‹ Struensée; drameChapitre 45 sur 91 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

STRUENSÉE. RANÏZAU.

STRUENSÉE, Ji l'offuiLT.

L'homme pris.

L'officier sort et rentre aussitôt, introduisant un liouime le visage caclié par un denii-niasque.

Votre nom? Est-ce rebt^llc ou traître?

l'homme.

Non. Votre serviteur, monsieur...

Se démasquant.

Votre ancien maître.

Rantzau !

KAXTZAU.

Lui-môme.

II va déposer sur un fauteuil son manteau, et revient.

Au temps, qui n'est pas très ancien, Où, tenant mal l'emploi que vous tenez si bien, Je pouvais, à bon droit, craindre la Sainte-Vœhme, .l'avais pris ce parti : la diriger moi-même, Et, dans ce but,, j'avais, assez cher, acheté Les deux principaax chefs.

68 STRUENSEï:.

Ah !

n.WTZAl.

Grosse indij^nité, N'est-ce pas? mais commode, et permettant, en somme, De maîtriser son monde en douceur, sans mort d'homme. Votre esprit littéral répugne à ces moyens. Vous aimez mieux crosser les pauvres citoyens, Laissant leurs pauvres chefs sans aucune monnaie, Et c'est encore moi, l)onhomme, qui les paie. Voilà comment j"ai pu, sous ce masque plaisant, Présider la Itagarre, et c'est fort amusant !

STRLEXSli li.

La bagarre? non pas, la révolte. Et. sans honte. Vous attaquez la loi, le roi, monsieur le comte.

ItWïZAl.

La loi! le roi! parfait! Pris dans notre réseau. C'est merveille comment vous jouez les Rantzau! Mais moi je n'ai jamais vis('' dans ma pensée Ni les lois, ni les rois, — rien que les Struensée.

STKL ENSlii:.

Et, pour les renverser, vous prenez, au hasard, Ces honnêtes moyens, l'émeute et le poignard.

RANTZAU

Pardon ! Si l'on en vient à ce dénoùnient triste, Je n'y serai pour rien, moi : je pdsse et j'assiste. Vos pareils seuls, auxquels je ne veux pas m'unir, Peuvent vous accuser et peuvent vous i)unir.

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