‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 31 sur 86 · GO · texte numérisé non relu

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ou l'autre de ces êtres ; mais l'esseuce de la fonction restera identique, comme elle est identique pour le sang, la moelle épinière, les nerfs et le cœur.

Si nous constatons que l'écorce grise est motrice et sensible chez le chien, cela nous suffira pour affirmer qu'elle est motrice et sensible chez l'homme.

On peut poser la question d'une manière plus nette encore. Nous constatons dans le gyrus sigmoïde l'existence d'un centre moteur pour le membre antérieur chez le chien, cela nous permet d'affirmer qu'il en existe un chez l'homme. Mais oserions-nous dire que ce centre moteur chez l'homme est près de la scissure de Rolando, et que la frontale ascendante répond au gyrus sigmoïde? Oserions-nous affirmer qu'il existe pour le membre antérieur un centre moteur, et non pas deux, ou trois, ou quatre? Ce serait dépasser les domaines d'une induction légitime. Du fait qu'il y a des centres moteurs chez le cbien , nous pouvons conclure qu'il y a des centres moteurs chez l'homme ; du fait que l'intelligence du chien est dans les circonvolutions, nous pouvons conclure que l'intelligence de l'homme est dans les circonvolutions. Mais nous ne pouvons aller au delà.

Aussi les applications à la physiologie humaine seraientelles assez promptement restreintes, si nous n'avions une autre source précieuse de connaissances, c'està-dire l'anatomie et la physiologie pathologiques.

La pathologie et la physiologie ne se combattent pas : ce sont deux branches d'une même science, la biologie, et elles doivent s'éclairer mutuellement. Quoique les médecins soient trop souvent ingrats envers les physiologistes, lesphysiologïstesne doivent pas être ingrats envers les médecins ni dédaigner ces documents innombrables, épars dans les recueils médicaux, au sujet de la foi;c-

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tion des circonvolutions cérébrales. Une bonne observation fait foi autant qu'une bonne expérience, et nous sommes résolus à profiter largement des précieuses données que fournit l'anatomie pathologique à l'étude de l'écorce grise du cerveau.

D'ailleurs il est certain que, pour l'étude des circonvolutions cérébrales, les deux sciences ont des avantages et des inconvénients différents. Les deux avantages de la physiologie sont les suivants :

1° L'expérience peut être répétée autant de fois qu'on le désire ;

2° On peut déterminer les conditions de l'expérience, ce qui revient à déterminer le phénomène.

Les avantages de la pathologie sont aussi très-considérables.

1° Les lésions sont sur l'homme dont l'encéphale diffère beaucoup de l'encéphale des animaux;

2° Les lésions sont toujours mieux limitées que dans une expérience physiologique ;

3° Les symptômes sont étudiés pendant beaucoup plus longtemps (et probablement avec plus de soin);

4° Le malade peut rendre compte des sensations qu'il éprouve.

Ainsi nous pensons que le physiologiste doit profiter des résultats de la pathologie, et, dans toute cette étude physiologique, nous tiendrons grand compte des observations médicales faites sur l'homme.

Les anciens auteurs, et Galion' en particulier, n'avaient que des notions bien insuffisantes. Galien appelle l'écorce grise du cerveau épencrauis (èuéyxpavi;) , d'après

1. De usu partium, VIII, 13. Édil. de Daremberg, 1. I. p. 563.

Érasistrate, et les replis du cerveau èXtxEç. Il paraît qu'Érasistrate regardait l'épencrâne de l'homme comme plus complexe que celui des animaux, parce que ces derniers n'ont pas une intelligence comme l'homme. A cela Galien oppose un argument de bien mince valeur. «Les ânes, dit-il, ont un encéphale très-compliqué, tandis que leur caractère imbécile exigerait un encéphale tout à fait simple et sans variété». Quoi qu'il soit de cette idée étrange sur l'imbécillité des ânes et la complexité de leurs circonvolutions, ou voit que déjà, dans l'antiquité, on regardait le cerveau et même l'écorce cérébrale comme le siège de l'intelligence. Galien ajoute à ce que nous venons de citer cette phrase bien curieuse, qui montre la sagacité et la prudence admirables de cet homme de génie. « Se garder de parler de la substance de l'âme quand on explique la structure du corps qui le renferme est chose impossible, mais, si cela est impossible, il est possible aussi de se détourner promptement d'un sujet sur lequel on ne doit pas insister. » C'est ce programme que nous tâcherons de suivre.

Galien avait constaté aussi que le cerveau est insensible1. Ce fait important a été constaté depuis par d'autres auteurs, et il semble aujourd'hui bien avéré.

De Galien au commencement de ce siècle, c'est à peine si l'on peut citer quelques faits épars.

Les chirurgiens des xvne et xvme siècles pensaient que l'écorce du cerveau étant lésée, il peut se produire des paralysies, et ils avaient recours au trépan pour y remédier; mais leurs opinions sont fort confuses. La commotion et surtout la compression jouent le principal rôle dans leurs théories. Il faut remarquer

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