‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 47 sur 86 · Archives de physiol., t. III, 1870, pp. 1, 198 et kbl · texte numérisé non relu

Archives de physiol., t. III, 1870, pp. 1, 198 et kbl

2. Brit. med. Journal, 28 août 1875, p. 278. C'est par erreur qu'on a traduit dans la Revue des Se. rnéd. le passage de Caton, comme si Ferrier avait fait des expériences sur ce sujet.

3. Lombard, Expériences sur l'influence du travail sur la température de la tête, analyse dans les Arch. de physiol., 1868, t. I, p. 670. — Broca, Congrès de 1877. — Voisin, Leçons sur les maladies mentales. France médie., 10 juillet 1878. En cours de publication.

généralement du côté gauche (Broca). Il est probable que cette différence dans la température extérieure répond à une différence dans la température des parties profondes des hémisphères.

On pourrait supposer que ces oscillations thermiques tiennent à un changement du rhythme cardiaque, ou à une différence dans la tension locale des vaisseaux sanguins. Schiff a repoussé la première opinion; mais a étémoins afûrmatif pour la seconde.

Quelle que soit l'hypothèse qu'on adopte sur la cause de ces phénomènes thermiques, le fait en lui-même est très-important et concorde avec ce que nous savons de l'activité chimique de l'encéphale. Des expériences déjà anciennes f ont montré que l'activité cérébrale augmentait la production d'acide carbonique, d'urée, et probablement aussi de cholestérine. Par conséquent, l'excitation nerveuse qui met en activité les cellules cérébrales augmente la chaleur et augmente aussi les combustions chimiques.

Il y a un troisième phénomène corrélatif aux phénomènes chimiques, c'est la variation de l'état électrique du cerveau. Cela a été vu par Caton, qui a décrit ces phénomènes dans une courte note. A l'état normal, il existe un courant électrique qui va de la surface grise du cerveau (positive) à la partie blanche, sectionnée, ou dans laquelle on a plongé l'aiguille d'un galvanomètre (négative). Aux points où Pélectrisation provoque des mouvements de la tète et du cou, Caton a vu que la surface grise du cerveau, positive dans le repos, devenait, par rapport à la section blanche, négative après les

1. Flint, Journal de VAnatofnie,t f, p. 565.— Byasson. thèse inaugurale, Paris.

excitations sensitives, en particulier après l'excitation de la rétine. Le courant change de sens, et il s'y développe une variation négative absolument comme dans le nerf qui est excité, et dans le muscle qui se contracte. Sur un chien chloralisé, j'ai répété cette expérience avecl'électromètre de Lippmann, qui donne des indications si précises, et je n'ai pu vérifier qu'en partie l'exactitude de ces faits. Il est certain que si l'on met un électrode à la surface des circonvolutions, et un autre à la partie profonde, on constate l'existence d'un certain pouvoir électro-moteur, plus faible que celui du muscle, plus considérable que celui de la peau et des tissus fibreux. Mais en excitant le sciatique, je n'ai pu constater aucune variation dans le sens du courant électro-moteur cérébral. Peut-être l'intoxication cbloralique a-t-elle empêché le phénomène de se produire. Quoi qu'il en soit, l'expérience reste à refaire, et il serait très-intéressant de suivre les variations électriques, thermiques et chimiques du cerveau, sous l'influence des excitants sensoriels ou sensitifs.

Quant à la théorie même de ces phénomènes, elle est trop complexe pour être discutée ici. La théorie de Dubois-Reymond, et de Pflûger est peut-être, à mon sens, moins satisfaisante que la théorie d'Hermann, qui explique les variations électriques par des combinaisons chimiques. Il est probable que l'état électrique est sous la dépendance des combustions chimiques exagérées qui répondent à l'activité nerveuse exagérée.

§ 3. De la circulation dans les circonvolutions.

Nous n'avons pas la prétention de traiter ici d'une manière complète la circulation cérébrale ; mais il con-

vient cependant d'en parler, en ce qui concerne les circonvolutions, pourvues d'un réseau artériel très-riche et très-contractile.

Cette circulation sanguine abondante est nécessaire à l'entretien de la vie de la substance nerveuse. Des expériences très-précises le démontrent. En liant les carotides et les vertébrales, on arrête plus ou moins complètement la circulation encéphalique1, et en même temps on fait cesser tous les phénomènes d'activité de l'encéphale.

En général la circulation est d'abord complètement abolie, mais, peu après, elle se rétablit, et l'on peut conserver vivants des lapins et surtout des chiens à qui les quatre artères qui irriguent l'encéphale ont été liées.

Un autre procédé plus certain a été employé par M. Vulpian pour supprimer l'abord du sang, non-seulement dans la moelle épinière, mais encore dans le cerveau ; ce procédé consiste à injecter dans les artères de l'eau contenant en suspension une poudre pulvérulente de la poudre de lycopode par exemple, qui va obstruer les petites artères de l'encéphale2.

Dans ces conditions, la sensibilité et la motricité volontaire disparaissent avec une rapidité surprenante et l'animal demeure inerte, le bulbe ayant seul conservé ses fonctions.

Sur la moelle, M. Vulpian a constaté que la substance grise était seule paralysée, la substance blanche ayant conservé sa conductibilité normale.

S'appuyant sur ces données fondamentales, M. Couty

1. Je renvoie pour l'historique de la question au travail de M. Couty, Influence de l'encéphale sur les muscles de la vie organique. — Arch. de phjsiol., 1876, p. 673.

Page 1