SCÈNE PREMIERE
RANTZAU, LAURWIG, LE 3IAJ0R KRAFT,
CHRISTEL, en habits de deuil.
CHRISTEL, àBantzau.
... Oii pourrai-jc le voir? Ses gens m'ont dit, chez lui. Qu'il était au château.
R.\NTZ.\U.
Mais il s'est aujourd'hui Enfermé tout le jour.
CHRISTEL
Pour travailler peut-être? .
Viendra-t-il à ce bal ?
RANTZAl'.
Il n'y veuc pas paraître.
Ili STRUENSEE.
CHRISTEL
Aurait-il donc, d'instinct, pressenti pour ce soir La nouvelle de deuil qu'il allait recevoir, Et dont je suis, hélas ! la triste messagère? Je ne suis pas pour lui, monsieur, une étrangère ; Je suis... comme sa sœur. Je voudrais lui parler.
RAXTZAU.
On ne peut, pour l'instant, vous le faire appeler ; Mais, la fête achevée, il vient ici rejoindre La reine, qui repart dès que le jour va poindre. Vous pourrez alors voir... le ministre.
CHRISTEL, vivement.
Ah! merci!
Vous dites le ministre?...
Regardant Kraft.
Un Itruit, mal éclairci. Courait qu'il ne l'est plus. Qu'est-ce donc qui se passe ? Ici, l'on danse. Mais on murmure à voix basse Que la cour des Seigneurs l'a jugé, décrété Do mort.
RANTZ.VU.
Vous voyez bien qu'il n'est pas arrêté.
Regardant Kraft.
C'est son bon ami Kraft qui vous a, je suppose, Alarmée? Il ignore et les faits et les causes. Il eût, en se taisant, mieux rempli son devoir.
KRAFT
J'ai rapporté des bruits. J'ai dit ne rien savoir.
CHRISTEL
Si le comte est sauvé...