ACTE IV, SCÈNE IV
Avec le Danemark, l'Europe, ayez le monde,
— Couronne qu'aucun front ne saurait contenir, —
Dites-vous qu'on n'est pas grand contre l'avenir ! -K
Poui' parler des grandeurs que le monde révère Avec cette jactance et ce dédain sévère, Seriez-vous, par hasard, un prophète, un Daniel, Un Moïse, inspiré de quelque voix du ciel?
STHIKNSK i:.
Non! mais j'ai recueilli naguère une parole Qui ne m'a rien laissé dans l'âme de frivole. Et vos ambitions, depuis, me tentent peu.
Touchant son front.
Je sens un pouce là qui m'a marqué de feu!
RANTZAL.
Pure énigme!
STRULNSKE.
C'est vrai, vous ne pouvez comprendre.
L'homme d'État n'a pas d'oreilles pour entendre Aux divagations vaines d'un sermoneur.
Je parle au gentilLomme, et vais parler honneur.
Il A N T Z A l .
Parlez !
STRUENSKli.
Ma mort n'a pas qu'un but : elle rachète Et répare une faute. On n'a pas qu'une dette. La reine — votre reine — et son renom sacré Sont, par mon fait, en jeu. Si je suis délivré.
Dans mon péril mortel, par sa bonté bénie, Elle-même, à son tour, brave la calomnie. On doit lui cacher tout, — elle la braverait ! — Mais il faut publier qu'elle a connu l'arrêt. Alors, le noir nuage étant passé, la reine De nouveau brille, étoile, en sa clarté sereine.
RAISTZAU.
On ne peut que louer un pareil sentiment. Mais...
STRUENSIÎE.
Comment, n'est-ce pas? régler l'événement? Vous, plus que mon exil, ma tombe vous rassure; Moi, je dis : Pas d'exil ! la mort sera moins dure ! Sur ce point capital si nous sommes d'accord. Laissez-moi disposer les détails de ma mort, Voulez-vous?
RANTZAl.
Soit!.. A'oyons.
STRUENSICE.
Je vais d'abord écrire A la reine, empêcher son retour, et lui dire Que tout était perdu, mais que le roi sauvé Me sauve et me relève, et que j'ai conservé Tout pouvoir; qu'elle doit pourtant se tenir prête A venir dans huit jours assister à la fête Et présider au bal, pour prévenir l'émoi, Qui serait sans raison, sur la santé du roi.
RAXTZAU.
Après?