‹ Struensée; drameChapitre 46 sur 91 · ACTK II. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTK II. SCÈNE III

STRl EXSEE.

M'accuser ! me punir! De quoi? Quels sont mes crimes? Serais-je un oppresseur? Je cherche mes victimes.

U AXTZAU.

Posez ces questions, monsieur, aux forcenés Charmés de vous jadis, depuis par vous l^ernés.

^TRVEXSEE.

Oh ! vous ne saisissez, je crois, qu'à là légère Leurs griefs; c'est pour vous une langue étrangère.

RANTZAL.

Leurs griefs. — deux surtout, — clairs et des mieux fondés, Vous donneront du mal, si vous y répondez.

Mais pour questionneur j'en veux attendre un autre. Ma conscience n'a rien à dire à la vôtre.

RANTZAU

Enveloppez-la bien d'un mystère profond ; J'y Us comme en un livre et la pénètre à fond.

STRIENSÉE.

Vous croyez?

RANTZAU

Voulez-vous qu'on vous dise sur l'heure Comment elle se leurre, ou — peut-être — nous leurre?

J'en serais curieux.

70 STRUKNSÉE.

RAXTZAU.

Vous êlos accusé D'avoir promis d'abord, puis d'avoir refusé. La reine émancipait les serfs de son domaine ; C'était son droit. Mais vous, pris pour la plèhe humaine D'un amour... général, vous aviez projeté D'aiïranchir ceux qui sont notre propriété : Cas plus 2:rave. Est-ce tout? Non, vous deviez encore. Au nom de la justice, un mot creux, mais sonore, Dans l'armée, où prévaut la noblesse à son rang. Élever le plus humble au niveau du plus grand Et permettre aux bourgeois l'accès des plus hauts grades. Seigneurs et vilains, tous soldats, tous camarades...

STRCENSI-K.

Eh bien, je l'ai promis, je le promets cncor. Mais l'idée au grand vol, pour prendre son essor, En cela peu semblable à l'incident qui passe, A toujours eu besoin du temps et de l'espace.

Prétexte ! grâce auquel, juch(> sur vos sommets. Vous promettrez toujours et ne tiendrez jamais...

STRUEXSKE.

Parce que?...

RANTZAU

Parce que nul ne tient l'impossible; Parce que vous montrez la cime inaccessible; Parce que vos desseins sublimes braveraient Le Statut, braveraient le roi, soulèveraient A l'instant contre vous, furieux réfractaires. Tous nos officiers, plus, tous nos propriétaires, Et l'on Ycrrait s'unir contre un tel attentat Marine, armée et sol, à \)oy\ près tout l'Etat.

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