ACTE III
Tout autant que de lui fait douter de l"idée.
Et vous dites, de plus, que son contact mortel
Semblerait profaner encore un autre autel...
Un peuple, dans son âpre et douloureuse voie,
A besoin de goûter parfois un peu de joie.
Et, morne, autour de lui cherchant, sur terre, aux cieux,
Quelque chose de doux où reposer ses yeux,
Voit en haut une forme, une blancheur, une àme
D'un charme divin. Est-ce un ange? est-ce une femme?
C'est une reine ! Elle est jeune, elle est belle, elle a
Un sourire d'aurore; et, pour tous ces dons-là,
Et pour son clair regard, on a l'idolâtrie
D'aimer, vivante image, en elle, la ])atrie.
Eh bien, comme au roi mage en sa route conduit.
Une étoile, une reine, a surgi dans la nuit
De notre Danemark, idéal(> et visible.
Adorable pour tous, pour tous inaccessiljle.
Et cependant voici qu'un homme parmi nous.
Le même ! la regarde autrement qu'à genoux !
Quoi ! veut-il à sa source altérer la lumière ?
0 crime ! La jeunesse, ardente justicière.
S'indigne, et, dénonçant ses regards outrageants.
Vous exhorte à punir. C'est très bien, jeunes gens !
Le félon ! Certe il faut qu'un tel forfait s'expie !
Quand ce blasphémateur projette une oniljre impie
Sur votre étoile avec son profd détesté,
Frappez le criminel de lèse-majesté !
Frappez l'audacieux troubleur d'apothéose !
Frappez, frappez, frappez l'insolent, quand il ose
Attenter, fou méchant et qu'il faut châtier,
A ce rêve en commun d'un peuple tout entier !
— La mort !
LE BOUnOEOIS.
Non ! pas la mort !
88 STRUENSKE.
VOIX NOMBRErSES.
Non!
STRL'ENSÉE.
Ainsi, pas une àmo, Pas un bras, qui se lève et punisse rinfànie?
VOIX NOMBREUSES
Non!
STRLENSÉE.
Ainsi, jeunes gens, personne, parmi vous, N'osera donc frapper?