M. E. «ERJIAIX ME SAINT-PIERRE
Dans une communication précédente sur la structure et l’accroissement des tiges, j’ai annoncé que j’espérais, à l’aide d’une série d’observations puisées dans l’étude de la germination des plantes, mettre en évidence le fait important de l’individualité des feuilles.
L’observation suivante du mode de germination de l’embryon chez un genre de monocotylées ( Tulipa) contribuera, je pense, à démontrer: 1° qu’une plante phanérogame peut, à l’époque de la germination, être uniquement constituée par une feuille, dite cotylédon, terminée par une racine, sans aucun organe intermédiaire distinct de la feuille et que l'on puisse désigner sous le nom d’axe.—2° Que le bourgeon primordial, désigné ordinairement sous les noms de tigelle et de plumule, se développe chez la jeune Tulipe au fond de la cavité d'un éperon de la feuille cotylédonaire, et que ce bourgeon, qui présentera plus tard un axe court (nommé plateau chez les bulbes), est de structure purement cellulaire, lorsque est déjà développé le système fibro-vasculaire de la jeune plante représentée par une feuille terminée par une racine, et dont le bourgeon celluleux situé au fond de l’éperon parait être une dépendance. — 3° Que par conséquent, cette plante-feuille a dû se fournir elle-même son système fibro-vasculaire et n’a P» le recevoir d’une tige ou d’un axe qui n’existe pas encore en dehors de la feuille unique elle-même, et ne se montre que plus tard sous la forme d’une petite masse de tissu cellulaire.