‹ Structure Des Tiges Chez Les Végétaux Dicotylés: Observations Puisées Chez Une Forme Anormale Des Tubercules Du Solanum TuberosumChapitre 3 sur 4 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

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En effet, des coupes de ces tiges charnues ou tubercules-tiges m’ont toujours montré que les productions vasculaires partent de la base de la partie libre et foliaeée des feuilles, et que, dans l’origine, ces productions vasculaires n'ont aucune connexion avec les parties vasculaires du tubercule» mère, lequel joue le rôle de branche relativement au rameau représenté par le tubercule de nouvelle formation.

Chez les tubercules normaux, il existe de semblables productions vasculaires; et, de même que dans les tubercules-tiges, les productions vasculaires de l’axe partent du point qui représente la base de la partie libre des feuilles. Chez ces tubercules, cette partie libre est représentée par une éminence charnue, très obtuse dans les variétés communes, et par une éminence prononcée dans une variété fort eurieusè, connue vulgairement sous le nom de Pomme-de-terre-Artichaut, en raison des saillies foliaires dont elle est hérissée et que l’on a comparées aux feuilles d’un Artichaut.

Les coupes de ces tubercules démontrent, en outre, que la masse du tubercule est formée par les décurrences charnues des feuilles superposées et unies entre elles par du tissu cellulaire.

Or si la tige aérienne du Solanum tuberosum est une véritable tige, ne différant pas, par la structure générale, des tiges de la plupart des Dicotylédones; si le tubercule du Solanum tuberosum n’est autre chose qu’une tige raccourcie ; si ce tubercule est constitué par des décurrences de feuilles unies par du tissu cellulaire, je crois pouvoir en conclure :

l°Que la tige du Solanum tuberosum est constituée par des décurrences de feuilles ;

2° Que les liges annuelles et les tiges et rameaux de première année des autres Dicotylédones ont une structure analogue.

M. Duchartre dit avoir suivi le développement d’une Pomme de terre qui, conservée à l’air et à la lumière, avait produit un grand nombre de petits tubercules oblongs; mais ces productions étaient évidemment des rameaux renllés, et ne pouvaient être regardées comme des décurrences de feuilles. Il croit que des faits analogues se montrent fréquemment. Il ajoute que, si un tubercule de Pomme de terre résultait uniquement de décurrences, on devrait également considérer le Ironc d’un Chêne comme résultant aussi des décurrences de ses feuilles.

M. Germain de Saint-Pierre répond que la production de tubercules à la surface d’un tubercule-mère est, en effet, un accident fréquent et presque normal; et que ces tubercules secondaires, comme le tubercule-mère, sont aussi pour lui de véritables rameaux ; mais que tous les tubercules, qu’ils soient de première on de deuxième

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formation, sont constitués par une spirale de décurrences (de feuilles à limbe abortif) qui entoure une masse cellulaire représentant la partie médullaire du rameau. Les tubercules-rameaux , dont il a mis les ligures sous les yeux de la Société, lui paraissent de nature à faciliter la démonstration de cette structure. Ce (pii se passe chez un tubercule (qui est un bourgeon ou un rameau d’un an), se passe de même, en effet, chez un bourgeon ou un rameau d’un an, que ce rameau appartienne au Chêne ou à toute autre Dicolylédone.

M. Brongniart fait observer que la structure anatomique du tubercule contredit la théorie de M. Germain de Saint-Pierre. II présente, en effet, un cercle de petits faisceaux vasculaires, entourant une moelle qu’on ne peut pas considérer comme constituée par la décurrence des feuilles.

M. Trécul rappelle combien il importe de considérer l’ordre de développement des organes. Il est regrettable, suivant lui, que M. Germain de Saint-Pierre n’ait pas constaté si la feuille existe avant les faisceaux de la tige ou si elle naît postérieurement.

M. Planehon pense que la structure de la Pomme-de-terre-Artichaut peut être comparée à celle d’un Mamillaria. Seulement, chez le Mamillaria , les protubérances, bien que dépourvues de feuilles, sont aussi saillantes que celles de la Pomme de terre.

31. Germain de Saint-Pierre répond à l’objection faite par 31. Brongniart, que, chez les tubercules comme chez les rameaux ligneux , il existe, en effet, un cercle fibro-vasculaire autour d’une moelle centrale, et que la seule différence entre le tubercule et le rameau ligneux consiste dans l’abondance de la partie médullaire chez le tubercule. Il espère démontrer anatomiquement, comme il a essayé de le faire organographiquement, que ce cercle fibro-vasculaire est constitué, dans toutes les tiges, par des vaisseaux et des fibres qui partent des jeunes feuilles. Ce sont ces émanations vasculaires des feuilles qu’il désigne comme appartenant à la décurrence des feuilles.

Il répond à 31. Trécul, que les faisceaux étant une émanation des feuilles, ils ne paraissent, en effet, qu’a mesure que les feuilles se développent dans le bourgeon; et à 31. Planehon, que chez la Pommede-terre-Artichaut, les protubérances saillantes représentent les protubérances mousses des Pommes de terre communes , et que ces protubérances mousses ou saillantes représentent chacune la base <1 un limbe abortif à l’aisselle duquel se développe l’oeil ou bourgeon.

31, Trécul demande à 31. Germain de Saint-Pierre comment, avec

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cette théorie, il explique la structure des Monocotylédones, et insiste sur ce point, que les parties vasculaires se rendent de la tige dans les feuilles.

M. Germain de Saint-Pierre répond qu’il ne saurait, en quelques mots, traiter une question d’une si haute importance, et qu’il se propose d’en faire l’objet de communications spéciales; que, pour l’instant, il déclare avoir vu chez les Monocotylées comme chez les Dicotylées, les faisceaux fibro-vasculaires partir des jeunes feuilles pour constituer la partie ligneuse de la jeune tige, et non les faisceaux partir d’un point inférieur de la tige pour se rendre dans les jeunes feuilles.

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