Cité par Ferrier, loc. ciL^ p
Fabrasion. Chez les singes, Télec Irisation de la première Yolution temporale est, dit Ferrier, suivie d'effets définis, à savoir Toreille du côté opposé s'abaisse ou se redresse soudain, les yeux sont grands ouverts, les pupilles dilatées, les yeux et la tête se dirigent du côté opposé.
En comparant ces phénomènes aux réactions qu'on observe sur un singe surpris par un bruit strident, ' M. Ferrier, les trouvant identiques, en a conclu qu'ils étaient produits par la même cause, c'est-à-dire par une sensation auditive subjective. Cette sensation étant provoquée, dans un cas, par l'excitation des organes de l'ouïe, dans l'autre cas, par l'excitation du centre sensoriel.
Les phénomènes du mouvement seraient dus à l'excitation des centres moteurs de l'oreille, excitation suivant dans Técorce grise un trajet compliqué, et allant ensuite se transmettre aux muscles, eu passant par la zone motrice corticale, les corps optostriés, le bulbe, etc. Ainsi ces mouvements de l'oreille seraient d'origine réflexe.
En abrasant la première circonvolution temporale, on semble rendre l'animal sourd. L'expérience est difficile à faire, car il faut beaucoup d'attention pour reconnaître la surdité chez les animaux.Toutefois M. Ferrier regarde ses expériences comme décisives, ce Les réactions auditives, dit-il, provoquées par l'excitation électrique, et l'absence de réaction contre les formes accoutumées d'excitations auditives, quand les premières temporales sont détruites, équivalent à une' démonstration positive de la localisation du centre auditif dans cette région. »
Enfin, je dirai que, d'après les expériences deM. Munck, les sensations auditives sont localisées dans les lobes temporaux. Ce même observateur a vu, après la des-
truction d'un de ces lobes, s'opérer le retour graduel des perceptions auditives. Il y a donc, comme pour la vision, suppléance par l'hémisphère du côté opposé.
Tact. — La 1 ocalisation du sens du tact offre plus de difficulté que toutes les autres, non-seulement à cause de l'incertitude où l'on est toujours quand on veut savoir si un animal sent ou ne sent pas, mais encore parce que l'analyse de la sensation tactile n'a pas encore été faite d'une manière suffisante, et qu'il est presque impossible de distinguer la sensibilité tactile de la sensibilité réflexe, et de la sensibilité à la douleur.
Pour M. Ferrier, le siège du tact serait dans le lobe de l'hippocampe. L'expérience sur laquelle il s'appuie pour supposer cette localisation ne me paraît rien moins que concluante, et je ne la rapporterai pas ici. Il me semble qu'il y avait chez le singe opéré par lui, un certain degré d'anesthésie du côté opposé, ce qui tient, comme nous le verrons tout à l'heure, aux lésions des parties blanches sous-jacentes.
Odorat et goût. — Les expériences de M. Ferrier semblent montrer que les sensations olfactives viennent converger en une région définie de l'écorce cérébrale, c'està-dire dans la corne d'Ammon. D'ailleurs cette localisation est en rapport avec l'anatomie comparée qui montre le lien qui unit le subiculum de la corne d'Ammon aux lobes olfactifs.
En excitant la corne d'Ammon chez des singes, M. Ferrier a obtenu des mouvements dans la narine du côté opposé, ce qui peut être l'indication d'une sensation olfactive subjective.
Chez des singes à qui la corne d'Ammon avait été enlevée, les objets les plus désagréables ne provoquaient plus de répulsion, soit au goût, soit à l'odorat. En bou-
démontré ce fait, à savoir que rhémianesthésie survient, toutes les fois qu'il y a lésion de la partie postérieure de la capsule interne, c'est-à-dire de cette bande de substance blanche qui sépare la couche optique du noyau lenticulaire du corps strié.
L'hémianesthésie est due à une lésion de la capsule interne : par conséquent les faisceaux seusitifs allant conduire les impressions de la périphérie au sensorium commune passent par la capsule interne.
Si on place le sensorium commune dans la couche corticale du cerveau, on expliquera très-bien les phénomènes par rinterruption simple de la conduction. Mais si Ton place le sensorium dans la protubérance, il faut admettre que les fibres sensitives allant aux lobes occipitaux s'y réfléchissent, et reviennent par la même voie dans la protubérance. En effet, chez Thomme, on ne peut pas admettre que le retour se fasse par la zone motrice, attendu que les lésions des parties moyennes ou antérieures de la couronne rayonnante n'atteignent ni la vision, ni l'ouïe, ni la sensibilité. Peut-être aussi pourrait-on penser que le sensorium commune n'existe pas, et que, si la sensibilité générale siège dans les centres cérébraux ganglionnaires, la sensibilité visuelle siège dans les lobes occipitaux. Peut-être enfin pourrait-on supposer que dans le cerveau du chien, si difl*érent du. cerveau de l'homme, la voie des impressions sensitives n'est pas la même.
On comprendra que je n'insiste pas sur ces hypothèses, non plus que sur les phénomènes si intéressants des hém ia Litihc'nii sensorielles
1. Voy. les leçons de M. Charcot, /.ef. sur les localisations ^ 1876, p. 80 et suiv.
§ 3. FonctionA intellee^uelleA de« clrconTOlutioiAA.
Je ne crois pas que Ion puisse aujourd'hui traiter convenablement cette question : la solution en est probablement réservée au siècle qui nous suivra, et qui, profitant des recherches du siècle précédent, saura y ajouter les siennes pour établir sur des bases solides les lois de la psycho -physiologie.
Cependant, en mettant à profit les données de Tembryologie, de Tanatomie comparée, de la pathologie, et de la physiologie expérimentale, on peut jusqu'à un certain point établir un rapport entre les phénomènes intellectuels et les circonvolutions.
L'anatomie comparée nous montre que l'activité intellectuelle des mammifères est d'autant plus grande que leurs circonvolutions sont plus développées.
Ainsi l'homme a les circonvolutions très-nombreuses et très-riches.
Après lui, et à une très- grande distance, viennent d'abord les singes anthropoïdes, puis les autres singes, puis l'éléphant *, puis les cétacés, les carnassiers, etc.
Les Rongeurs, dont l'iutelligence est très-médiocre, n'ont pas de circonvolutions : elles sont à peine indiquées.
M. Dareste a supposé que les circonvolutions n'existent que chez les animaux de grande taille * : cela n'est vrai qu'en partie : le castor, par exemple, n'a pas de circonvolutions, tandis que le ouistiti en a beaucoup ; mais aussi quelle différence entre l'intelligence de Tun et l'instinct de l'autre?