Meschéde, Allg. Zeitsch. fur Psychiatrie
2. Peut-être y aurait-il quelques réserves à faire .m- la congestion des paralytiques. Voy. Charcot, Lee. sur 1rs maladies du syst. nerveux t I p. 251.
sang qui circule dans les couches superficielles des hémisphères et la conception de certaines idées délirantes, il y a une relation manifeste1.
Enfin on sait que les altérations toxiques de l'intelligence, c'est-à-dire les troubles fonctionnels de la substance grise corticale, portent d'abord sur les facultés volontaires, conscientes, et plus tard seulement sur les facultés involontaires, inconscientes. Il n'est pas non plus inutile de rappeler que les mêmes substances qui abolissent l'action réflexe (chloroforme, morphine, alcool), sont aussi les substances qui abolissent l'intelligence. Les poisons de la substance grise de la moelle (poisons des réflexes), sont aussi les poisons de la substance grise corticale (poisons de l'intelligence).
Le fait que quelques gouttes d'alcool introduites dans le sang amènent un délire furieux, nous expliquent comment, dans beaucoup de cas de folie récente, on ne trouve pas de lésion cérébrale, ni à l'œil nu, ni au microscope : c'est qu'outre l'altération de la forme, il y a probablement aussi une altération dynamique, fonctionnelle, qui échappe absolument à nos sens.
Si maintenant nous voulions donner en quelques lignes la conclusion de ce travail, trop hâtif pour ne pas être bien imparfait, nous dirions que le cerveau n'est pas un organe simple, et qu'on ferait fausse route en y cherchant une sorte de foyer central réunissant toutes les impulsions, les impressions et toutes les volontés.
1. M. Moreau m'a raconté souvent le fait d'un savetier, paralytique général, qui se croyait pape lorsque la congestion survenait. Quelques sangsues calmant la congestion faisaient cesser le délire : mais chaque fois qu'on mettait le doigt sur la plaie en empêchant le sang de couler, le s;n i tier redevenait pape.
Les vertébrés inférieurs sont des êtres très-simples; leurs mouvements sont presque automatiques, et semblent être des réflexes aussi peu compliqués que possible. Mais à mesure qu'on s'élève, un appareil de perfectionnement vient s'ajouter à ce système primitif, presque embryonnaire. Cet appareil, c'est la couche grise corticale. Plus les fonctions psychiques, sensitives, idéomotrices sont développées, plus l'appareil qui leur est destiné acquiert de développement. C'est une couche de substance nerveuse qui, chez les mammifères supérieurs, est forcée de se replier, de se masser en volutes irrégulières pour tenir place dans la boîte crânienne. C'est là que s'élaborent les fonctions intellectuelles ; c'est de là que partent aussi les impulsions psycho-motrices.
La voie que suivent ces impulsions est maintenant connue : c'est par les faisceaux blancs qui avoisinent la scissure de Rolando.
A côté de ces impulsions motrices, il y en a d'autres, probablement involontaires et inconscientes, dont le siège est dans l'axe ganglionnaire qui entoure le canal central.
On peu tdoncconcevoirchezlesmammifères supérieurs, et surtout chez le singe et l'homme, une sorte de dualité dans l'être, d'une part l'être à réflexe simple, chez qui l'appareil cortical n'est pas mis en jeu, d'autre part l'être à réflexe compliqué, intellectuel, chez qui les impressions sensitives, conscientes, passant dans les couches occipitales, s'élaborent dans toute l'écorce du cerveau, pour revenir ensuite à l'état d'excitations motrices volontaires par les faisceaux blancs pariétaux.
Mais cela même est encore une hypothèse, et il faudra encore de lougues recherches pour édifier (ou renverser) cette théorie.
Nous trouvons donc partout tant d'hypothèses, et si peu de certitudes, qu'on pourrait être découragé en voyant l'immense et colossal effort d'un siècle de recherches aboutir à un résultat si contestable. Mais ce découragement serait mal justifié, car chaque jour amène un progrès, et un moment viendra, peut-être assez prochain, où on connaîtra les fonctions des circonvolutions, c'est-à-dire de l'intelligence, comme les fonctions du cœur, des muscles et du sang.