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Structure Des Tiges: Exposition De La Doctrine Ou Théorie Des Décurrences

Dattier absorbe et s’assimile les éléments salins du sol ; 4° qu’il ne faut, en un mot, au Dattier, pour prospérer, que la chaleur et un certain degré d’humidité du sol.

Vous ferez, Monsieur le Président, de cette communication l’usage que vous jugerez à propos.

Agréez, etc. L. Kralik.

M. Germain de Saint-Pierre fait à la Société la communication suivante :

DÉCUItRENCES

|.ar M. F. «EKU1I\ DE SAINT-PIERRE

Dans une communication précédente, relative à la structure des tubercules du Solarium tuberosum (1), que je prends comme exemple de tiges faciles à analyser et à comprendre (en raison de la masse considérable de tissu cellulaire qui sépare les parties fibro-vasculaires entre elles), j’ai indiqué en quelques mots la structure qui, selon moi, est propre aux tiges des végétaux vasculaires en général et des Dicotylés en particulier. Cette indication sommaire sera développée dans une série de communications successives relatives aux embryons en germination et aux tiges adultes. Je crois devoir cependant, dès aujourd’hui, préciser les points les plus importants d’une doctrine sur laquelle j’ai déjà eu plusieurs fois l’honneur d'appeler l’attention de la Société.

Deux systèmes qui, pendant ces dernières années, ont été l’objet de nombreuses recherches et de longues et savantes controverses entre des physiologistes éminents, sont encore aujourd’hui en présence. L’un est celui qui a été développé par M. de Mirbel ; l’autre est celui de Du Petit-Thouars, modifié par M. Gaudichaud.

Notre regrettable maitre, Adr. de Jussieu, m’a souvent exprimé la pensée que ces deux systèmes sont moins opposés dans le fond que dans les mots et dans la forme, et que peut-être pourraient-ils un jour se combiner et n’en former qu’un seul, qui serait l’expression de la vérité. J’ai été assez heureux, d’autre part, pour entendre l’honorable doyen des botanistes de l’Académie, M. Ad. Brongniart, exprimer la même idée.

J’ai acquis, quant à moi, par mes propres études, la conviction qu’il y a des faits non moins bien observés dans la théorie du cambium que dans la théorie des mérilhalles. — Comme Du Petit-Thouars, je me suis assuré

(1) Le tubercule de la Pomme de terre (Solanum tuberosum) est le type du tubercule proprement dit chez les Dicotylédones. Les tubercules du Topinambour (Helianthus tuberosus), de la Capucine tubéreuse (Tropæolum tuberosum), de rOjrtfts rrnuita, etc., présentent une structure identique.

SÉANCE DU 23 FÉVIMEIt

que le principe de l’accroissement des tiges réside dans les bourgeons et s’étend de haut en bas. Avec M. Gnudicbaud, je vais plus loinque Du Petit- Thouars, et, divisant le bourgeon en un noyau cellulaire et en organes appendiculaires ou foliaires, je considère une feuille isolée, y compris sa decurrencp, comme un végétal réduit à sa plus simple expression, et j'admets que cet organe foliaire, ou individu élémentaire, produit les premiers lii éaments des libres et des vaisseaux qui s’étendent de haut en bas sur l'axe celluleux dont il est un appendice. Ces fibres et ces vaisseaux font de cct axe celluleux une véritable tige ou un véritable rameau.

Mais j’admets, de plus que M. Gaudichaud, comme partie intégrante de l’individu simple qu’il désignait sous la dénomination générale de phyton, le bourgeon axillaire de cette feuille, qu’il ait commencé à se développer sous la forme d’une petite masse de tissu cellulaire, ou qu'il soit 'à l’état latent. J’ajouterai que, dans un certain nombre de cas, la feuille consiste presque uniquement dans sa partie décurrente; sa partie libre ou limbaire étant alors réduite à une petite écaille ou même à une légère éminence. J’attache moins d’importance que M. Gaudichaud à la distinction de la partie libre de la feuille en deux parties dites mérithalle pétiolaire et mérithalle limbaire ; ces deux parties étant le plus souvent peu distinctes l’une de l’autre.

Je n’admets pas, avec MM. Du Petit-Thouars et Gaudichaud, que le tissu fibro-vasculaire qui émane des feuilles constitue des racines qui s’étendent et que l’on peut suivre dans toute la longueur d’un arbre depuis chaque feuille jusqu’à l’extrémité de chaque racine.

J’admets que la sève ascendante élaborée dans les feuilles, et que j’appellerai volontiers du nom de cambium après cette élaboration, existe d'abord dans les feuilles, y compris leur décurrence (depuis leur plus extrême jeunesse), à l’état liquide, puis mucilagineux (cambium proprement dit), puis cellulo-libreux, puis fibro-vasculaire; — que ce cambium, qui est élaboré dans les feuilles et probablement dans toutes les parties herbacées du végétal, est une matière organisable qui, encore fluide, descend de la feuille au rameau; — que cette sève élaborée, après avoir constitué la partie fibro-vasculaire de l’axe du bourgeon (qui devient rameau de première année), continue à s’épancher en abondance dans l’épaisseur des tissus de

l’année précédente.

Cette sève descendante, ou cambium, parait pénétrer l’aubier, d’une part, et le liber, d'autre part, et s’organiser simultanément, entre ces deux couches qu’il écarte, sous la forme d’une nouvelle couche de liber et d’aubier, dans la longueur des branches, de la tige et des racines. — Dans un grand nombre de cas, un excédant de cette même sève élaborée s’organise et se dépose sous la forme de matières féculentes ou sous diverses autres formes dans des organes de nature variée qui lui servent de réservoirs, et

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

tier.

elle est résorbée (sous une forme fluide) pour servir au développement de nouveaux organes, pendant une période de végétation ultérieure. — Knfin j’insisterai sur un point important de la théorie des mérithalles, à savoir que le tissu cellulaire des nouvelles couches d’accroissement des tiges ou des rameaux est produit par une sorte de génération sur place du tissu cellulaire des couches de l’année précédente, tandis que le tissu fibro-vasculaire de nouvelle génération parait être indépendant, dans sa formation, des tissus de l’année précédente. — Je m’élève surtout contre cette assertion, qui domine la théorie dite du cambium, à savoir que les filets vasculaires partent de la tige pour se rendre dans les feuilles. J’espère, en effet, pouvoir démontrer que la sève organisable produit le tissu fibro-vasculaire des jeunes rameaux, des feuilles vers la tige, et non de la tige vers les feuilles.

En résumé, j’admets, d’une part, le cambium, ou sève organisable, si bien étudiée, et dont les transformations sont si exactement figurées par M. de Mirbel, dans son Mémoire sur l'anatomie de la germination du Dat-

Et, d’autre part, j’admets l’accroissement des tiges de haut en bas de De La Hire et de Du Petit-Thouars, et l’individualité des feuilles de M. Gaudichaud, en ajoutant, de plus que M. Gaudichaud, le bourgeon axillaire à chacun de ces individus-feuilles. — Je donne à ce système mixte, que je regarde comme l’expression de la vérité, et que je me réserve de développer par l’analyse d’un grand nombre de faits normaux ou anormaux, le nom de système des décurrences.

C’est dans le travail le plus complet deM. de Mirbel sur la structure des tiges, dans son Mémoire sur l'anatomie du Dattier, que je puiserai un des arguments les plus décisifs pour combattre l'opinion qui fait naître les vaisseaux dans la tige et les fait se diriger vers les jeunes feuilles. Cet habile observateur a vu et dessiné les choses comme je les ai vues moi-même.

Pendant trop longtemps on s’est efforcé à chercher dans l’examen des tiges adultes les éléments de la question. Or, bien que la nature suive une marche uniforme à un point de vue général, les tiges adultes présentent (en raison des relations (pii existent entre les tissus anciens et les tissus nouveaux, et en raison des anastomoses des parties fibro-vasculaires entre elles), des difficultés d’observation que des productions de première année ne présentent pas. — Cette réflexion devait se présenter à l’esprit judicieux de M. de Mirbel, à savoir qu’il était nécessaire d’examiner et de comprendre l’état simple avant d’examiner l’état complexe. Le même principe m’a guidé dans mes recherches, et les déductions à l’appui des idées que j’expose sont surtout puisées dans l’examen des bourgeons et des embryons

en germination.

Dans la première planche (iig. 2) du Mémoire de M. de Mirbel sur Y Anatomie du Dattier , nous voyons représentée la coupe longitudinale grossie d’un embryon de Dattier qui commence a entrer en germination. Les quatre

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