‹ Struensée; drameChapitre 22 sur 91 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE COMTE DE KANTZAU, LE DOCTEUR MARKUS, puis LE COMTE DE LAURWIG.

Rantzau entre par la gaiiclie, fait quelques pas, et s'arrête en entendant les cris. Il aperçoit les médecins et fait signe à l'un d'eux, le docteur Markus, qui se ilotache et vient à lui.

RAXTZAU.

Entendez- VOUS ce cri continu qui déchire? C'est affreux! le roi souffre, il souffre le martyre! Depuis lundi déjà que son mal l'a repris,

il n'a cessé d'emplir le château de ses cris, Et l'appel lamentable où sa douleur se traîne Vient jusqu'ici, chez elle, épouvanter la reine. Vous cependant, messieurs les docteurs patentés, Messieurs les médecins royaux, repus, rentes, Que faites-vous, penchés autour de sa souffrance ? Rien! rien! vous regardez ! Impuissance, ignorance Par privilège, seuls vous le pouvez guérir; Vous n'usez que du droit de le laisser mourir!

Le roi ne mourra point, monseigneur; cette crise N'aura pas, j'en réponds, de funeste surprise. C'est ia troisième, elle est connue, et sans danger.

RANTZAU

Vous devriez du moins pouvoir la soulager.

MARKL s.

Nous n'y connaissons pas de calmant, je l'avoue. On ne peut rien qu'attendre, et la science échoue.

RANTZAU

Votre science à vous, messieurs ! car vous savez Qu'un docteur — non royal — vous a raillés, bravés. Et, sans guérir le mal, soutient qu'il est possible, Même aisé, d'adoucir cette souffrance horrible. Aisé d'y ménager des moments de répit.

De sommeil, où parfois la douleur s'assoupit.

MARKL s.

Eh ! mais nous en ferons autant, sans imposture. Dès que nous allons être aidés par la nature.

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