Une bonne planche est annexée au mémoire de Wajor
2. Voy. Sappey, Anat. descriptive, t. III, p. 105, et ligures 457, 458,
tance blanche devient de plus en plus mince et affecte finalement la forme d'une mince lamelle résistante, paroi du ventricule latéral, qui est la partie superficielle de la corne d'Ammon. Cette lamelle est l'alveus des anatomistes (B). En allant toujours d'avant en arrière, on verra que, du côté interne de ce repli, notre lamelle cérébrale va en s'amincissant, en sorte que, tout à fait en arrière, elle est réduite uniquement à une mince couche de substance blanche, couche qui, parles progrès de l'amincissement, finit par devenir tout à fait libre du côté interne dans le ventricule latéral, et constituer le ruban que les auteurs ont appelé le corps bordant.
Ainsi, le lobule de l'hippocampe est d'abord formé par le reploiement de la substance grise, et un vaisseau plus ou moins volumineux est à sa base, émettant des ramuscules qui pénètrent entre les deux lames grises de l'axe circonvolutionnaire ainsi formé. L'existence de ces ramuscules sur des cerveaux de vieillards favorise beaucoup l'observateur.
En suivant ces deux lames, on voit que sur le côté périphérique, devenu central, de l'une d'elles, apparaît une très-légère couche de substance blanche née sur place dans la substance grise elle-même (S). C'est le subiculum décrit par beaucoup d'auteurs1.
Cette lamelle blanche n'est pas une dépendance de la substance blanche médullaire du cerveau, mais une dépendance de l'écorce grise cérébrale dans laquelle elle prend naissance.
1. On le voit très-bien dans la figure schématique donnée par M. Mathias Duval, article Nerfs du Dict. de méd. et de chir. pratiques, p. 474, ftg. 72.— Voy. aussi, dans le Traité d'anat. de M. Sappey, la figure 459, 2. — Lamelle blanche qui sépare le corps godronné de la circonvolution de l'hippocampe.
Ainsi constitué, le lobule de l'hippocampe serait relativement simple; mais une nouvelle complication vient en rendre la description assez délicate. En effet, cette lamelle grise, entourée par l'alveus du côté interne ou ventriculaire, par le subiculum du côté externe ou périphérique, se reploie sur elle-même en formant un crochet recourbé en forme de crosse d'évèque, qui fait quelquefois un tour complet à la manière de l'hélice d'un limaçon. Il semble que la lame grise accompagnée de ces deux lamelles blanches se reploie comme une lamelle élastique fortement tendue et fixée à un de ses bords. Dans l'épaisseur même de la lamelle grise apparaît une couche de substance blanche très-ténue, que l'on ne peut guère voir qu'à la loupe, et qui semble aller jusqu'à l'extrémité de la lamelle centrale.
Enfin, pour compléter cette description si difficile, nous dirons que la lame grise amincie semble à son extrémité se continuer directement avec cette bandelette rougeâtre, hérissée de petites saillies, qu'on a désignée sous le nom de corps godronné, et qui fait, avec la corne d'Ammon et le corps bordant, saillie dans la cavité latérale du quatrième ventricule. Pour Lélut, cité par M. Sappey, le subiculum contournerait le corps frangé, et irait se confondre avec l'alveus *.
Tous ces détails sont assez difficiles à comprendre, et je pense qu'on ne pourra les suivre qu'en examinant en même temps la planche placée à la fin de ce travail 2.
1. Cette particularité, figurée par M. Sappey (fig. 459, 1, 2), n'a pas été figurée par M. Malhias Duval.
2. Parmi les atlas que j'ai pu consulter à ce sujet (Tiedeman, Foville, Hirschfeld, Leuret et Gratiolet, Gall et Spurzheim, etc.) il n'y a de planches exactes sur la corne d'Ammon que dans les livres cités plus haut : Sappey, Anat. descript., t. III, et Mathias Duval, art. Nerfs, p. 47'». J'ajouterai: Wumtt : Physiologischc Psychologie, p. 82, fig. 34.
Lorsque la description anatomique est si obscure, les détails de structure intime sont toujours bien difficiles à déterminer. C'est à Meynert seulement que nous devons des indications sur la structure de la circonvolution de l'hippocampe, et ces indications sont assez peu satisfaisantes.
Dans la corne d'Aramon existeraient seulement de grandes cellules pyramidales, et la seconde couche ferait défaut. Enfin, il y aurait absence de cellules fusiformes (couche claustrale). Autrement dit, la couche ammonique serait très-développée et existerait seule.
En supposant la corne d'Ammon dépliée, on trouverait surunecoupe: l°le stibiculum avec de très-petites cellules nerveuses (homologue de la couche limitante externe) ; 2° le stralum lacunosum, avec un réseau de prolongements pyramidaux (homologue de la couche pyramidale), mais où manquent les cellules pyramidales; 3° le stratum radiatum (homologue de la couche amraonique, partie supérieure) ; 4° les pyramides (homologue aussi de la couche ammonique, partie inférieure) ; 5° Yalvcus (homologue du système de projection du manteau) '.
Bulbe olfactif. — A ces variétés de circonvolutions, il convient d'en ajouter une autre, de forme toute spéciale, si spéciale qu'au premier abord on la confond avec un nerf, je veux parler du bulbe olfactif. Le bulbe olfac-
Les planches qu'en donne M. Luys, Recherches sur le système nerveux, 1865, atlas, pi. XXI, fig. 1, 2, 3, k, 5, 6, ne sont peut-être pas très-claires. En revanche, dans son atlas photographique, les coupes transversales montrent avec une netteté et une exactitude remarquables (pi. I à XI) la structure du lobule de l'hippocampe. — Je regrette de n'avoir pu consulter le travail de Kupfler, cité avec éloges par Frey : De structura cornu Ammonis Dorpat, 1859. — Au point de vue microscopique, il y a une bonne figure dans Meynert (toc. cit. fig. 236).
1. On ne comprendra ces détails qu'en suivant le Schéma de Meynert, fig. 237, loc. cit.
tif, à vrai dire, est aussi loin d'une circonvolution que d'un tronc nerveux : c'est un organe à part, une sorte de type aberrant qu'on peut cependant, grâce à des études comparatives, ramener par le fait de la morphologie et de l'embryologie au type général de l'écorce grise périphérique \ M. Luys l'a comparé avec raison à la rétine.
Sur les embryons, le bulbe olfactif est un organe creux, une vésicule olfactive, comme il y a une vésicule rétinienne et une vésicule auditive. Cette vésicule persiste chez certains animaux adultes, en sorte qu'il y a alors un ventricule olfactif, cavité qui serait tapissée de cellules vibratiles dont la base serait en rapport avec les noyaux sous-jacents (myélocytes) \ Quant à la racine blanche du nerf olfactif, on doit la considérer comme une commissure de substance blanche.
Quoi qu'il en soit, sur l'homme ce ventricule n'existe pas. Quant aux autres parties qui constituent le bulbe olfactif, elles ont été jusqu'ici assez mal étudiées et paraissent mal connues, quoique quelques travaux aient été entrepris sur ce sujet \
La couche externe semble formée par une substance blanchâtre contenant les fibres nerveuses pâles, sans myéline, qui s'entrecroisent en forme de réseau. Audessous de cette couche est une zone de substance grise qui contient des cellules multipolaires, volumineuses,
1. M. Broca range les mammifères en deux types, selon qu'ils ont un bulbe olfactif volumineux : le cheval et le chien, par exemple, osmatiques; ou très-atrophié (l'homme et le singe) anosmatiques. — Voyez Revue d'anthropologie, 1878, p. 392 et suivantes: Le lobe olfactif et lesensde l'odorat.
2. Owjamniskow, Milliers Archiv, 1860, p. 5k. — Walter, Wirchow's Archiv, XXII, p. 2U.— Voyez aussi la figure qu'en donne M. Broca chez le cheval, loc. cit., fig. 3.
3. L. Clarke, Zeitschrift fur luiss. Zool., XI, p. 31. — M. Schultze, cite par Kblliker, Eléments d'histol., p. 961.— Golgi, Ricercke sulla fini étruttura ilci bulbi olfactorii, Reggio, 1875. — Meynert, loc. cit., t. X, p. 102.
et d'autres corps spéciaux globulaires, décrits d'abord par Leydig sur des poissons, puis par Scbultze, Golgi et d'autres auteurs, sous le nom de glomeruli ', ils ne paraissent être qu'un amas de cellules ganglionnaires * (Schùltze, Kolliker). On peut la nommer avec Meynert stratum glomerulosum. On a donc une deuxième coucbe qui comprend superficiellement les glomérules, et profondément les grosses cellules nerveuses, analogues aux cellules de Purkinje du cervelet. Entre ces deux rangées de cellules se trouvent des cylindres-axes établissant probablement des anastomoses de l'une à l'autre. En outre, ces cellules émettent des prolongements qui vont se mettre en rapport aussi bien avec la coucbe profonde qu'avec la coucbe superficielle, lesquelles sont toutes deux essentiellement constituées par les faisceaux du nerf olfactif. Dans la coucbe profonde existent aussi des cellules pyramidales, avec prolongements qu'on pourrait suivre jusqu'aux cellules nerveuses et aux glomérules de la coucbe moyenne.
Rien n'est donc moins élucidé que la structure du bulbe olfactif (circonvolution olfactive, et, mieux eucore, lobe olfactif). Aussi de nouvelles recherches seraientelles bien nécessaires. Nous nous contenterons d'établir ces deux faits, qui sont à peu près les seuls faits positifs de cette partie obscure de la structure cérébrale : 1° Les fibrilles nerveuses olfactives se divisent et s'anastomosent en réseau; 2° elles sont en rapport avec des cellules nerveuses et des cellules spéciales
1. C'est ce que MM. Pouchet et Tourneux appellent amas de substance grise sphérique (loc. cit., p. 587).
2. Voyez Meynert, fig. 240. On voit des vaisseaux qui se rendent dans le glomérule.
localisées dans la seconde couche du bulbe olfactif (CUomeruli de Golgi) '.
; 6. Structure de la substance grise tles circonvolutions chez les mammifères.
Là encore les détails sont bien peu nombreux, et on ne peut guère trouver de renseignements que dans les écrits de Meynert2, Major3 et Lewis ''.
Entre les divers animaux il existe des différences assez considérables ; cependant les couches précédemment énoncées existent toujours, assez bien limitées, comme le montrent les planches de Lewis, sur le chat et le mouton ■', les seules peut-être qu'on ait données sur les circonvolutions des mammifères. Sur une photographie (inédite) de M. Luys, et représentant les circonvolutions du porc, on voit que la couche limitante externe, celle qui est pauvre en cellules, et peut-être de nature conjonctive, est très-épaisse, et que les couches à cellules nerveuses proprement dites n'occupent que les deux tiers de l'écorce grise : on voit aussi que la couche claustrale est très-épaissie.
En somme, il y a peu d'intérêt à constater que telle ou
1. Je citerai encore parmi les différents travaux entrepris sur la structure de l'écorce grise, les recherches de M. Major, intéressantes surtoutau point de vue de l'anatomie pathologique, On the minute structure of the cortical substance of the Brain. — West Riding Lunatic Asylum, Reports 1872, p. 41, et divers articles publiés soit dans ce recueil, soit dans The Lancet (21 juillet 1877). Il faut noter aussi le travail de Lubimoff, Arch. de physiol., 1874, nov.-déc.