ERIK, LOLEITE, LE PETIT BASTIAN
LA U EINE, à l'officier.
Faites entrer.
Entre la foule.
ERIK, vieillard de (juatrc-vingls ans.
Que Votre Majesté Dai.ii;ne nous écouter dans sa i^rande bonté. Nos hommes, trop souvent hardis et prompts aux bhimes, Sont restés. Seuls, les vieux, les enfants et les femmes, Tous les faibles, plaintifs, douloureux et soumis, Sont devant vous.
LA REINE
Soyez les bienvenus, amis.
Erik jjousse en avant trois petits garçons. Deu.x portent une corbeille de pommes; le plus petit, Bastian, s'avance vers la reine.
LE PETIT BASTIAN, récitant.
« Vous qui (le Dieu sur terre êtes la noble image,
« Ah ! daignez agréer, .Majesté, Thumble hommage
« Des souhaits que pour vous, nuit et jour, nous formons,
« Et de ces fruits mûris au soleil de nos monts. »
48 STRUEiXSÉE.
J "accepte, cher petit, les vœux de mes fidèles
Ht tes pommes. Voyez, Kœfold, qu'elles sont belles!
LE PETIT BASTIAX.
Ah ! je crois bien ! on a pris assez, Dieu merci,
Les plus grosses partout, partout, — chez nous aussi !
La reine embrasse Bastian en riant et lui donne une pomme.
I.olette et deux autres jeunes filles présentent à la reine un bouquet de fleurs des champs.
LOLETTE.
Je ne saurais vous dire, ô madame la reine Qui nous êtes toujours protectrice et marraine, Tout ce que nous sentons, tous, le jeune et l'ancien. Nous nous exprimons mal, mais nous vous aimons bien. — Voici des fleurs qui sont, comme nous, sans culture. Telles que les produit dans nos champs la nature, Et vous accueillerez pourtant le pauvre don; Elles n'ont rion de beau, mais elles sentent bon.
LA KEINE, embrassant Lolette au front.
Merci, chère enfant !
p. AXTZAU.
Tous vous chantez la louange De la reine; la reine est pour vous le bon ange. Cependant vous venez, et que demandez-vous? De vous soustraire à son patronage si doux ! Vous êtes (car son joug n'a rien de la mégère), Non tenus, soutenus, par cette main légère ; On vous possède, afin que vous soyez aidés; De quoi vous plaignez-vous?
ERIK
Mais — dètre possédés !