‹ Structure des circonvolutions cérébrales: (anatomie et physiologie)Chapitre 26 sur 84 · Revue des Se. méd.,t. X. 1877, p. W · texte numérisé non relu

Revue des Se. méd.,t. X. 1877, p. W

convolutioDs de la scissure de Rolando^ l'artère cérébrale postérieure pour les lobes occipitaux.

M. Cadiat a fait aux idées de M. Duret diverses objections \ et la plus sérieuse paraît être celle-ci : en poussant une injection, même peu pénétrante , dans une branche quelconque de l'hexagone artériel, on injecte un lobe tout entier. Il faut remarquer que M. Duret et M. Cadiat ne diffèrent pas absolument d'opinion, M. Duret ne niant pas les anastomoses, soit des artérioles de la pie-mère, soit des artérioles du cerveau. Mais, pour lui, ces artérioles n'ont pas plus d'un quart de millimètre, tandis que pour M. Cadiat et aussi pour M. Heubner, elles peuvent avoir un millimètre. 11 n'y a donc là qu'une question de degré, évidemment bien difficile à résoudre, car une injection artérielle distend toujours les capillaires.

En somme, pour M. Duret, les anastomoses sont peu importantes ; et pour M. Cadiat elles sont très-notables. On peut donc dire que la question n'est pas jugée ; le choix du procédé opératoire et de l'injection qu'on emploie jouant un rôle prépondérant. J'ajouterai cependant que la limitation exacte des infarctus et des embolies cérébrales prête un certain appui à la théorie de M. Duret.

Je ne dirai que quelques mots de la structure des artérioles du cerveau. On sait que M. Robin ^ a démontré que les capillaires du cerveau étaient entourés d'une gaîne lymphatique ^

' 1. BiUl de la Soc. de biol. 1876, p. 342.

2. Segond. Le Système capillaire. Paris, 1853. — Ch. Robin. BulL de la Soc. de biol. 1855, p. 142 et Joiirn. de la PhysioL 1859, p. 537.

3. Voyez pour la bibliographie complète Riedel : Die Periva^culàre Lymphràicme. Arch. fur mik. Anat.^i. XI, 1875.

Cette gaîne est parsemée de noyaux ovoïdes *: elle est épaisse de 0'""^,001 à 0™'",002, et entoure complètement le vaisseau ; de sorte qu*on voit deux tubes concentriques, dans lesquels se trouvent deux liquides différents *. Dans le tube interne sont les globules rouges . dans le tube externe sont les leucocytes. Toutefois il n'est pas encore bien prouvé que ces canaux soient vraiment lymphatiques, attendu qu'ils n'ont jamais été injectés, et qu'on n'a pas pu les suivre jusqu'à un ganglion.

Les anatomistes allemands se sont jetés à ce propos dans une multitude de conjectures (espaces périlymphatiques cellulaires, gaines périvagculaires cellulaires, etc.). Quelques histologistes ont même cru que c'étaient des altérations pathologiques (Kesteven ^). Mais, comme nous ne nous plaçons pas ici au point de vue de l'anatomie générale, il nous suffira de noter simplement l'existence d'une gaîne lymphatique aux capillaires sanguins, comme si le tissu cérébral était trop délicat pour supporter immédialement le contact du sang.

§ 8. — Dëveloppement des clrcoiiTolutloiiB.

Malgré le nombre considérable d'auteurs ayant écrit sur Tanatomie du système nerveux, le développement des circonvolutions, envisagé au point de vue, non de la morphologie, mais de la structure, a été traité par très-rpeu d'auteurs.

Jusqu'au troisième mois, comme Tiedemann ' l'avait

1. Voyez la figure qu'en a donnée M. Robin, loc. cni., pi. VI, fig. 3, p. 545.

Page 1