‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 48 sur 86 · Leçons sur V appareil vaso-moteur, t. II, 1875, p · texte numérisé non relu

Leçons sur V appareil vaso-moteur, t. II, 1875, p

a étudié les effets de l'anémie cérébrale par obstruction artérielle, et il a d'abord constaté que cette anémie n'a aucune action sur les vaisseaux périphériques; or l'excitation galvanique de l'écorce cérébrale agit sur les vaisseaux périphériques. Par conséquent l'excitation galvanique est un phénomène agissant autrement qu'une simple constriction artérielle.

Cela mérite d'être noté, car, pour certains auteurs, et en particulier pour M. Brown-Séquard, sans qu'il ait précisé nettement son opinion sur ce sujet, l'effet de l'excitation électrique tient uniquement à une constriction des vaisseaux. Il n'est pas probable qu'aujourd'hui il adopte encore cette opinion, pour ce qui concerne l'excitation galvanique de l'écorce cérébrale.

En effet, en examinant avec soin ce qui se passe à la surface cérébrale quand on y applique l'électricité, on ne voit pas survenir de rétrécissement vasculaire. Il m'a semblé, au contraire, que les vaisseaux se dilatent, et que des capillaires qu'on ne voyait pas auparavant deviennent visibles. Cependant je n'ignore pas que des observateurs ont vu le phénomène opposé. Eu résumé, il y a là, je crois, des effets complexes et qu'une analyse attentive parviendra peut-être à démêler. Mais jusqu'ici il n'y a rien de bien fixe et de constant.

M. Couty a déduit une autre conclusion de ces expériences. Puisque la substance grise n'agit pas sur les vaisseaux, et que l'électrisation agit sur les vaisseaux, l'électrisation n'agit pas directement sur la substance grise. Cette conclusion est vraisemblable, mais, comme en physiologie il faut toujours se défier des preuves indirectes, il conviendrait de faire l'expérience directe, et de voir si un animal dont l'encéphale est anémié par l'injection de poudres inertes dans les carotides, a

encore une écorce cérébrale excitable par l'électricité. Alors seulement on pourrait émettre une conclusion rigoureuse et indiscutable.

Ouoi qu'il en soit, pour ce qui concerne l'influence de l'anhémie sur la fonction cérébrale, nous voyons que l'anhémie complète fait disparaître la sensibilité et la motricité volontaire avec une très-grande rapidité.

Examinons maintenant quelles sont les modifications de la circulation cérébrale à l'état normal, pendant la vie de l'individu.

11 faut tout d'abord faire remarquer combien l'expérimentation est difficile. Si on met à nu le cerveau d'un animal quelconque, le contact de l'air excitera ou paralysera les vaisseaux, et en général il produira une congestion intense et anormale. Si on recouvre d'un opercule de verre la surface cérébrale mise à nu, le sang et les liquides exsudés empêchent de voir ce qui se se passe, et d'ailleurs que pourra-t-on conclure ? l'encéphalite consécutive ne sera-t-elle pas une cause d'erreur difficile à écarter? Si enfui on veut empêcher les mouvements volontaires de l'animal, mouvements qui par la production d'un effort violent changent brusquement la pression veineuse, on sera forcé de donner du chloral, de la morphine ou de l'éther, et par conséquent on ne pourra rien conclure avec certitude.

On est donc forcé de recourir à des preuves indirectes, ou à des expériences peu concluantes. Aussi les données de la physiologie sur ce sujet sont-elles encore extrêmement vagues.

On sait cependant quelque chose de précis. Il y a déjà longtemps, Claude Bernard avait constaté ' qu'après

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