‹ Structure Des Tiges: Exposition De La Doctrine Ou Théorie Des DécurrencesChapitre 3 sur 3 · SÉANCE 1)1 23 FÉVRIER · texte numérisé non relu

SÉANCE 1)1 23 FÉVRIER

des feuilles vers la tige, c’est-à-dire des appendices vers l’axe. Suivant notre savant confrère, la tige elle-même serait une production résultant de la décurrence des feuilles. Ce fait, qui impliquerait la formation de l’axe après celle des appendices, serait, d’après l’auteur, en accord avec ses observations sur l’organisation vasculaire des feuilles préexistant à celle de la tige qui les porte ; au point de vue de M. Germain de Saint-Pierre, il s’accorderait aussi avec cette loi, non absolue, mais très générale, en vertu de laquelle les tissus les plus anciens arrivent à la dernière phase de leur développement avant les tissus plus jeunes.

Sur le point de savoir lequel de l’axe ou de l'appendice se forme le premier, je présenterai de courtes remarques.

J’ai fait bien des fois l’anatomie de fleurs en voie de formation, et toujours j’ai vu les choses (qui au fond ne sauraient différer dans les bourgeons à feuilles) se passer comme il suit :

L’axe de lu fleur est pourvu, vers sa portion centrale, d’un nombre assez considérable de trachées, dont l'ensemble se termine en une sorte de cône arrondi sous le tissu cellulaire du réceptacle. Sur celui-ci, nu à l’origine, on voit peu à peu se former les mamelons dont les premiers répondent aux sépales, les seconds aux pétales, les troisièmes aux étamines, les derniers aux carpelles. D'abord les vaisseaux ne se montrent dans aucun des appendices et ne se dirigent même pas de l’axe vers ces derniers. Un peu après, on voit quelques vaisseaux se produisant de l’axe vers les sépales, que bientôt ils atteignent et parcourent, l.es vaisseaux se dirigent ou plutôt s’organisent ensuite successivement de l’axe vers les pétales, les étamines et les carpelles, en suivant l'ordre d'ancienneté de ces organes. Si, parmi les étamines, il en est d’âges différents, on observe ordinairement que les vaisseaux vont d’abord aux plus âgées, même si celles-ci sont placées le plus haut sur le réceptacle, comme cela a lieu chez les Géraniacées, Oxnlidées, Cistinées, etc. (1).

Qu’il s’agisse donc de la première ou de la seconde période de formation des tissus, de la période cellulaire ou de la période vasculaire, j’ai vu l'organisation de l’axe précéder celle des appendices. J'ajo;.terni que sur un certain nombre de plantes (Malvacées, Géraniacées, etc.), les vaisseaux se prolongent dans l’axe, bien au delà du point où s’arrêtent les appendices.

J’ai donc vu, comme la plupart des anatomistes, l’organisation vasculaire procéder des parties anciennes aux parties nom elles (2) ; mais, d’après

(1) M. Payer a bien vu l’ordre suivant lequel paraissent les étamines de ces plantes.

(2) En quelques cas spéciaux en rapport avec la nature des parties, le milieu où elles se développent, etc., les parties anciennes, peuvent manquer de vaisseaux quand les parties nouvelles en sont pourvues.

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

mes observations, d’accord encore avec celles de la majorité des botanistes, la partie ancienne est l'axe et non l'appendice.

Les arrêts de développement décideraient, d’ailleurs, s’il était nécessaire d’y recourir, la question. On sait que lorsqu’un organe formé de plusieurs parties développe successivement celles-ci, il peut arriver que, par des causes qui ne se traduisent le plus souvent à nous que par leurs effets, cet organe soit arrêté a la première ou à la seconde de ses parties, c'est-à-dire à la première ou à la seconde phase de sa formation. Or nous voyons souvent (principalement dans de jeunes productions) des axes, des sommets d’axe surtout, exister, évidemment par arrêt de développement, sans appendices ; et, par contre, je ne sache pas que quelqu'un ait encore observé des appendices sans axe , ce qui devrait cependant arriver s’il était vrai que celui-ci fût produit par ceux-là.

M. Trécul maintient qu’à l’époque de la végétation , il y a continuité de tissu entre le bois et l’écorce, mais il reconnaît qu’à d’autres époques de la vie du végétal, il peut y avoir discontinuité entre ces deux parties. Il ajoute que, dans une feuille très grande, comme celle des Palmiers, si la partie supérieure est plus âgée, c’est-à-dire s’est développée plus tôt que la partie inférieure, on peut trouver des vaisseaux dans la première sans qu’il y en ait dans la seconde, et sans qu’on puisse néanmoins dire que ces vaisseaux sont descendus du haut vers le bas.

M. Germain de Saint-Pierre rappelle qu’il s’appuie sur ses propres observations et aussi sur l’autorité deM.deMirbel.Ceque cet illustre physiologiste a vu dans la germination du Dattier, M. Germain de Saint-Pierre l’a constaté, non-seulement chez le Dattier en germination, mais chez plusieurs autres Monoeotylédones, notamment chez les Liliacées; il a vu le même phénomène se produire dans les jeunes bourgeons du tubercule de la Pomme de terre; il pense que s’il est constaté que, chez l’embryon, les vaisseaux se forment dans la feuille cotylédonaire avant de se manifester dans la tigelle, on est fondé à admettre que la formation de ces vaisseaux marche de haut en bas.

M. Trécul fait à la Société la communication suivante :

NOTE SUR LA STRUCTURE DES RACINES , ET EN PARTICULIER SUR UNE RADICELLE

MONSTRUEUSE DE LA BETTERAVE, par M. A. TRÉCLE,.

Dans une des précédentes séances, M. Moquin-Tandon, après avoir présenté a la Société une Betterave monstrueuse, qui offrait une protubérance

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