‹ Structure Des Tiges: Exposition De La Doctrine Ou Théorie Des DécurrencesChapitre 2 sur 3 · SÉANCE DU 23 FÉVRIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 23 FÉVRIER

cinquièmes de !a masse appartiennent a la feuille cotylédonaire. C'est dans cette feuille cotylédonaire qu’apparaissent les premiers rudiments des vaisseaux, ou du moins le tissu à mailles allongées dans lequel ces vaisseaux prendront naissance. Quant à la partie qui représente la tige de la jeune plante, partie située immédiatement au-dessous du bourgeon central, cette partie ne présente encore aucune trace du tissu vasculaire. — La planche deuxième du même Mémoire est plus concluante encore; les fig. 9 et li représentent la base de la jeune plante eu germination, a un état un peu plus avancé; des vaisseaux encore très courts mais nombreux se sont développés dans le tissu cellulaire allongé de la feuille cotylédonaire, et ces vaisseaux,

déjà allongés et bien formés dans la partie supérieure de la feuille cotylédonaire, sont à peine ébauchés vers sa base, dans la partie qui avoisine le collet de la jeune plante et qui constituera son axe, sa tige.

Or si l’on admet l’exactitude des figures anatomiques du Mémoire de M. de Mirbel (et personne n'a jusqu’ici contesté cette exactitude), on est obligé d'admettre que chez le Dattier, au moins, les premiers vaisseaux de la plante ne viennent pas de la tigelle, mais qu’ils viennent du cotylédon.

Si, en second lieu, on admet que le cotylédon est une feuille qui ne diffère des autres que par sa forme et son usage, on sera porté à admettre que dans les feuilles qui se développent successivement après la feuille cotylédonaire, la nature suivra la même marche, et fera paraître le tissu libro-vasculaire, qui de là se continuera dans la jeune tige.

Ce que M. de Mirbel a particulièrement observé chez le Dattier en germination, je l’ai observé chez la même plante et chez diverses autres Monocotylédones. Enfin, je suis arrivé à un résultat analogue dans l’examen des Dicotylédones eu germination et dans l’examen des jeunes bourgeons.

M. Trécul demande à M. Germain de Saint-Pierre dans quelles plantes il a vu un liquide circulant entre le bois et l’écorce.

M. Germain de Saint-Pierre répond qu’il a constaté les phénomènes qu’il décrit chez toutes les plantes dicotylédones qu’il a observées.

M. Trécul maintient que le liquide en question ne peut pas exister. Il offre de le prouver et de démontrer, notamment chez les Tecoma, Ailanthus, etc., que, dans les bourgeons advenlifs développés sur les boutures des racines, les vaisseaux existent avant la première formation des feuilles.

M. Decaisne partage l’opinion de M. Trécul à cet égard. A aucune époque de la végétation , il n’a pu constater la sève descendante, entre le bois et l’écorce. La sève descendante est admise théoriquement, mais elle ne circule qu’à l’étal de latex.

M. Germain de Saint-Pierre répond qu'il n’a pas vu plus que

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d’autres observateurs une sève descendante liquide couler dans un espace libre entre le bois et l’écorce ; mais que la sève descendante qui imprègne les tissus contigus ou continus de l’aubier et du liber se dépose entre ces deux couches qu’elle écarte et entre lesquelles

elle s’organise sous le nom de cambium.

obser

pour désigner le tissu naissant, et ne peutêtre pris dans un autre sens.

31. Trécul demande àM. Germain de Saint-Pierre comment, suivant lui, se développe le bois sous l’influence du suc dit descendant.

31. Germain de Saint-Pierre répond que celte question générale ne peut pas être traitée d’une manière incidente; il ne prétend pas pour l’instantaller au delà des faits et des conséquences exposés dans sa connnunicalion.

31. Ducharlre rappelle à ce propos, comme point d’histoire, que la continuité de tissu qui existe au printemps, entre le bois et l’écorce, par l’intermédiaire du cambium, ou tissu en voie d’organisation, est un fait établi depuis longtemps. En effet, dans ses lieitraege publiés en 1812, J.-J.-P. 3Ioldenhawer a décrit avec soin cette continuité du tissu telle qu’il l’avait observée chez le Sureau. 31. Duchartre fait observer que cette continuité de tissu, au moment de la végétation, lui semble un argument puissant contre l’arrivée d’un tissu quelconque, venant de haut eu bas, pour donner naissance à de nouvelles formations.

31. Germain de Saint-Pierre répond qu’il se croit fondé à main¬

tenu

que le liquide générateur, ou sève descendante, est élaboré dans les feuilles, et descend des feuilles à l’axe; 2° que ce liquide

énérateur se transforme chez l’embryon en germination, cl, chez le jeune bourgeon, en tissu allongé et en vaisseaux qui commencent à se manifester dans la feuille et se prolongent dans l’axe dont ils forment la charpente fibro-vasculaire; 3° que de nouvelles quantités de la même sève descendante arrivent au niveau des branches des années précédentes et du tronc; cette sève pénètre alors, sous forme liquide, le liber et l’aubier, et s’épanche entre ces deux couches, qu’elle écarte par son interposition, sous la forme d’une couche gélatineuse qui s’organise pour constituer une nouvelle couche d’aubier et une nouvelle couche de liber.

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