ACTE I, SCÈNE VI
Et dêtre possédés (nous allons voir les causes) Sans être aimés, en bloc, en tas, comme des choses. Je sais bien, nos seigneurs, nos princes et nos rois, De loin, par héritage, ont sur nous tous les droits; Nous leur appartenons, c'est juste, puisqu'ils naissent. -Mais un tant seulement est-ce qu'ils nous connaissent? -Même la reine, bonne et chère aux compagnons, Compatit à nos maux, mais ne sait pas nos noms. Kt moi je dis en fait d'àraes, c'est la loi même; : On devrait seulement posséder ce qu'on aime.
C'est vrai, cela 1 c'est vrai !
i:rik.
-Mais, possédés par vous.
Nous, ce que nous aimons n'est donc pas même à nous! C'est vous qui possédez, étrangers que vous êtes, Nos troupeaux, chevaux, chiens, nos bons amis, nos bêtes.
A Rantzau, clignant de l'œil.
Pourtant, allez un peu, sans peur d'être importun. Dire : Je suis ton maître ! à mon grand taureau brun !
R \XTZAl.
Merci !
La terre aussi, qu'on laboure, qu'on sème. Qu'on soigne à la journée, on l'aime, elle nous aime, La bonne terre ! elle est la nourrice pour tous, La mère!.. Eh bien, elle est à vous et non à nous. Nous lui donnons pas moins notre labeur tenace. Nos sueurs, et qu'un jour l'ennemi la menace. Nos fils se lovent tous et lui donnent leur sang. Ah ! qu'on nous passe donc le désir innocent
D'avoir à nous un peu de la torr(3 chérie. Et, comme qui dirait, un morceau de patrie !
LA RKIXE.
Le vœu, bon père, est juste et touchant. — Mais souffrez Qu'un moment... Il me semble... On n'entend plus... Ouvrez Cette porte, Kœfeld.
La comtesse de Kœfeld va ouvrir la porto du fond.
Dieu bon ! est-ce possible ?
La plainte maintenant est à peine sensible.