SÉANCE DU 9 FÉVRIER
duire, relativement à la théorie de la structure des axes, des conséquences analogues à celles que j’ai tirées de l’examen de la structure des ovaires dits infères ou adhérents.
Il ne s’agit plus ici d’axes creux, mais il s’agit toujours d’axes constitués évidemment par les déeurrences des feuilles. Le hasard avait fourni à M. le professeur Seringe les éléments d’une observation des plus intéressantes au point de vue de la structure des tiges : cet estimable observateur avait rencontré, à la surface du sol, des tubercules de Pomme de terre développés sous la forme de rosettes de feuilles charnues, et qui présentaient des formes intermédiaires entre les tubercules et les tiges normales. — Pendant un des automnes derniers, désirant étudier, à mon tour, le fait remarquable signalé par M. Seringe, je plaçai sur une table de marbre, dans une chambre mi peu humide, niais aérée et éclairée, un certain nombre de tubercules de Pomme de terre. Je m’absentai pendant deux mois; à mon retour, au 1 er décembre de la même année, je trouvai les tubercules flasques et épuisés, mais ils étaient couverts d’une végétation nouvelle pleine de foree et de vigueur. Ce n’étaient pas ces longues tiges étiolées, d’un blanc nacré et à feuilles rudimentaires, longuement distantes, que l’on observe communément vers le soupirail des caves où séjournent des tubercules abandonnés. Ce n’étaient pas non plus des tiges vertes et feuillées, comme celles qui se produisent dans les conditions ordinaires ; c’étaient des tubercules allongés en tiges courtes ou des tiges à demi condensées en tubercules. L’observation faite par M. Seringe s’etait reproduite sous mes yeux.
Je présente à la Société la figure des principaux groupes de ces curieux tubercules, que j’ai dessinés aussi fidèlement qu’il m’a été possible de le faire. — Quelques-unes de ces productions présentent l’aspect de bourgeons à axes charnus et à feuilles tantôt rudimentaires, tantôt a limbe foliacé.— Dans certains cas, il s’est produit une tige feuillee dont les feuilles présentent un petit tubercule à leur aisselle. — Dans d’autres cas, la production est fusiforme ; épaisse et charnue à la base, elle s’amincit ensuite en une tige presque normale. Quelquefois la base constitue un tubercule globuleux, puis le même axe se continue brusquement en tige cylindrique. — On voit encore aussi un même axe alternativement et par étage. : globuleux, puis cylindrique, puis globuleux.
Cette observation démontre une fois de plus un fait admis sans contestation, à savoir que les tubercules proprement dits, et ceux du Solanuni tuberosum en particulier, sont des tiges charnues et raccourcies, dont la partie libre des feuilles est rudimentaire et susceptible de se développer dans des conditions particulières ; mais elle démontre, en outre, selon moi, un fait d’une importance non moins grande, à savoir que les tiyes sont constituées par les déeurrences des feuilles et par du tissu cellulaire (/ni unit ces déeurrences entre elles.