ACTE PREMIER
LA REINE
Ah ! pardon.
Je ne regrette plus, monsieur, mon abandon, Et je m'excuserais plutôt de vous surprendre En ce doux entretien, si je n'avais à rendre Mon hommage royal au père vénéré Du grand homme par qui sera régénéré Le Danemark depuis le palais jusqu'au cliaume Et qui, sauveur du roi, sauve encor le royaume. U est sa providence, il fut la nôtre aussi.
Son âme est votre ouvrage ; au nom du roi, merci.
STRUENSÉE, confas.
Majesté...
LE PASTEUR
Que le ciel vous entende, madame.
LA REINE
Il m'entend.
A Stniensée en souriant.
Je peux bien rendre hommage à votre ûme.
Elle m'a révélé des devoirs inconnus Des reines. Les discours que vous m'avez tenus M'ont appris des pitiés que j'ignorais encore, Mais surtout des respects nouveaux dont je m'honore. Celui de la misère et, s'érigeant en foi.
Cette estime du peuple où j'ai conquis le roi.
La reine inspira tout. Sa Majesté l'oublie
LA REINE, STec grâce.
Et votre père vient à nous ?
Il me supplie De quitter..» mes grandeurs...
LA REINE, vivemeat.
Ah I dites vos devoirs.
Le ciel du Danemark nVt-il plus ses points noirs ? La trahison nous guette et suit de son repaire Tous les actes du roi...
Vous entendez, mon père ?
LA REINE
Votre départ Fébranle et le laisse affaibli ;
Qn ne quitte à bon droit qu'un devoir accompli.
Changeant de ton.
Je comprends cependant que chez vous on s'afflige De votre long exil...
Se tournant vers le pasteur, avec grâce.
Hélas ! la gloire oblige.
Venez vivre à la cour, monsieur le pasteur... Quoi? La gloire vous effraie ?
LE PASTEUR
Elle étonne ma foi :
Ici-bas tout abuse, à Dieu seul on peut croire ; Lui seul est sans erreur ; je ne crois qu'à sa gloire. Très humble serviteur de ce Dieu de bonté.
Souffrez que je demeure en mon humilité.
A Slrueusèe, avec regret.
Ta mère t'espérait, mon enfant.
LA REINE
Votre mère ?
La séparation pour elle est plus amère.
S'il se peut.
LE PASTEUR
Oui, madame, elle est malade.