Ferrier. lac cit.. p. 261 et suiv
visuelles subjectives qui déterminent des mouvements réflexes dans les yeux.
Faut-il accepter l'opinion de Ferrier sur la localisation des sensations visuelles dans le gyrus angulaire ? il me semble que cela est difficile, et je trouve dans les expériences mêmes de cet éminent observateur la preuve que cette localisation n'est guère possible.
pjo. 19. — Cerreau de singe (d'après Ferrier). Les parties ombrées indiquent les lésions de l'hémisphère qui produisent la cécité.
En effet il note que la destruction des lobes occipitaux ou des extrémités postérieures des hémisphères produit des troubles de la vision. Ferrier pense que cette cécité est due à une inflammation consécutive, ayant sérieusement atteint le pli courbe, mais il a peut-être attribué trop d'importance à cette complication. Le fait que des singes ou des chiens ont pu, sans éprouver de trouble visuel, subir l'ablation complète des régions postérieures de l'encéphale ne prouve pas que ces régions soient sans influence sur la vision, attendu que des suppléances sont possibles, et que la preuve de ces suppléances, quelles que soient les difficultés que soulève leur interprétation, a été faite d'une manière positive.
En effet les lobes occipitaux ont une influence évidente sur la vision. M. Vulpian dans son cours à l'École de médecine a fait des expériences, qui le démontrent de la manière la plus positive.
Je citerai aussi les expériences de M. Munck ' qui enlève à des chiensles lobes occipitaux, et qui constate après l'enlèvement de la partie supérieure de ces lobes une cécité psycbique (Seelenblindbeit), et après l'enlèvement de la partie inférieure une surdité psychique (Seelentaubheit).
J'avoue que la psychologie de M. Munck, quoique ingénieuse, me paraît assez subtile, et que la théorie des images commémoratives ne me semble pas solidement établie. M. Munck suppose que si on enlève à des chiens certaines régions de l'écorce occipitale du cerveau, ils perdent la mémoire des impressions visuelles, quoique dans quelques cas la mémoire de certaines images commémoratives persiste, au milieu de la perte de toutes les autres. « Chez l'un, c'était l'image du seau dans lequel il avait coutume de boire ; chez l'autre celle du geste qui lui indiquait de tendre la patte. » Cependant, à côté, de ces puérilités, M. Munck a constaté un fait intéressant, c'est que les animaux aveuglés par une lésion occipitale recouvraient la vue et rapprenaient à voir. De plus, si à des chiens nouveau-nés on enlève l'œil droit d'un côté, la région occipitale visuelle du cerveau semble atrophiée du côté opposé, au bout de quelques mois.
Quant à ce qui concerne la fonction visuelle des hémisphères chez les animaux dépourvus de circonvolu-
1. Zur Physiologie der Grosshirnrin.de, Berl. Klin. Woch., n« 35, 1877,. p. 505. Cette courte notice est traduite presque textuellement dans la Revue des se. mcd., 1878, t. XI, p. 33.
lions, nous avons les expériences célèbres de Flourens. Ces expériences nous intéressent jusqu'à un certain point : car l'écorce cérébrale, avec circonvolutions, des animaux supérieurs, doit avoir des fonctions analogues à l'écorce cérébrale sans circonvolutions des vertébrés inférieurs.
« La poule sans lobes, dit Flourens, a réellement perdu la vue, l'ouïe, etc. Cependant uul de ces sens, ou mieux nul organe de ces sens, n'a été directement atteint. L'oeil est parfaitement clair, net, et son iris mobile. 11 n'a été toucbé ni à l'organe de l'ouïe, ni à celui du goût, les organes du sens subsistent, et les perceptions sont perdues; etc.; ce n'est donc pas dans ces organes que résident les perceptions ' . »
Voilà de la psychologie physiologique qui me paraît préférable à celle de M. Munck.
Sur des pigeons, M. Mac Kendrick a étudié aussi les effets de l'ablation des parties postérieures ou antérieures de l'écorce. L'ablation des parties antérieures ne trouble pas la vision, mais celle des parties postérieures rend l'animal aveugle 2.
En résumé, on peut admettre que les impressions visuelles passent par les régions occipitales et pariétales postérieures (probablement le gyrus angulaire) de l'écorce du cerveau, mais il n'est pas prouvé, quoique cela soit probable, que la perception visuelle consciente se localise en ces points.
Ouïe. — M. Ferrier a cherché aussi en quel point se localisait la sensation auditive.
Il a procédé par les deux méthodes, l'électrisation et