SCÈNE II Les Mêmes, MARIE-JULIE» LA REINE
MARIE-JULIE
Je viens ici pour vous, pour vous sieuie ; Toutrage Des ans trop lourds m'exclut des plaisirs de votre âge ; A vous la joie, à vous la musique et le bruit. Moi, je m'endors toujours devant qu'il soit minuit.
LA REINE
Ce sacrifice m'est d'un prix inestimable.
Madame ; mais n'ayez, pour être tout aimable,
76 STRLENSÉE.
Nul regret de veiller à mon bal, car vraiment^ Vous en êtes l'orgueil.
MARIE-JULIE
Vous l'éblouissement.
Jamais je ne vous vis si belle...
Elle rexamine et reprend avec une imperceptible ironie.
...si sereine; Quel contraste avec les douleurs du roi qui traîne De tristes jours, un corps... de disgrâces chargé 1
LA REINE
Qui plus que moi, madame, en peut être affligé ? Je ne donnerais point de fêtes, si l'idée N'en venait du roi même ; et je l'ai secondée, Ces plaisirs combattant des langueurs que je crains.
MARIE-JULIE
C'est qu'il y peut sans doute étourdir ses chagrins.
LA RE1I>IE
Quels chagrins ? Il n'en est aucun que je connaisse, A moins que vous parliez des maux de sa jeunesse Et de ses longs périls?...
MARIE-iULlE.
Je ne vois pas...
LA REINE
Comment ?
Le bruit a bien couru d'un empoisonnement Dont il fut sauvé, grAce aux taches délatrices Qui marbrèrent son front...
Bon I propos de nourrices.