‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 61 sur 86 · Bull, de la Soc. de biol., 1875, p · texte numérisé non relu

Bull, de la Soc. de biol., 1875, p

Ou pourrait eu citer plusieurs cas. Je résumerai en quelques mots le suivant, cité par MM. Lussana et Lemoigne 1 et emprunté au professeur Porta :

«Une jeune femme eut uu abcès au front.... on put reconnaître par un sondage la destruction du lobe correspondant. Pendant les trois derniers jours de sa vie le sujet continua à posséder entièrement ses facultés mentales, sensibles et motrices, comme si le cerveau n'avait eu aucune lésion, jusqu'aux derniers moments où les convulsions et le coma terminèrent la scène. Dans le cadavre, on trouva l'hémisphère droit, entièrement suppuré, c'est-à-dire converti en une matière jaune gris puriforme. ... ; tout à fait désorganisé et anéanti. »

Comme mon intention n'est pas d'être complet pour ce qui touche la pathologie, mais seulement de citer ce qui peut servir à la physiologie, je ne rapporterai pas les autres faits analogues, qu'on trouverait (un petit nombre, il est vrai, sont bien authentiques) soit dans les anciens Recueils de chirurgie, soit dans les Bulletins de la société auatomique ', etc. Il convient d'ajouter avec M. Charcot que beaucoup de ces observations sont sans valeur, mais il serait bien difficile de nier l'authenticité de toutes.

Ainsi, sur l'homme comme sur le chien, il y a des exceptions à cette loi générale et bien avérée, que la destruction de certaines parties corticales entraîue la paralysie de certains muscles.

2°. Les caractères de ces paralysies sont les mêmes que ceux des paralysies expérimentales, et je ne peux

2. Voy. aussi le mémoire de M. Brown-Séquard dans les Arch. de physiol., 1877, p. 655.

mieux faire qne de citer les paroles de M. Charcot i .

« Il est des hémiplégies corticales qu'on peut appeler ainsi pour les opposer aux hémiplégies centrales. Ces paralysies sont limitées, transitoires et variable par opposition à l'hémiplégie centrale, totale, envahissant tout un côté du corps, et offrant toujours le^ mêmes caractères ; la paralysie corticale est anormale, partielle, à telle enseigne qu'elle peut n'être qu'une monoplégie ou bien n'intéresser que la face seule.»

D'ailleurs ces modifications curieuses de l'innervation corticale motrice seront étudiées plus tard quaud nous ferons la théorie de ces phénomènes.

Quelques questions sont encore à résoudre pour lesquelles la pathologie nous fournit des renseignements très-précieux.

1° La lésion d'une circonvolution ou d'une région très-limitée de l'écorce cérébrale peut-elle à elle seule provoquer une paralysie ?

Nous pourrions citer un grand nombre d'observations 2 ; nous nous contenterons de rapporter celle-ci qui est très-nette :

Un phthisique fut pris tout à coup d'une fiiblesse du membre supérieur gauche, sans perte de connaissance ; cette faiblesse alla en augmentant jusqu'à la mort qui survint le quatrième jour. La paralysie était beaucoup plus prononcée à l'avant-bras qu'au bras et occupait particulièrement les muscles innervés par le radial. Pas de trouble de la sensibilité.

1. Dans la thèse inaugurale de M. Landouzy, Paris, 1876, p. 56, Convulsions et paralysies liées aux méningo-encéphalites.

2. Voy. Charcot et Pitres, Contribution à l'élude des localisations dans l'écorce des hémisphères du cerveau; in Revue mens. île méd. et de chir., 1877, n" II et III. — Bourdon, Rech. cliniques sue les centres moteurs des membres, in Bull, de VAcad. de méd., 1875, 2" série, t. VI, n° 43. — Forille, Ann. méd. psyclwl., t. XVI, janvier 1877. — Bull, de la Soc. anal.,

875, 1876, 1877, 1878. — Bull, de la Soc. de biol., 1876, 1877, 1878. —

Autopsie. On trouva un tubercule gros comme un grain de millet, qui, plongé dans la substance corticale, était entouré d'une zone de ramollissement rouge de l centimètre de diamètre. Cette lésion occupait la lèvre postérieure du sillon de Rolando (pariétale ascendante), à 5 centimètres et demi du bord supérieur de l'hémisphère. Les autres parties du cerveau étaient absolument intactes '.

2" Où sont localisées les altérations pathologiques et corticales qui donnent lieu à des paralysies?

Les observations pathologiques de maladies cérébrales sont venues jusqu'à un certain point confirmer la doctrine des localisations corticales. Ces faits ont été produits en grand nombre dans ces dernières années, et l'on peut regarder comme un résumé exact de la situation actuelle de cette question les conclusions formulées à la fin du Mémoire de MM. Charcot et Pitres ' ; elles sont déduites des observations qu'il renferme :

a L'écorce du cerveau n'est pas fonctionnellement homogène : une partie seulement est affectée à l'exercice régulier des mouvements volontaires. Cette partie, que l'on peut appeler zone motrice corticale, comprend le lobule paracentral, la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante et peutêtre aussi le pied des circonvolutions frontales;

b Touts les lési ons corticales, quelle que soit leur étendue, siégeant en dehors de la zone motrice, sont latentes au point de vue des troubles de la motilité;

Lépine, in Revue mens, de méd. et de chir., mai 1877. — Ferrier, Bntish med. Journ., mars et avril 1878. — Bull, de l'Acad. de méd., 1877, observ. de MM. Lucas-Championnière, Terrillon et Proust; rapport de M. Gosselin.

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