SCÈNE II Les MÊMES, RANTZAU
RANTZAU, s'a vantant.
Et les poteaux?...
Il eût fallu qu'on mît, toute justice absente. Au carcan d'infamie une reine innocente.
Madame?
MARIE-JULIE, ironiquement.
Eh quoi! cher comte? elle est innocente?
*<» . STRUENSÉB.
R A 11 TZ A U , arec fermeté.
aon ame est dans ses yeux.
La regardant flxement.
Et j'y sais lire.
MARIE- JULIE, détournant les yeux sons le regard de BMitzau.
Et lui? .
Ses yeux révèlent-ils une amour éthérée, .
Des désirs de la chair ^tintement épurée?
RANTZAU
Ils révèlent Phonneur, la fierté, la vertu.
Je le connais â fond pour l'avoir combattu.
Capable d'erreur, soit!... incapable de honte...
MARIE-JULIE
Mais vous recommencez le procès, mon cher comte; Je m'incline devant Tarrét des juges, moi.
Montrant un parchemin.
Et tenez, le voici, l'arrêt.
RANTZAU
Signé du roi ?
MARIE-JULIE
Il le sera bientôt. Que vous importe, en somme ? Ce n'est pas vous qu'on livre au bourreau.
RANTZAU
C'est un homme !..
Et, dût tout l'univA's en être déchiré.
Je hurlerais qu'un homme innocent est sacré.
L'indifférence est sœur du crime et je préfère Qui fait le mal, madame, à qui le laisse faire.