Ann, de se. nai., 1865, t. III, p
Ainsi, par le fait de ce rapport, nous pouvons supposer que rintelligence est une fonction des circonvolutions. Il faut ajouter que, des Rongeurs à l'homme, non -seulement les circonvolutions augmentent en nombre et en étendue, mais aussi le cerveau augmente en poids. Si Ton établit un rapport entre le poids du cerveau et le poids de la taille, on verra que, chez l'homme, ce rapport est de 45 à 47 environ, autrement dit, le corps de Thomme pèse 45 ou 47 fois plus que son cerveau. Pour le cheval, le rapport est de 1 à 400 ; pour Téléphant, de 1 à 500 ; pour le bœuf, de 1 à 800(Leuret).
L'étude des circonvolutions selon les âges et les races de Fhomme conduit à des conclusions analogues. Le poids du cerveau et la richesse des circonvolutions ngmentent avec Tintelligence.
Pour ce qui est du poids du cerveau, voici quelques chiffres d'après M. Dawis * :
21 Anglais 1 425 gr.
25 Chinois 1 357 »
5 Esquimaux 1 396 »
9 Nègres 1 322 »
17 Australiens l 197 »
D'autres résultats très-concordants ont été notés par différents auteurs, et Ton peut regarder comme certain que, dans la race blanche, le poids du cerveau, soit absolu, soit relatif au corps, est plus considérable que dans les autres races.
Il y a en même temps des différences dans la forme des circonvolutions.
1. Cité par M. Pozzi, Revi^ critique sur le poids du cerveau; Revue danthropoL, 1878, p. 277. Je renvoie à cet article pour les détails bibliographiques, et autres, dans lesquels je ne puis entrer.
Pour [jrendrc des éléments comparables, il faut com-j parer les circonvolutions des anthropoïdes, des races» humaines inférieures, des fœtus, des idiots et des raceaj supérieures.
Chez les singes, m^me les plus élevés, chez le gorille,] par exemple, les circonvolutions sont, relativement àl celles de l'homme, extrêmement peu développées *. Cependant les deux cerveaux sont constitués absolument sur le même type : et, de tous les animaux, ce sont leSJ anthropoides qui ont les plus belles circonvolutions.
Cela peut se dire aussi du cerveau du Charmas qud
Fig. 20. — Cervai.u de Charruas ailulte, d'après Leuret.
est presque simien. On peut voir sur cette figure, empruntée à Leuret, combien les circonvolutions sont sim-] pies, élémentaires, à la région pariéto-temporale sur-J tout, au point où la scissure parallèle vient s'enfoncer!
1 . Voj. la pi. II, flg. 2 (lu mémoire de M. Broca — Sur le cerveau du g nlle — RevTtc d'mitkropol., 1878, p. I.
dans le lobe pariétal. La circonvoUitioa temporale qui se porte en haut pour former la circonvolution du pli courbe est d'une simplicité extrême, sans plis de passage, et si on compare ce cerveau à un cerveau d'Européen, on sera frappé de la différence entre la complexité de l'un et la simplicité de l'autre '.
Ce qu'il faut remarquer, c'est que chez quelques Européens, faibles d'intelligence, chez les imbéciles, chez certains criminels, il y a la même conformation extérieure, la même simplicité des circonvolutions. On peut voir sur cette figure du cerveau de Fieschi,
;. 21. — Cerveau da Fies:!if, d'après Leiir
empruntée à Leuret, que la simplicité du lobe temporal est extrême. Les sillons qui séparent les trois circnn-
1. Voyez, par exemple, la figura "liû du TfaiU (fanal, do M. Sappey,
volutions de ce lobe soot droits , parallèles, sans flexuosités. C'est encore jusqu'à un certain point le type simien.
On pourra comparer encore à ces formes l'excellente figure que donne M. Pozzi du cerveau de Marie Martel, imbécile \ Les circonvolutions pariétales postérieures et temporales sont d'une extrême simplicité. On voit aussi sur ce cerveau que les circonvolutions frontales sont droites, simples, étroites, et que la pauvreté des replis est générale, également accusée dans tous les lobes, toutes les circonvolutions.
Il est intéressant de comparer à ces cerveaux primitifs, des cerveaux de fœtus ou d'enfants nouveau-nés chez qui l'intelligence n'existe pas. Alors les circonvolutions secondaires ne sont pas encore formées. Ce n'est qu'après la naissance, presqu'à la puberté, que l'organe est tout à fait développé en même temps que la fonction *.
Si on ajoute à ces données la ressemblance étonnante de quelques cerveaux de microcéphales aux cerveaux des singes', on pourra vraisemblablement en conclure que l'intelligence et la richesse des circonvolutions, peut-être même des circonvolutions pariétales postérieures et occipitales, sont dans un rapport étroit avec l'intelligence. Il est fort possible aussi que la région frontale des circonvolutions soit d'autant plus développée que l'intelligence est plus considérable. Il paraît même que le tra-
1. Article Circonvolutions du Dict. encyclop.^ fig. 6, 7 et 8, pp. 352, 354, 355.
2. Voy. la fîg. 21 d'Ecker, dans l'article de M. Pozzi, loc, ciL, p. 384. Voy. aussi Luys. BulL de la Soc, de Biolog. 1876, p. 230, Cerveau d'une imbécile; Lebon, Comptes rendus de VAcad. des sciences, 1878, 8 juillet.