‹ Struensée; drameChapitre 77 sur 91 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Retrouver dans tes yeux mon ciel qui se voila ! Et cette heure, je l'ai ! te voilà ! te voilà !

LV REIXE.

Oli! mais une heure, ami, va-t-elle nous sufiire Lorsque vous avez tant de choses à me dire : Ce coup d'audace folle! et l'affreux jugement! Et le salut du roi, qui fait heureusement Le vôtre...

STRUE^'SÉE.

Ah ! laissons donc, dans les choses passées. Ces scènes de douleur. Nos cœurs et nos pensées Ont mieux à faire. A quoi sert de se souvenir D'un danger disparu, qui ne peut revenir Et qui n'a pas laissé de trace dans mon âme ? Non, ce qui pour toujours s'y grave en traits de flannnc, C'est ce que j'éprouvais au suprême moment. Alors un monde, un monde entier de sentiment, Tient dans une minute. Ah! j'y crois être encore... J'y suis... Je vais mourir tout à l'heure, à l'aurore...

LA REINE, avec effroi.

Tais-toi !

STRUEXSÉE.

Mais puisque c'est fini! — lié bien, crois-tu Que j'eusse le front pâle et le cœur abattu? Non, ce que je sentais, dans l'amère détresse, C'était je ne sais quelle incroyable allégresse ! Je faisais, pour le bien, le juste, le progrès. Tout ce qu'on me pouvait demander : je mourais. J'avais donc bien le droit, sans honte et sans faiblesse, De vivre un peu pour moi cette heure qu'on me laisse. Et, pour ensoleiller ce jour, mon dernier jour, Sous la main de la mort, j'étais tout à l'amour!

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