SCÈNE PREMIÈRE
LE ROI, i.ui. RANTZAU.
LE ROI
Il est seul, assis, tout grelottant (Je fièvre, et s'ehveloppant d'une robe de chambre, il prête l'oreille et tout à coup se dresse, court à la porte, écoule, et, secouant la tète:
Toujours rien !
Il se verse un verre d'eau et boit avec avidité, revient à pas lourds vers la table, y saisit une montre qu'il y a laissée et regarde l'heure.
Comme on tarde!...
II marche avec agitation, remue fébrilement un fauteuil, s'y assied, considère sur la table des papiers, et, les frappant du poing :
Ah! ces décrets!... C'est toi Oui fais un coup d'Etat!... valet qui joue au roi!
Il cntr'ouvrc sa robe de clianibre sous laquelle on aperçoit un costume militaire royal, plaque et cordon.
Je me suis harnaché, mourant, pour t'apparaitre Ce que je suis, ton prince et ton juge et ton maître !
La porte s'ouvre. 11 se lève précipilanimonl. 1' N HUISSIER va pour a nnoncor.
Son Excellence...
LE ROI l'interronipt.
Bon ! cju'il entre !
L'huissier sort. Entre Rantzau.
Condamné?
Siirnc affirraatif de Rantzau.
A mort'
R.\NTZ.\r.
Oui, sire, à mort.
LE ROI
Bien ! Le motif donné
R.VXTZAU.
Oh ! la rébellion est assez manifeste!
Par ses doux criminels décrets, l'homme funeste, Émancipant les serfs, admettant aux emplois, Aux grades, les vilains, bouleversait les lois Et lui-même mettait sous le couteau sa t^lc. Qui sème ainsi le vent récolte la tempête.
Et... s'est-il défendu?