; Voyez-le nous offrir tantôt Et Guizot et Thiers, et Tbiers et Guizot ;

L'un avance, l'autre recule, Et l'on sert ainsi les gens à souhait : Ça, Thiers vous déplaît?

Bien ! Guizot est prêt ; Un coup de bascule, et le tour est fait.

Vraiment, c'est plaisir de voir Quelle souplesse admirable' A s'élever comme à choir Met ce couple incomparable.

L'un des deux craint-il le holà, L'autre aussitôt dit : « Messieurs me voilà ! »

On s'exclame : « C'est adorable 1 » Du triple pouvoir l'accord est parfait ! » — Guizot vous déplait ?

Eh bien 1 Thiers est prêt; Un coup de bascule, et le tour est fait.

Dans le traite de juillet, Qu'il voulait trancher en maître, Thiers à tel point s'embrouillait Qu'il fallut l'envoyer paître.

Le pauvre diable pleurnicha; a J'aurais, criait-il, sauvé le pacha. »

On lui dit : « C'est nous compromettre » Allons, sus ! il faut faire son paquet ! » — Ça, Thiers vous déplaît?

Bien ! Guizot est prêt ; Un coup de bascule, et le tour est fait.

Devant nos bons ennemis.

Malgré sa mine si fière.

Certes, Thiers se fût soumis Aussi bien que son confrère; Mais on trouvait à l'étranger L'air du petit homme un peu trop léger.

— Soit t puisque l'Anglais le préfère.

Qu'un autre au pacha coupe le sifflet !

Ça, Thiers vous déplaît ?

Bien ! Guizot est prêt ; Un coup de bascule, et le tour est fait.

Les gauchistes décrier Quand vint la loi des bastilles :

a On veut nous mystifier » Comme de vrais Mascarilles? »> Voter un projet si mauvais !

Surtout quand Guizot l'apporte, jamais

— Messieurs, laissez là vos bisbilles Et votez avec votre foutriquet!

Guizot vous déplaît?

Eh bien! Thiers est prêt; Un coup de b3scule, elle tour est fait

Au sujet d'une union, Que la Belgique projette, Naguères sur l'horizon Thiers a relevé la tête ; Le pauvre homme arrivait trop lot ; Mais quand il faudra que maitre Guizol

Fasse à son tour la pirouette, On dira tout en signant son arrêt :

Guizot vous déplail, Eh hien ! Thiers est prêt ; I ii coup de hascule, et le tour est fait.

5 novembre 1812.

MAISON COBOTJE.G-

ET CCEIPAOriE,

Assortiment d Époux des deux sexes garantis.

Air de la Treille de sincérité

Altesses, Princes et princesses, Vous faut-il femmes ou maris?

Nous en livrons à juste prix, (bis.)

D^ crainte que son équilibre Ne fût rompu par les époux, L'Europe dit : a Chacun est libre » De les choisir blonds, noirs ou roux, » Mais Cobourg les fournira tous »

Depuis ce jour faisant négoce D'épouseurs fort bien assortis, Nous sommes constamment en noce Aux dépens de tous les pays.

Altesses, etc.

On sait que chaque Cobourg brille Par ses qualités, ses vertus ; Nous avons tous dans la famille La bourse assez vide d'écus, Mais les membres forts et trapus.

Aucune race n'est plus belle.

Tous les états en sont contins; Nos fils n'ont pas grande cervelle, Mais ils n'en sont que mieux portons.

Altesses, etc.

De notre puissance magique

La date remonte aux trois jours ;

Un roi manquait à la Belgique,

L'Europe agissant sans détours

Dit : à Que l'on s'adresse aux Cobourgs. »

Léopold eut la préférence.

Puis bientôt par son union

Ce bon prince obtint... l'espérance

D'une ricbe dot d'un million.

Altesses, etc.

Le Portugal avait pour reine Maria, belle aux yeux ardens ; Un Beauharnais fut son étrenne ; A près maints efforts imprudens, Ce mari resta sur les dents.

La reine se lamente et pleure ; Mais prenant pitié de son sort, On lui donne un Cobourg sur l'beurc...

Corbleu ! cet époux n'est pas mort.

Altesses, etc.

Puis bientôt, ô comble de gloire !

Un des nôtres, gars des mieux fails, Enflamma la reine Victoire ; Il obtint l'emploi plein d'attraits De féconder le trône anglais.

Deux rejetons do ce grand prince Sont déjà venus à souhait; l/épouse, la cour, la province, loul le monde en est satisfait.

Altesses, etc.

Notre clientèle à la ronde S'étend et s'accroît tous les jours; D'une belle princesse blonde, Fleur du parterre des Cobourgs, Nous dotons le duc de Nemours.

La sœur de ce prince réclame ; l>lle aura son Cobourg aussi...

Nous tenons prêt pour cette dame Un époux fort bien réussi.

Altesses, etc.

De nos sujets en tout royaume Nous espérous trouver l'emploi ; Nous éclipsons monsieur Willaume, Madame Saint-Marc, et, ma foi , La fameuse maison de Foi !

Filles, garçons que l'ennui gagne, Pour que l'on puisse vous servir.

F.crivcz vite en Allemagne, Au dépôt Cobourg... Affranchir!..

Allesses, Princes et princesses, Vous faut-il femmes ou maris?

Nous en livrons à jusle prix.

s&v a^aatï s>'aas>&<asïaa

Air des Trois Couleurs.

Duc, vous partez, le cœur blessé, l'œil sombre Et sur vos pas cavaliers, fantassins, Forêt de fer que rembrunit votre ombre. Vont seconder vos terribles desseins.

Ob 1 regardez! sous le marbre et le chaume , Duc, chaque voix vous implore en passant. Vous le savez, vous régent du royaume, La pauvre Espagne a trop versé de sang.

Depuis que Dieu brisa ses destinées, Le monde a vu le géant espagnol Sommeiller triste au pied des Pyrénées Comme un lépreux oublié sur le sol.

Vous, Monseigneur, qu'en des heures arriéres La guerre fit glorieux et puissant, Prenez pitié de vos malheureux frères ... La pauvre Espagne a versé trop de saiifi'

Les révoltés qu'un jugement farouche Livre, dit-on, au sabre du vainqueur, Avaient des mots de pardon dans la bouche Des sentimens <1<3 pitié 'lans le cœur

— îu —

Or— et c'est Dieu lui-même qui l'ordonne — Duc, désarmez un courroux menaçant, Et pardonnez à celui qui pardonne....

La pauvre Espagne a versé trop de sang.

De nobles fronts, secouant leurs ténèbres, Se sont dressés au milieu du combat; 0»erez-vous dans des langes funèbres Ensevelir aussitôt leur éclat?

Dans les périls que son ardeur affronte L'homme de cœur brave l'orgueil puissant ; Mais, Monseigneur, la clémence le dompte. .. La pauvre Espagne a versé trop de sang.

Dans les beaux soirs, quand la brise fredonne Et se marie aux chansons des marins, Les yeux en pleurs, la triste Barcelone Chanta souvent de douloureux refrains.

[]n jour, rongée au cœur par les ulcères, Elle a fouillé sa plaie en rugissant ; N'ajoutez pas à de telles misères....

La pauvre Espagne a versé trop de sang.

Là, dans ces murs pleins d'un sombre silence, Que vous couvez d'un œil étincelant; Sur ces remparts mornes où se balance, Prêt à tomber, votre sabre sanglant, Duc, des enfans, des femmes en prière, Tendent vers vous leurs bras en gémissant ; Oh ! par pitié, songez à votre mère!... La pauvre Espagne a versé trop de sang.

La paix laissait refleurir les campagnes; Zurbano vint sur les bords catalans; Et, comme un tigre accouru des montagnes, Il se rua sur les peuples tremblans.

Lasse à la fin de pillages, de crimes, Une cité s'éveille en bondissant; Duc, épargnez d'innocentes victimes....

La pauvre Espagne a versé trop de sang.

C'était trop peu des torches de la guerre, Et la cité, livrée à tant de maux.

Sentait encor l'ongle de l'Angleterre Qui de sa vie arrachait les lambeaux.

Elle opposa le fer à la famine ; A ses douleurs soyez compatissant ; Duc, vous aviez préparé sa ruine....

La pauvre Espagne a versé trop de sang.

Sur votre sol les âmes inquiètes Aiment toujours la grande déité ; Duc, le soleil luit ardent sur vos têtes, Et vos deux mers chantent la liberté.

Lorsque la voix d'une cité qui tombe Réveille un peuple en sa honte gisant, Que le canon ne creuse pas sa tombe ! La pauvre Espagne a versé trop de sang.

Peut-être à l'heure où ma plainle résonne, Duc, au milieu des bataillons ardens, Sur les remparts fumans de Barcelone Vrotre cheval bondit, l'écume aux dents. Malbeur! malheur! quand sur des tètes d'hommes, Duc, on étaie un pouvoir florissant!

On voit, la nuit, se dresser des fantômes... La pauvre Espagne a versé trop de sang.

9 décembre 1842.

.&A CftESlf^XXiHEOfflEACTiaB.

Ain ilp l,i Treille de sincérité,

La savonnette

Est toute prête, Qui de vou9 se fait anoblir?

Demandez, faites- vou9 servir, [bis.)

Bourgeois que la roture blesse,

A qui vos pères, gens obtus,

N'ont laissé pour toute noblesse

Que leur enseigne et leurs écus ; [bis.)

Ne craignez pa*, sous ce beau règne,

D'étaler un front saugrenu;

Maître Martin (1) d'un coup de peigne

Décrasse le premier venu.

La savonnette, etc.

Qu'importe qu'on plaisante ou rie!

Vous aurez voire tour demain : Vite allez en chancellerie Retirer votre parchemin;

l Martin du Nord, garde-des-seeauj

Lorsque devant la majuscule D'un nom qui prèle aux traits malins Se dressera la particule, Vous ferez taire les vilains

La savonnette, elc.

Pourquoi, comme un bon gentilhomme, Sur un écu lambrequiné N'auriez-vous pas devise et heaume, Avec magasin donjonné?

Pourquoi, dédaignant la critique, Et placardant votre écusson, Au lieu du vil mot de boutique, Ne diriez-vous pas ma maison ?

La savonnette, elc.

Parbleu! sans se creuser la tôle On se forme un blason cossu ; Avec le premier front de bête On remplit le champ d'un écu.

Bêtes bêlantes ou beuglantes Sur l'émail sont de bon aloi; Faites-en des armes parlantes....

Elles ont leur prix, sur ma foi !

La savonnette, etc.

Messieurs, vos noms prêtent en foule A l'ornement d'un blason neuf:

Qu'un chapon soit porté par Poulie, Un veau par messire Lebœuf.

Pour devenir nobilissime, Que sur son écu fièrement Barbet grave son homonyme, Et Lavielle son instrument !

La savonnette, etc.

Fuin des métiers où l'on s'expose !

La guerre est un plaisir de fou ; Jadis, les gens risquaient, sans cause, De se fairo rompre le cou.

D'un courage si fanatique Plaignez nos pauvres vieux barons, C'est avec le briquet civique Que vous gagnez vos éperons.

La savonnette, etc.

L'antique noblesse succombe.

Vite endossez son boqueton, Et de sa couronne qui tombe Couvrez vos bonnets de coton !

Que tout bourgeois que l'on décrasse Jette aux nobles ces mots altiers :

« Je suis le premier de ma race, » Vous, vous en êtes les derniers! »

La savonnette

Est toute prête, Qui de vous se fait anoblir?

Demandez, faites-vous servir, (bit.)

20 aotil 1842.

TEMOIGNANT DANS i/eKTQÏJÊT*3

EN PRÉSENCE DU MJN1STRE (I).

Air: Un jour le bon Dieii s'éveillant.

Foin des témoignages menteurs !

Je m'en vais, dignes rapporteurs, Par une franchise complète Mener à bon port votre enquête; Monsieur Duchàtel, qui m'entend. De me9 aveux sera content.

La vérité, voilà sa seule affaire ...

Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire Croyez et buvez de l'eau claire.

Le ministère n'a qu'un but:

C'est notre honneur, notre salut.

i L'enquête ordonnée par la Chambre après les élections générales de 18.4-2.

Pour rembarrer Peel, qui nous lasse, La Chambre était un peu molasse, On l*a cassée ; il fallait bien Recourir à ce <lur moyen.

Guizot se met en quatre pour vous plairi Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire. Croyez et buvez de l'eau claire.

Lorsque l'ordonnance parut, Chacune Paris accourut.

Le ministre d'un air candide Nous dit : « Prenez la loi pour guide , » Appuyez, ce sont mes seuls vœux, » Des hommes purs et vertueux.

» Mon amitié sera votre salaire!.... »

Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire, Croyez et buvez de l'eau claire.

Anciens et futurs députés Nous suppliaient de tous côtés :

« A l'aide! criait chaque bouche, » Le sort de Guizot seul nous touche; » Du pied, du geste et de la voix » Nous soutiendrons toutes ses lois. »

Nous les avons chassés avec colère....

Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire, Croyez et buvez de l'eau claire.

Une cohorte de poltrons,

Gens qui souffrent tous les affronts,

Sont venus, flattant le Système,

Hurler: a Vive la paix quand même!

» Vive l'or ! le Juste-Milieu !

» FA la gloire du coin du feu ! »

Nous les avons au plus vite t'ait taire. .. Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire, Croyez et buvez de l'eau claire.

Promesses, faveurs et cadeaux.

Sont des moyens viN, des fléaux.

Nous avons, sans aucun mystère.

Déclaré que le ministère N'aurait de places et de croix Que pour les gens fermes et droits.

Sincérité vaut mieux que savoir-faire...

Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire Crovez et buvez de l'eau claire.

Quand sonna l'heure du scrutin, Chacun de nous, dès le matin.

Courut sur la place publique, El là, d'une voix pathétique, Dit : « Braves électeurs, votez » Pour la France et ses libertés!

» Que le droit seul vous guide et vous éclaire. Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire, Croyez et buvez de l'eau claire.

Partout, sur de honteux traités Le cri des champs et des cités S'élevait puissant, unanime; Quelle plainte plus légitime !

Le ministère, Dieu merci, En prenait un profond souci.

11 a rompu net avec l'Angleterre....

Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire, Croyez et buvez de l'eau claire.

.Messieurs, vous m'avez entendu ;

Je veux sur l'heure être pendu

Si le moindre fait illicite

l'eut entacher noire conduite.

Nous nous sommes montrés loyaux

Patriotes, impartiaux.

Ces vertus sont, celles du doctrinaire.... Oui, croyez cela, puis buvez de l'eau claire,

Croyez et buvez de l'eau claire.

25 février 1 843.

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