‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 36 sur 86 · CA · texte numérisé non relu

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Les célèbres recherches de Fritsch et Hitzig1 vinrent mettre un terme à ces hésitations et établir le pouvoir moteur de l'écorce du cerveau.

Quel que soit l'intérêt des recherches postérieures, il faut reconnaître que le premier travail de Fritsch et Hitzig renferme tout ce qu'il y a d'essentiel sur la question2. En effet ces deux savants ont montré:

1° Qu'il y a dans le cerveau des parties motrices (excitables par l'électricité) et d'autres qui ne le sont pas (p. 311).

2° Que les points où l'on détermine l'excitation de tel ou tel groupe musculaire sont limités très-exactement à une petite portion de la surface cérébrale (p. 311).

3° Que par des courants induits et des courants de pile on arrive au même résultat, plus régulier avec des courants de pile (p. 316).

4° Que l'extirpation avec le scalpel d'une région cérébrale localisée détermine des paralysies3 (p. 328).

1. Ueber die Electrischc Erregbarkcit des Grosshirns. Arch. fùrAnut., 1870, 28 avril, p. 300-332.

2. On pourra lire avec intérêt la polémique acerbe de M. Hitzig à l'égard de MM. Carville et Duret, Gaz. mcd.1875, 6 février, et Arch. fur Anal., etc., 1875, p. 428 et suiv. Mais M. Hitzig a défendu une cause qui n'était pas attaquée.

3. Quelques remarques plus ou moins précises ne constituent pas des titres à la priorité d'une découverte. Une observation isolée de Griesinger (voy. Bernhardt, Arch. fur Psychiatrie, IV, p. 480), une remarque d'Eckard (Experimcnt. physiol. des Nervensystems , Giessen , 1867, p. 157) ne sont pas des titres suffisants. A ce compte il faudrait aussi citer M. Broca, qui disait en 1861 (Bull.de la Soc. d'anthropoL, p. 318) : « Les circonvolutions postérieures diffèrent très-notablement des circonvolutions antérieures et moyennes. Le principe des localisations cérébrales est établi à la fois par la physiologie, par la pathologie qui montrent l'indépendance des fonctions, et par l'anatomie, qui montre la diversité des organes. » Il ne faut pas oublier non plus les travaux persévérants de M. Hughlings Jackson. Mais cela n'enlève pas ;i MM. Fritsch et Hitzig tous les droits d'une incontestable priorité.

On sait que cette question des fonctions motrices des circonvolutions a été traitée par un grand nombre d'auteurs. Parmi tous les nouveaux faits démontrés par les physiologistes, il y en a quatre d'assez grande importance.

A. Il n'y a pas de centres moteurs chez les nouveaux-nés (Soltmann).

B. En sectionnant la couche blanche sous-jacente, on a les mêmes effets qu'en excitant la substance grise placée au-dessus (Dupuy, Carville et Duret).

C. Les centres moteurs des membres sont aussi vasomoteurs, excito-sécréteurs (Bochefontaine et Lépine) et sensibles (Vulpian).

D. Il y a des centres sensitifs dans les circonvolutions occipitales (Ferrier).

Au point de vue médical, les recherches de M. Charcot et de ses élèves ont établi, sur des bases très-solides, la théorie des localisations ; de sorte que la médecine a apporté à la physiologie une preuve peutêtre nécessaire pour faire admettre l'existence des centres moteurs.

Nous étudierons maintenant la physiologie des cir> convolutions. Cette étude comprend deux termes : d'une part, les propriétés de l'écorce grise ; d'autre part, ses fonctions. En effet, dans la physiologie des organes, il faut distinguer toujours l'organe à l'état de repos' et l'organe à l'état d'activité : ce qu'on pourrait appeler sa statique et sa dynamique.

Pour suivre cette division, nous envisagerons d'abord l'excitabilité des circonvolutions, leur état électrique et leur nutrition. Dans le second chapitre, nous examinerons leur rôle et leur fonction dans l'économio

pour la motricité, pour la sensibilité et pour l'intelligence.

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