‹ Structure des circonvolutions cérébralesChapitre 83 sur 86 · Bull, de la Soc. cCanthropol., 1866, p · texte numérisé non relu

Bull, de la Soc. cCanthropol., 1866, p

3. Voy. Wagner, Recherches sur les fonctions du cerveau, Jown. de la physiol , IV, p. bbk.

Les autopsies récentes, les seules ayant quelque valeur, puisque c'est seulement depuis Leuret et Gratiolet qu'on connaît la morphologie des circonvolutions, nous font presque complètement défaut. On peut dii'e que la question est tout à fait à l'étude '.

Il est possible que le rapport de l'intelligence avec l'abondance des circonvolutions et le poids du cerveau ne présenterait pasles irrégularités qu'on s'est plu à constater si on supposait le cerveau avec les circonvolutions dépliées, comme le voulait Gall. Je ne sais si ce déplissement serait possible à effectuer, même d'une manière approximative, mais ce serait un élément bien important à connaître pour juger de la valeur quantitative d'un cerveau, en substance grise.

Enfin, on peut supposer que ce n'est pas seulement la quantité mais, encore la qualité (?) de la substance grise qui joue un rôle très-important.

Examinons maintenant si la physiologie expérimentale et l'anatomie pathologique nous donneront des no-

1. « Le poids du cerveau de sir Jamas Simpson (1870) était de 1,530 grammes (avec le cervelel). Les circonvolutions étaient remarquablement nombreuses et, de plus, contournées et entrelacées, comme si la place leur eût manqué dans le crâne. Vinsula de Reil était étonnamment développée. » Revue cl? anthropologie, 1872, p. 124. — Le crâne du Dante se faisait remarquer par le développement énorme des lobes frontaux (Broca, Bull, de la Soc. d'anthropol., 1866, p. 206).— Gratiolet cite aussi la forme merveilleuse du crâne de Descartes (ibid., 1861, p. 71). — Pour la description des cerveaux d'idiots ou d'imbéciles, je renverrai principalement à ce recueil, au Journ. of mental sciences et au West liiding Lunatic Asytum Report's. — M. Luys a appelé l'attention sur une circonvolution supplémentaire qui, parallèle à la circonvolution postrolandique, réunit le lobe temporal au lobe pariétal supérieur; mais il n'est pas encore certain que l'existence de cette circonvolution coïncide avec une activité intellectuelle plus considérable. Bull, de la Soc. de biol., 1876, p. 222. Voyez aussi les leçons de M. Vulpian sur la Physiologie du système nerveux, p. 688.

lions plus positives que l'auatomie comparée sur la fonction intellectuelle des circonvolutions.

La physiologie expérimentale nous a révélé bien peu de chose, ce qu'on sait de plus précis est encore dû aux expériences admirables de Flourens. Les oiseaux, les reptiles auxquels les lobes cérébraux sont enlevés en totalité, n'ont ni vision, ni [audition, ni intelligence. Ils n'ont plus de spontanéité. Les mouvements qu'ils accomplissent sont réflexes et involontaires, et, quoique en apparence appropriés à un but, en réalité réglés uniquement par l'intensité et la nature de l'excitation.

On a fait un grand nombre d'expériences de toutes sortes sur les circonvolutions des mammifères, et les conclusions sont encore très-incertaines et très-obscures. Ou peut détruire la zone rolandique sans altérer l'intelligence. On peut enlever aussi une portion considérable des lobes frontaux ou même des lobes occipitaux, sans altérer en apparence les fonctions intellectuelles; mais le jugement est si difficile à porter, et l'interprétation si discutable, qu'il n'y a encore rien d'établi sur cette mystérieuse question. Il est probable cependant que la destruction des lobes occipitaux, parla cécité et la surdité qu'elle provoque, et peut être par d'autres pertes de fonctions mal connues, jette les animaux dans un état de stupeur qui est bien près de la perte de l'intelligence.

De plus, si on tient compte de toutes les considérations développées plus haut dans les différentes pages de ce travail, on sera forcé de reconnaître que la physiologie animale sera forcément impuissante à résoudre la question : car pour les facultés intellectuelles il n'y a guère de comparaison à établir entre les animaux et l'homme.

Aussi la pathologie surtout doit-elle être invoquée pour résoudre ces deux problèmes :

1° L'iutelligeuce réside-t-elle dans les circonvolutions?

2° Dans quelles circonvolutions siègent les diverses facultés intellectuelles?

Pour l'homme, il n'y a pas de vie possible sans cerveau, et cependant il est des cas nombreux , où on a constaté la destruction de tout un lobe (frontal, ou occipital, ou pariétal) ou de deux lobes symétriques (les deux lobes frontaux par exemple), sans qu'il y ait eu anéantissement de l'intelligence \ On peut même dire qu'il n'est pas rare de voir des blessés, dont les lobes frontaux ont été traversés par nue balle, ayant conservé toute leur intelligence, ou plutôt à peu près toute leur intelligence.

Sur les animaux, l'expérience donne les mêmes résultats et on peut en déduire cette proposition qui jusqu'ici n'a pas été infirmée.

// «')' a pas a la surface des circonvolutions de région spécialement affectée à l'intelligence.

Cependant il y a uue localisation intellectuelle bien évidente, c'est l'aphasie, et cela peut nous servir à l'explicatiou de la nature de l'intelligence. L'intelligence semble être la réunion de facultés diverses, et le langage est une de ces facultés. Un aphasique a l'intelligence atteinte dans un de ses éléments constitutifs, et, de fait, c'est un homme diminué au point de vue intellectuel. On pourrait concevoir un homme dont la bouche serait bâillonnée et qui aurait toute sa mémoire, tout son juge-

l. Entre autres un cas cité par M. Yulpian, lue. cit., p. 70. Voy. aussi Mire. Hec. de mcd. militaire, juin 187J.

meut, toute son imagination. Cet homme ne serait pas un aphasique.En revanche, l'observation montre qu'il n'existe

pas d'aphasique ayant tonte sa mémoire, tout son jugement, toute son imagination. Peut-être y a-t-il d'autres facultés, localisées comme le langage dans une circonvolution? Mais quelles sont ces facultés, dont le faisceau forme l'intelligence de l'homme. Peut-on espérer eu trouver une autre, aussi bien délimitée psychologiquement que le langage?

Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet trop discutable et trop métaphysique., et nous n'avons plus que quelques remarques à ajouter à propos de la paralysie générale des aliénés.

On sait, depuis Calmeil et Parehappe, que la lésion nnatomique de cette affection est une altération ,1e la substance grise corticale, et même, d'après les auteurs modernes, de la couche profonde1 de la substance grise. Cette région serait-elle réellement le siège de l'intelgence?cela est très-hypothétique. Tout ce qu'on peut dire, c'est que, très-probablement, l'écorce grise du cerveau est l'organe des fonctions intellectuelles.

Chez les aucieus paralytiques généraux, parvenus au dernier degré de la démence, chez les déments séniles, on trouve la substance grise, atrophiée, envahie par ce tissu conjonctif et ayant presque disparu.

Il est probable que chez les paralytiques généraux les accès de délire coïncident avec des poussées congestives, et les médecins aliénistes savent que le délire congestif est un délire ambitieux2. Entre la quantité de

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