JEAN STRUENSÉE, ADAM STRUENSÉE
CHRISTEL, assise à la lablo, UX JEUNE DOME.STIQUE. LE JEUNE GARÇON, ouvrant la porto ilii fond.
Monsieur le pasteur, c'est onze heures...
Bien. Attelle.
Nous partons.
Le jeune garçon sort.
Quoi ! déjà l'heure ! l'heure mortelle ! Pour la première fois, chers êtres adorés, Nos destins et nos cœurs vont être séparés. Ne plus vous voir!
-1 SïRUEiNSEE.
ADAM, (Itj'i (1. 'lion t.
Allons! allons! arliou!
STUUEXSÉE.
Mon père, No dites pas enoor ce mot qui désespère! Ail! Christel, te quitter!
C II m s T KL.
Mon lion oncle, un moment!
ADAM
Pourquoi faire? à quoi bon proloni:er ton tourment, Ma pauvre enfant?
<; IlUISTEL.
Un quart d'heure!
ADAM
Non, tout de suite.
Pour toi, j"ai l)ien voulu lui faire la conduite. Pour toi seule, entends-tu, Christel! Mais le chemin Est long, la nuit glacée, et je prêche demain. En route, allons!
CIiniSTEL.
Voyez, mon oncle, il souffre, il pleure !
ADAAl.
Ah! c'est lui que tu plains! Vous verrez tout à l'heure Que c'est moi qui le chasse! Il lui plaît de partir. D'aller chercher fortune au loin? pauvre martyr! Ce jeune ambitieux, dans sa fièvre insensée, Laisse là son vieux père avec sa fiancée. Son pays, son foyer, son chien, — pris de l'ennui De tout ce qu'il aimait!... Ayons pitié de lui!